A M. DE SÈVE
INTEINDANT A BORDEAUX'.
Vcrsaiilos, 18 novembre 167*.
Je VOUS prie d'achever promptement l'imposition dans toute la généralité, et surtout de vous appliquer, dans les pays de taille personnelle*,' i bien observer que les principaux habitans que l'on appelle coqs de paroisses ne soyent point soulagés aux dc^pens des pauvres. C'est le plus grand abus qui soit à présent dans l'imposition de la taille et auquel il faut que vous donniez plus d'apj)lication pour y remédier.
Vous ne m'écrivez rien des affaires extraordinaires de ladite généralité, ce qui me met en peine, parce que le Roy fait estât des sommes qui en doivent revenir pour toutes ses dépenses de l'année prochaine. Je vous prie d'y donner une application tout entière, et de faire en sorte que ceux qui en ont traité en fassent promptement le recouvrement^, et qu'ils trouvent toutes les facilités et la protection qu'ils peuvent désirer. Je serois bien ayse de sçavoir tous les mois la recette que fe traitant fera , afin de pouvoir connoistre s'il payera les sommes dont il fera le recouvrement . . .
(Bibl. des Inv. Ms. Correspondance de M. Colbert, 1679 , fol. «76.)
' Bid(5 de La Grandvillo c'Iail charg(5 du Ira- mort de M. vostre père *. Je vous promots que
vail de la réformation des forêts, de concert je Tay ressentie très-vivement, et par Testime
avec M. de Froideur, |jrand maître des forets parliculièrc que son mérite extraordioaire lay
de Toulouse, délégué spérialemeut à c(>t effet. altiroit facilement de tout le monde, et par
' Guillaume de Sève. (Voir page i3i.) — Tamilié que le service commun que nous ren-
Après avoir été intendant A Bordeaux (1670- dions au Roy depuis douxe ans avoit establie
1 678), il fut nonmié premier président au par- entre nous. Je vous prie d^estre bien persuadé
lement de Metz en 1 691, et remplit en même que j'auray toujours pour vous les mcsmcs sen-
temps les fonctions d'intendant des Trois-Evé- limens d'estime et d'amitié que j^avois pour
chés. Mort à Metz à Tâge de cinquante-huit luy, dont je tascheray de vous donner des mar-
ans. — Colbert était très-attaché à M. de Sève, qucs essentielles en toutes occasions. . . *» {Cor-
dont le père était un de ses amis. Quand celui- reep, de Af. Colbert y fol. 85.) ci mourut, Colbert écrivit, le 2/1 février 1678, ^ Voir pièce n" 5o, note 3, S a.
à rintendant de Bordeaux : * Déjà Colbert lui avait écrit le 3o sep-
«Je commcnccray celte lettre par les assu- tembre précédent : rances de la part que je prends à la douleur rA Tégard des contraintes pour les affaires
que vous avez reçue danp la nouvelle de la de Tcxtraordinaire, je vous diray que Tinlen-
* AU^xandrc de S(>ve(voir t. I, /ii8) avait éU' d'abord secrétaire du cabinet de Louis XHI. En iC6t, il fut nommé au coniieil royal des financcts. MoK Ip a<) février à Yh^f de soixante-huit ans.