AU MÊME
Saint-Gcrmaia, a 3 novembre 167/j.
J'apprends , par vostre lettre du 1 6 de ce mois , que les mouvemens qui avoient paru auprès d'Angouléme sont entièrement apaisés. J'en rendray compte au Roy incessamment, et Sa Majesté vous fera sçavoir aussytost ce que vous aurez à faire sur ce sujet. Gomme vous estes desjà informé qu'elle a envoyé ses ordres aux troupes de Catalogne pour marcher en ce pays-là, vous devez bien examiner s'il ne seroit pas du bien de son service de punir les principaux auteurs de cette sédition, afin d'en empescber les suites à l'avenir. Sur quoy je dois vous dire que , par la première lettre que vous m'écrivistes, il paroissoit que vous en connoissiez l'auteur, dont vous ne vouliez pas dire le nom ; mais il est très-important que vous disiez au Roy tout ce que vous pouvez sçavoir sur ce sujet, et de quelle manière et par quelle voye vous le sçavez, afin que Sa Majesté puisse y donner les ordres convenables pour le bien de son service.
J'ajoute encore que je ne crois pas que le Roy prenne la résolution de pardonner ces mouvemens sans aucun exemple, et que Sa Majesté voudra estre informée des autours et de toute la suile de cette sédition. C'est a vous d'examiner si vous pouvez informer contre tous les coupables et en punir quelques-uns sans la présence des troupes, ou, s'il en faut absolu-
' Voir la lotlre siiivaiilc.
ment demander, combien il est nécessaire d'en envoyer, et généralement de donner vostre avis sur ce qui concerne cette affaire ^..
(Bibl. des Idv. Ms. CcrruponiancÊ de M, Colbert, 1674 , page 968.)