A MICHEL COLBERT
IKTENDANT A ALENCON.
Versailles, 16 septembre 1679.
11 y a lieu de s'étonner du contenu en vostre lettre du i q de ce mois portant que, dans la visite que vous faites de vostre généralité, vous avez remarqué que plusieurs particuliers sont employés au pied des rôles comme exempts, sans titres*. Je vous avoue que je trouve ce moyen pour ne pas
* Voir pict-e 35 , note 5. qiies particuliers qui se sont exemptés du paye- ' I^ déclaration portant règlement pour ment de la taille sans aucun titre valable. Il ef*t
rétablissement du droit de marque pour Tor bien important au service du roy et au sou-
el Pargent fabriqués est du 3i mars 1679. lagement des pauvres d'empesclier la suite de
Selon Forbonnais, ce droit produisit 3oo,ooo cet abus, et de tenir la main à ce qu*aucun ne
livres en 1673, et fut doublé en 1675. sVxempte sous quelque prétexte que ce puisse
•'' Entrepôt général. estro. Pour cela, j'estime que vous devez sans
* IjQ pensée de Colbcrt se trouve expliquée difficulté taxer d'office lesdits particuliers, dans une autre lettre, adressée au même in- suivant le pouvoir qui en a esté donné «^ tendant le a3 w^ptembre suivant : MM. les commissaires départis en Norman-
ff J'apprends, ])ar In leitre que vous m'avez die. Mais il est nécessaire que vous observiez écrite le 1 9 de ce mois, que vous avez trouve^ scidement que les taxes que vous fere« en coudans les rôles de la ville de Doinfronl quel- si>quence de ces prétendues exemptions ne pas-
payer leur taille si grossier que j'ay bien de la peine à croire que cela puisse eslre, particulièrement après une recherche aussy exacte que celle qui a esté faite des faux nobles' , n'y ayant guère d'apparence que les gens sans titres ni qualités puissent trouver moyen de s'exempter du payement de la taille dans une province oii les hommes ne sont pas des bestes, et sont fort attachés à ce qui est de leur intérest. Nonobstant ces raisons, ne laissez pas de vous appliquer à reconnoistre si ce que vous m'ëcrÎTe* est véritable, et, en ce cas, d'y apporter le remède convenable. Mais je voûff prie de m'informer en détail du nombre d'exempts que vous trouverez teii chaque paroisse et des raisons pour lesquelles ils se seront exemptés.
Continuez à faire avec diligence vos visites, parce que vous recevter dans quinze jours les commissions pour faire l'imposition, et qu'il eÈi d'une très-grande conséquence que vous ayez une connoissance particulière du détail de toutes les élections de la généralité pour vous mettre en estât d'en bien faire le régalemcnt et de réformer tous les abus qui s'y peuvent estre glissés.
Vous avez fort bien fait d'obliger les receveurs des taiUes qui avoient du fonds entre les mains de l'envoyer à la recette générale. Appliquez-vouB toujours à les tenir dans l'ordre et à les empcscher de retenir entre leurs mains les deniers du roy.
Appliquez-vous aussy à tout ce qui se peut faire pour l'augmentation du commerce et la nourriture des bestiaux, n'y ayant rien dont les peuples puissent tirer plus d'avantages pour leur soulagement que de l'exécution de ces deux points, et faites-moy sçavoir, s'il vous plaist, quel progrès vous y ferez.
Il sera nécessaire aussy que vous examiniez dans vos visites si les peuples augmentent ou diminuent, 'et que vous m'en donniez pareillement avis, afin que j'en puisse rendre compte au Roy.
(Bibl. des Inv. Ms. Correêpùndance de M. Colbert, 1679 , foL 907.)
seot point d*une extrëmitc à Taulrc, c'cst-à- aiigmenlerinsensiblcmentè proportion de icon
di^ed^lne diichar^e absolue à une forte taxe, facultés.?) (Cotretp. de M, Colbert, fol. 317.) estant à propos de les imposer à une somme ' Voir pièce n* 99.
modique pour la première année et de les