A M. DE MARILLAC
INTENDANT A POITIERS
Versailles, 07 octobre 1678.
Quoyque vous soyez arrivé nouvellement dans la province'-^, et par conséquent que vous ayez plus de peine à me donner vos avis sur l'excédant du forfait du traité des francs-fiefs, je ne laisse pas de vous répéter ce que je vous ay desjà dit que cet excédant est tellement nécessaire pour les affaires du roy et pour ayder Sa Majesté à soutenir les prodigieuses dépenses qu'elle est obligée de faire, que je vous prie de redoubler vostre application et de vous instruire de sorte que le traitant ne puisse pas retarder à faire cet excédant de forfait. Comme je suis presque assuré, par
' Voir pièce n" ^57. conseiller d^Élat. Intcmlant à Rouen de 168/1
- René de Mariilac ( voir page 119) à 1 686 , il fui ousiiile grand niailro dos caiix
avait succédé, en août 1673, à M. de Miro- el forêts do Normandie. Mort à Paris, lo i5 sep-
mesiiil , nommé à Clivions. Il resta à Poilicrs tcmbrc 1719 f à IVi|}e de quatrc-vingl-iin
jiis<)uVn 1 683 , é|)u(|ue à Inquollo il fui iiornuK- ans.
Tapplication que j ay eue à me faire rendre compte du détail , que cet excédant peut et doit doubler le premier traité , je vous prie de luy en parier toujours en ce sens et de pénétrer cette affaire si avant que vous puissiez le persuader de le porter jusqu'à cette sommet Au surplus, je vous prie d'examiner bien soigneusement toutes les lettres que je vous ay écrites, et de travailler avec soin à l'exécution de tout ce qu'elles contiennent. ' Infonnei&-vous , s'il vous plaist, si l'arrest du 5 aoust dernier qui a esté envoyé à M. de Miromesnil a esté soigneusement exécuté, et si ledit traitant a tenu un registre exact de toute la recette qu'il a faite sur lesdiLs francs^fiefs. En cas qu'il n'y ayt pas encore satisfait, il est important que tous l'y obligiez en mesme temps que vous recevrez cette lettre, et que, à l'avenir, dans toutes celles que vous m'écrirez, vous mettiez un article concernant l'exécution dudit traité.
En quelque lieu que cette lettre vous trouve , j'estimerois bien nécessaire que vous profitassiez du beau temps pour aller faire l'imposition dans l'élection des Sables-d'Olonne , et que , en mesme temps , vous fissiez une assemblée des principaux négocians par mer de la coste dudit lieu des Sables et des^ autres lieux maritimes où il se fait quelque commerce , pour prendre leurs avis sur tout ce qui se peut faire pour maintenir, pendant le temps de la guerre, le commerce qu'ils font, et pour éviter la perte de leurs vaisseaux. . .
(Bibl. des Inv. Ms. C&rreipondafwe de M, Colbert, 1673 , fol. 370.)