‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 365 sur 411 · A M. ROUILLÉ · texte numérisé non relu

A M. ROUILLÉ

INTENDANT A AIX

Paris, 8 juin lù^k.

Les propositions faites à l'égard des fsancs-fiofs, de la part de ceux qui se sont assemblés chez le sieur Gaillard, ne seront point reçues ; mais je dois vous avertir qu'il est nécessaire que cette affaire aille plus vite qu'elle n'a esté j usqu'à présent , et que si vous faites faire des instances en forme sur chaque affaire, il sera difficile qu'elles finissent jamais. Vous sçavez bien que , en matière de recouvremens extraordinaires , il faut les conduire dans les termes portés par les déclarations et arrests, en conservant toujours la justice au Roy et aux particuliers taxés ; mais il n'y a rien de si nécessaire que de faire faire ces recouvremens avec une très-grande diligence, parce qu'elle est nécessaire pour en tirer les secours dont le Roy fait estât, et mesme pour en délivrer promptement les peuples , qui regardent toujours ces recouvremens avec peine, quelque justes qu'ils soyent.

Ainsy, pour parvenir à cette fin, qui doit estre la principale , le bien de l'Estat et le soulagement des peuples veulent qu'on passe mesme quelquefois au delà des bornes de la justice pour finir ces sortes d'affaires. Je n'entreray pas plus avant dans le détail, ne doutant pas que vous n appliquiez bien ces maximes à ce qui est du fait particulier de ce recouvrement.

(Bibl. des Inv. Ms. Cmretp<mdance de M. Colbêrt, 167& , page &86.)

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