A M. DE PONTAC
PREMIER PRÉSIDENT A BORDEAUX'
Paris, i5 juin 1G74.
11 est Bien difficile que, dans une ville comme Bordeaux, il n'y ayt pas (|uelques meschans esprits fort malintentionnés^; mais assurément, comme les bien intentionnés prévalent de beaucoup, et que tous les bourgeois (|ui ont quelque bien ont à craindre les effets de quelque sédition , il est nécessainî que ce plus grand nombre s'évertue pour réprimer et punir les |>remicrs mouvemens qui pourroient arriver, n'y ayant que ce seul moyen
' Arnaud di; Poular, sci(jnour de Sallcc, un ans. Son p«rc, Geoffroy de Pontac, avail [nt'mivr présidenl au parlement de Bordeaux , q^alenicul présidé le parieuieul de ceUe ville. ttwri U; uO avril 1 ()8 1 , à Và^* d<î quatre-viiigl- ^ V(»ir pièce n" 39,3.
qui puisse conserver Tautorité légitime des magistrats et empescher les suites funestes de ces mouvemens.
Je ne doute point que vous n'en veniez à bout avec le zèle, la fidélité et i'autoriti^ que vous avez entre les mains; et quoyque je sçache bien que vous n'estes pas capable de crainte mal fondée, je ne laisse pas de vous répéter qu^il faut que tout ce qui vous approche reçoive l'impression de cette fermeté et connoisse que comme il n'y auroit jamais eu de si grand crime dans l'Ëstat que de s'opposer par un mouvement de sédition à la rapidité de la fortune vertueuse de nostre maistre, aussy n'y en auroitil jamais eu qui dust estre plus sévèrement réprimé et puny.
(Bibl. des Int. Ms. Corrupondanee de M. Colbert, 1676 , (ni(jc G07.)