‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 375 sur 411 · A M. DE SÈVE · texte numérisé non relu

A M. DE SÈVE

INTENDANT A BORDEAUX

Versailles, 5 octobre 1674.

Comme il est d'une très-grande conséquence de faire en sorte que ceux qui sont chargés du recouvrement des affaires extraordinaires et ceux qui ont payé soyent également portés à retirer des quittances en forme', parce que le retranchement de labus des récépissés des traitans leur oste absolument les moyens de profiter indirectement des affaires extraordinaires et produit que le tout en revient au Roy, j'ay déclaré à tous les receveurs généraux qui sont icy et qui ont traité de ces affaires une chose qui y peut beaucoup contribuer, dont j'estime qu'il est nécessaire de vous donner part et que vous la rendiez mesme publique dans Testendue de la généralité de Bordeaux ; c'est que, de la mesme manière que vous sçavez que le Roy a fait rendre à divers corps de la ville de Paris une partie des sommes qu'ils avoiont données à Sa Majesté par un don volontaire de fort bonne grâce, et sans en estre requis. Sa Majesté a résolu, aussytost qu'il aura plu à Dieu de nous donner la paix, à laquelle il y a beaucoup d'apparence pour cet hyver , de faire rendre une partie de ce que tous ceux qui ont esté taxés

< Ccst- A-dire, paruncinapositionà tant par que le Roy y ayt apporté aucun cliangûiDeDi.

l(^te. Il faut, 8^il vousplaist, continuer dVhcvcr la

* Coibert écrivait, le 9 novembre suivant, négociation de celte affaire avec les villes , ainsy

A rintendaat de ChlionB : que vous Tavei eommenoée, afia de la finir le

«Je ne sçais pas quelle raison a pu avoir le plus promptement qu^il sera possible...» {Cor-

' commis des arts et métiers qui est auprès do reip. de M. Colberl, page 91 3 ) vous do vous (lire que celte aiïairo avoil chan,»;»' •* Voir pièces n** ft5« , a8« et l^fH*.

«le farn, piiis<|ii«> jo n'ay |Miinl ciilondii |>;irl«T

pour des affaires extraordinaires ont payé sur des quittances en bonne forme ; et dans le mesme temps que j*ay expliqué cecy aux receveun généraux , je leur ay dit que , s'il y en avoit quelqu'un qui eust profité par des compositions illicites. Sa Majesté ne luy pardonnoroit pas.

Vous connoistrez clairement qu'en rendant puUîc ce que je viens de TOUS expliquer tous ceux qui ont payé ne manqueront pas de faire leurs diligences pour avoir des quittances en forme , ei les tnâtans génénuu et particuliers, dans la crainte d'estre punis, ne refuseront pas de leur en donner. Quand vous aurex rendu cecy public, faitesHiioy sçavoir Teffirt qu'il aura produit.

Quoyque je ne doute point que vous ne vous appliquiez k faire^ avec toute l'égalité et la justice possibles, les départemens des tailles en eiéoh tion des commissions que vous avez k présent reçues. Sa Majesté m'ordonne toutefois de vous dire que, comme l'augmentation qu'elle a esté obligée de faire rendra sans doute les recouvremens difficiles, vous devez aussy avoir encore plus d'égards que par le passé aux avis et aux mémoires qui vous seront donnés par les receveurs généraux des finances et receveurs particuliers des tailles, ou commis aux recettes en chacune élection, afin que, ne faisant rien que de concert avec eux, ils puissent faire leurs recouvremens sans non-valeurs , et par ce moyen estre isn estât de faire régulièrement leurs paycmens au trésor royal, et mesme les avances qu'il est nécessaire de tirer d'eux pour le service du roy . . .

(BiU. dat !■?. Ut. Ctrrm^tmiamtt ék M, Colkrt, 1S74, ptge 797.)

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