AU MÊME
Versailk», 17 novembre 1673.
J'ay reçu voslre lettre du i a de ce mois, par laquelle je vois que vous avez achevé les impositions de la généralité de Poitiers et que vous remettez au prochain mois à faire une visite générale de toutes les paroisses de chacune élection pour bien et exactement reconnoistre la force de toutes les paroisses et vous mettre , par ce moyen , en estât de faire l'imposition avec plus de justice et d'égalité que vous n'avez pu la faire cette année. Sur quoy je n'ay rien à vous dire, sinon que le Roy n'a point manqué, depuis beaucoup d'années, de donner cet ordre à tous les commissaires départis, n'y ayant rien qui puisse contribuer davantage au bien
* Voir pièce n" 299.
de son service cl au soulagement de ses peuples que ces visites. Surtout, rintcntion de Sa Majesté est que vous donniez une entière application à empcschcr que les plus riches et ceux qu'on appelle coqs de paroisses se fassent imposer à peu de chose pour rejeter toute la charge sur les pauvres.
Sa Majesté m'ordonne de vous écrire que vous devez tenir la main à ce que les recouvremens se fassent avec toute la diligence qu'il sera possible, afin que le receveur général des finances soit en estât de faire des avance^ considérables à Sa Majesté pendant cet hyver, pour pouvoir subvenir & toutes les grandes et prodigieuses dépenses qu'elle a esté obligée de faire pour soutenir la guerre dans laquelle elle est engagée ^
Je vous dis aussy la mesme chose pour toutes les affaires extraordinaires auxquelles on travaille à présent. . .
Je vous prie de relire soigneusement toutes les lettres que je vous ay écrites depuis que vous estes dans la généralité de Poitiers, et de me faire réponse sur chacun des articles qu'elles contiennent.
11 est pareillement nécessaire que vous teniez soigneusement la main à ce que vous soyez informé de Testât des recettes de chacune élection pendant cet hyver, ainsy que je vous l'ay écrit. Gomme vous ne pouvez pas, dans les trois temps que je vous ay marqués^, faire le tour de ladite généralité pour faire le calcul des registres des receveurs que vous avez paraphés, il faut que les receveurs des élections plus proches de Poitiers vous les apportent, et pour les élections plus éloignées que vous les fassiez vérifier par quelqu'un des officiers de chacune élection, auquel vous aurez plus de confiance pour. la capacité et la fidélité. Aussy tost que vous en aurez fait la vérification par cette voye, prenez la peine de me l'envoyer afin que j'en puisse rendre compte au Roy et que Sa Majesté puisse connoistrc l'exactitude que vous apportez à l'exécution de ses ordres.
(Bibl. des Inv. Ms. Correipondance de M. Colbert, 1673, fol. 399.)
* Golbert adressait, le 90 octobre suivant, de semblables recommandations à Pinlendant de Tours; on y l'emarque la plirase suivante : n il est nécessaire à présent de permettre aux receveurs généraux de presser un peu les peuples, parce que le Roy estant chargé d'une grande guerre, et Sa Majesté n'ayant point augmenté les impositions, il
faut faire en sorte que les receveurs généraux puissent donner des assistances au Roy...» ( Cotresp. de M, Colbert , fol. 363.) — Voir pièce
^ La lettre adressée à Tubcuf, le si octobre 1 673, indique que ces trois époques tombaient en décembre , février et fin avril.