‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 316 sur 411 · A M. ROUILLÉ · texte numérisé non relu

A M. ROUILLÉ

INTENDANT A AIX

Versailles, 17 mare 1678.

Pour réponse à la lettre (jue vous m'avez écrite le 5 de ce mois, sur le sujet de nos affaires extraordinaires, je vous diray qu'il faut toujours les soutenir fortement, et vous ne devez faire aucune composition que de concert et du consentement du traitant.

* Celte circulaire donna lieu à des communications, dont Tune, de Tintendant de Dijon , motiva la réponse ci-après du ai avril 1673 :

«J'ay reçu, avec voslro lettre du 10 de ce mois, le projet des formules que je vous avois demandées. Mais il me semble qa^il y en a bien peu; c'est pourquoy je vous prie de bicMi faire

cxannner par ceux que vous avez commis pour faire ce travail tous les exploits et actes qui sont nécessaires pour la procédure, afin de n*en omettre aucun, s'il est possible, cetto afliùre devant estre très-considérable dans le royaume et produire une ferme do plus de 3 miliions de livres...'? {QnreBp, de M. (loibeftf fol. i46.)

Là proposition, que les notaires vous ont faite de ])ayer 1 00,000 livres -jpour leurs taxes n'est pas bonne , d'autant (|u*on ne doit jamais permettre <|ue ces sortes d'ofTiciers-ià s'assemblent, ni fassent des propositions en coqM^ et que la somme me paroist trop modique. A quoy j'ajouteray que f afifectalion que ces sortes d'oiiiciers et toute la province ont d'exagérer leur pauvreté auprès de vous me paroist suspecte, et que la vraysemblance n'y est pas, n'y ayant point de ])rovince dans le royaume où le Roy envoyé tant d'argent, et d'où Sa Majesté en retire si [)eu (|ue de Provence ^

A l'égard des francs-licfs , Sa Majesté veut que vous fassiez exécuter la déclaration ainsy qu'elle est conçue, sans examiner les autres provinces; d'autant que vous ne pouvez pas faire de conq)araison sur une partie sans la faire sur le tout, et, en la faisant sur le tout, vous trouverez qu'il y a liien de la différence entre les assistances que le Roy retire de la Provence et ce qu'il retire des autres provinces, mesme à proportion de leur grandeur. Ainsy, Sa Majesté désire que vous vous attachiez à l'exécution de ladite déclaration ^.

Je crois que pour subdélégué dans toutes les affaires (|ui vous sont commises, vous ne pouvez pas vous servir d'une |)ersonne (|ui soit plus entendue et affectionnée au service du roy <pie le sieur Guydi, qui a desjà fort bien servy en cette qualité avec feu M. d'Oppède ^. En cas que vous en fassiez choix, je vous prie de l'exciter à travailler avec diligence à tout ee qui peut avancer le recouvrement de nos affaires extraordinaires, en «orte que le Roy en puisse tirer le secours qu'il est nécessaire d'avoir pour le bien de son service dans une occasion aussy pressante que celle-cy. Sa Majesté ayant résolu de partir d'icy dans le mois prochain pour se mettre à la teste de ses armées. Une conduite si extraordinaire et si inimitable

« Voir pièces n"* 333 et 3a/i.

* Pourlnnt Golbcrt n^enlendait pas que celte laie fôl appliquée partout de la même manî^. Yoid, en eflbt, co qiril écrivait la veille ( 1 6 VMT» 1673 ) à rintendant de Chàlons :

«Je vous prie de me faire sçavoir combien vous siei de communautés taillables taxées pour les francs-fiefs dans la province, et sur quelles raisons on a fait ces taxes, parce qa^il n^y a rien de plus important dans le reyauBM et particulièrement dans la Champigae, dont les peuples sont fort oliéissans, que de ne point charger les communautés (ailtables des affaires cxtraoïtlinaires sans une grande nécessité Vosln' principale application doit surtout «."slrc d'empeschor rpic I^s

gens de guerre ne fassent déserter les paysans par les mauvais traitemeus qu'ils en peuvent recevoir. Je sçais que vous y faites tout ce que vous pouvez; mais, assurément, il faut faire quelque punition juste pouremposcberriiomoie de guerre de Iropcbargerle paysan... n (Corre»/>. (le M. Colherly fol. 178.)

' Henri de Forbin Meynier, baron d'Op- \m\{\ avait rempli cuniulntivement les fonctions de premier pn'sident du priement de Provence et celles d'intendant, de 1661 è novembre 1G71, épotpiede sa nKNi. — GdbeH Tavait aussi char/'é fort souvent d'affaires relatives à la marine. Le Iwiron d^Oppède avait été lo [>ersonmige le plus important de in Provenre. (Voirl. l, -ifi^i.^

doit bien convier tous ceux qui ont Fhonneur de la servir de contribuer^ autant qu'il peut dépendre d*eux, à luy donner tous les seoouns que Sa Majesté désire, et qui iuy sont nécessaires pour triompher de sesenneimr;

Le Roy arrestera icy, avec les députés de la province , le nombro des quartiers fixes et d'assemblée ^ Si vous examines bien ce qui s'est passé les années dernières, vous verrez que le remboursement de cette dépense a esté fait sur les estats qui ont esté donnés par la province, mais que le Roy en a retranché souvent la moitié.

Je n'ay pas encore entretenu M. le comte de Grignan^ sur le sujet des terres adjacentes'; mais ii faut un peu se défier de luy, d'autant que ses terres sont de ce nombre, et vous devez vous informer vous-mesme de ce qui s'est passé dans la province sur ce sujet. Vous trouverez certainement que les impositions ont toujours esté réglées sur le pied du denier huit, estant très-important de ne se laisser jamais entamer sur ces sortes de matières, particulièrement dans les pays d'Estats.

(Bibl. lies Inv. Mb. Corretponianeê 4» M. (klbert, 1673, M. fis6.)

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