‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 386 sur 411 · A M. DE DEMUIN · texte numérisé non relu

A M. DE DEMUIN

INTENDANT A BOGUEFORT '.

Saint-Germain, 3o novembre 167/1.

Pour ré{M)nse à vos lettres des 10 et a a de ce mois, vous devez tenir soigneusement la main à ce que les arrests que je vous ay envoyés concernant la levée des droiU» de jauge et courtage soyent ponctuellement exécutés, ne croyant pas que le Roy y apporte aucun changement ; mais en cas que Sa Majesté y en apporte, vous en serez promptement averty.

Je ne sçais ce que vous voulez dire par la demande que vous faites de sçavoir si le Roy veut que les ecclésiastiques et gentilshommes payent le

* Honoré-Lucas de Demutn ( voir paf^o 8i ) succéda, en août 1 676 , à Coibert de Terroii ,

accompagna d'abord comme secrétaire Coibert dan» Tintendance de BocheforL Disfpnacié en

de Groissy, lorsqu'il fat nommé ambassadeur 168/i, il se retira à Paris, où il mourut peu

à Londres. A son retour en France, il épousa de temps après, une parente de Colliort, et, grâce à ce mariage,

droit de jauge et courtage à la vente de leurs vins, attendu que Sa Majesté, dites-vous, ne parie dans l'arrest que des marchands et bourgeois. Je vous avoue que j ay lu et relu Tarrest tout entier, et je n ay pas pu comprendre ce qui vous obiigeoit à former cette difficulté. L'arrest porte que le droit sera payé à la vente. Ainsy tout vin vendu, par quelques per^ sonnes que ce soit, doit le droit. Le mesme arrest porte défenses aux fermiers de faire aucune visite chez les bourgeois; et quoyque, en cet endroit, il ne soit pas parlé des ecclésiastiques et gentilshommes, vous pouvez juger facilement que , estant en plus forts termes que les bourgeois , ils doivent pareillement estre exempts de visite sans difficulté. Si vous avks bien lu cet arrest, vous ne me donneriez pas la peine de vous faire une si longue ré* ponse; vous devez une autre fois y prendre garde, et surtout appliquez-vous à bien le faire exécuter.

.Sur les difficultés que j'ay appris que vous faisiez de donner au traitant des francs-fiefs toutes les assistances dont il a besoin pour en faire le recouvrement dans Testendue du département où vous servez, je suis obligé de vous dire que, le Roy voulant que ce recouvrement soit incessamment achevé et que tous ceux qui doivent payent dans le cours de cet hyver, il est absolument nécessaire que vous donniez une application particulière à cette affaire , que vous en confériez souvent avec le traitant et que vous concouriez en tout ce qui pourra dépendre de vous à terminer promptement ce recouvrement. Pour cet effet je vous envoyé cyjoints tous les arrests qui ont esté donnés sur le sujet desdits francs^fiefs, afin que vous les lisiez, les examiniez soigneusement et que vous teniez la main à ce qu'ils soyent ponctuellement exécutés...

(Bibl. des Inv. Ms. Corretpondance de M. Colbert, 167&, page 986.)

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