A M. BIDÉ DE LA GRANDVILLE
INTENDANT A LIMOGES
Versailles, %h aousl 1674.
Pour réponse à vos lettres des 8 et 1 7 de ce mois , sur ce que vous m'écrivez que quelques-uns des receveur? veulent se servir de la contrainte par emprisonnement, au lieu de se servir de celle par logement effectif, vous devez examiner avec grand soin laquelle de ces deux voyes vous estimez la plus seure pour le Roy et d'un plus grand soulagement pour les peuples , et m'en donner vostre avis en forme. Vous pourriez mesme permettre à quelqu'un des receveurs dont la conduite vous paroistra la meilleure de se servir de la contrainte par emprisonnement, pour voir l'effet que le changement produira, afin que vous en puissiez mieux juger et donner au Roy vostre avis avec plus de certitude.
Je crois que l'amende honorable que vous avez fait faire, en vostre présence, au procureur qui avoit falsifié son écriture et son nom, sera fort avantageuse au public, n'y ayant rien de si nécessaire que de purger les provinces de ces faussaires qui seroient maistres de toutes les fortunes particulières, si on ne réprimoit ce crime par de sévères punitions.
J'attendray les mémoires que vous devez faire avec les receveurs è leur retour, concernant les abus qui se commettent pour la levée et imposition des tailles, et les remèdes qu'on peut y apporter.
Il sera très-avantageux aux peuples que vous appuyiez l'establîssemenl des manufactures qu'on doit commencer è Briveset à Tulle, n'y ayant rien qui puisse plus facilement produire de l'argent dans les provinces que ces sortes d'establissemens.
(Bibl. des Idv. Mb. Conn^ptmianee dt M. Colbert, 167&, page 690.)