A MICHEL COLBERT
INTENDANT A ALENÇO^J '.
Saint-Germain , 1 5 janvier 1 67s.
J'ay reçu vostre lettre du 1 1 de ce mois. Je m'étonne que celles que vous m'avez écrites jusqu'à présent soyent si courtes, vu que, estant dans un employ aussy considérable que ccluy d'Alençon, vous devez continuelle- •ment m'informer de tout ce qui peut concerner le service du roy et le soulagement de ses sujets. En un mot, vous devez observer de ne jamais demeurer dans la ville d'Alençon et estre toujours dans toutes les élections qui la composent, pour examiner de (pielle sorte la collecte de la taille se
' Édit porlant règlement pour les Chambres des comptes. ( Isamberl , Ane, lois franc, XIX.)
* L'article 1 7 de cet édit est ainsi conçu : <f Ordonnons à tous comptables do ox)mplcr en nos Chambres des comptes un an après chaque annëe d'exercice expirée , à peine d'interdiction de leurs charges et doK amendes portées par nos ordonnances, dont ils ne pourront obtenir aucune décharge ou modéialion
sans avoir sur ce nos lettres.'» — ^ Michel Colberl, conseiller au parlement en 1 656 , inteadanl à Alenr.on de 1671 à 1676, époque à laquelle il fut révoqué. Arrêté plus tard pour stellionat, il mourut au Grand-Châtelel, en 169/i. — Il était neveu de Colbert de Saint- Pouange (voir page 3a8) et frère de Marguerite Colbert, femme de Hotman de Fontciiav.
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fait et tenir la main à ce qu'elle soit imposée également partout, en sorte que les principaux habitans des paroisses ne se fassent point décharger par aucune recommandation sur les foibles et que les frais de recouvrement diminuent toujours. Vous devez surtout exciter incessamment les peuples au commerce, à la nourriture et augmentation des bestiaux, et généralement travailler à tout ce à quoy les commissaires départis qui vous ottt précédé se sont appliqués.
Ne manquez pas de m'informer aussy de ce qui se passe dans le jugement des affaires pour le tiers et danger ^ qui sont très-importantes pour le ïneii un service du roy et auxquelles il est nécessaire que vous donniez beaucoup d'application et de soin.
Je ne puis m'empescher encore de vous répéter que vos lettres sont trop courtes, estant nouvellement dans une généralité où il y a une si grande abondance d'affaires^.
(Bibl. des Invalides, Ms. Correspondance de M. Colbert, 167a , fol. ai.)
. ' Prélèvement du tiers et du dixième des ventes des bois, en nature ou en deniers au choix. Ce droit, qui n'existait qu'en Normandie, emportait ceux de justice, de chasse, de paisson et de glandcc , s'il n'y avait titre contraire à Të^jard des deux derniers. II fut aboli en avril 1678 par un cdit de Louis XIV dans lequel on lit :
«Nous avons résolu d'accorder la décharge dadit droit. . . en faisant néanmoins payer pour une fois seulement, par tous les possesleurs des bois de ladite province, sans excopiion, une certaine somme par chacun arpent, pour le rachat et amortissement dudit droit de tiers et danger par ceux qui y sont sujets, et par firme de prêt par les autres, le tout pour nous aider à subvenir aux pressantes nécessités de la guerre.» {Recueil d'édits et d^ord. roy. Pïiris, 1730,11, 129.)
' Coibert revient souvent, avec une fermeté tempérée d'afleclion , sur ce même sujet, ne dédaignant pas d'entrer dans les détails les plus secondaires. Il écrit à son cousin, le 99 janvier suivant : n II est nécessaire que vous réformiez la manière dont vos lettres sont écrites, et que vous vous serviez de celle qui est pratiquée par mes lettres et par toutes les personnes qui sont dans les chaq^cs et dans les emplois, n'estant pas de l'usage d'écrire de travers sur le dos de la feuille , à moins qu'il n'y ayt une nécessité indispensable... ^
Il lui écrit encore, le 11 novembre de la même année :
(t Nous sommes assez proches pour vous pouvoir dire que je ne reçois d'aucun des intendans qui travaillent dans les généralités du royaume des lettres si courtes que les vostres , et qui marquent si peu l'application que vous devez donner à toutes les affaires ordinaires et extraordinaires qui vous sont commises. Je suis obligé de vous dire que, pour le bien du service du roy, il est nécessaire de s'appliquer davantage que vous ne faites, et d'agir avec un peu plus de résolution et de fermeté, et rechorcher mcsme ce qui peut oslre du bien du service du roy et du soulagement des peuples, suivant les mémoires que vous en avez pris, ' et tout ce ({ue ceux qui vous ont précédé ont fait...r5
Enfin, une lettre du 16 mars 167& contient une réprimande plus sévère :
«Je vous envoyé cy-joint un placet qui m'a esté présenté par le sieur de Forbonnois. Comme il prétend que vous occupez la maison que vous louez de luy au préjudice de la signification qui vous a esté faite de la clause des six mois portée par vostre bail et de la vente qui a esté faite de celte maison , je dois vous dire qu'un homme de vostre caractère, qui est dans la province pour faire rendre la justice aux sujets du Roy, doit commencer par luy-mesme. Ainsy. il est nécessaire (fue vous me fassiez
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