A M. BIDÉ DE LA GRANDVILLE
ETENDANT A LIMOGES
Versailles, 19 octobre 167^1.
J'ay reçu la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le i3 de ce mois, et j'en ay rendu compte au Roy, qui a approuvé que vous fassiez payer les officiers qui ont travaillé avec vous à la réformation des eaux et forests, sur les premiers deniers qui proviendront des amendes, suivant la proposition que vous en faites.
Vous ne devez jamais entrer en défiance des mauvais offices qu'on vous peut rendre auprès de moy, et vous pouvez assez facilement juger qu'il seroit difficile que je pusse jouir si longtemps des bonnes grâces du Roy si j'avois l'esprit assez mal tourné pour faire quelque fondement sur les discours d'un receveur des tailles contre un commissaire départy. Mais il est nécessaire que vous et moy examinions en toutes choses ce qui concerne le service du roy; et comme il faut que tout ce que Sa Majesté désire soit exécuté promptement et ainsy qu'il convient au bien de son service, vous devez aussy faire la mesme chose dans l'estendue de vostre employ et surmonter les petites difficultés qui y peuvent apporter du retardement. Si le commis du sieur Malvillain n'est pas habile, il faut hiy en donner avis, et ce pendant donner toute l'application nécessaire pour suppléer h ce qui manquera de sa part; c'est ainsy que vous devez travailler en toutes choses.
L'intention du Roy estant que toutes les affaires extraordinaires qui se font dans la généralité de Limoges soyent terminées le plus promptement qu'il sera possible , je vous prie de prendre la peine de faire un mémoire exact de i'estat où elles sont à présent, et de me l'envoyer afin que je puisse rendre compte à Sa Majesté des diligences qui se font pour avancer les recouvremens desdites affaires. Surtout apportez toute vostre application et tous vos soins pour les terminer toutes dans le courant de cet hyver, es-
recoavremeos de 167/4 sont peu avancés.
Gomme je ne doute point que vous n^en ayes pénétré les raisons, je remets à les apprendre de YOOB i rostre arrivée ; mais il faut faire en aorle qa^ils se fassent à Tavenir plus diligemmeot n est certain que je n'ay jamais vn que les guerres, quelque grandes qu'elles ayent esté, ayent diminué Tenlévement des denrées des provinces dont la généralité de Bordmiix ost
composa; et je crois que, en vous appliquant toujours à régler la taille de mieux en mieux et à rechercher avec soin toutes tes causes qui peuvent produire re retardement, vous y pourrei remédier; d'autant plus que cette année il semble que les estrangen y envoyent leurs vaisseaux en plus (»rand nombre que jamais. . . » ( Cormp. de M, Co9bert, pag«? 885.)
tanl très-important au service de Sa Majesté que les recouvremeos en soyent finis dans ce temps-là.
( Bibl. des Inv. Ms. Corretptmdanee de M. Colbert, 167& , page 8&3.)