AU MÊME
Sceaux, 17 juin i678.
Je vous avoue que je n'ay jamais entendu parler d'une plainte pareille k celle qui vous a esté faite contre les fermiers des aydes , qui consiste en ce qu'ils font payer les droits sur le pied de deux sols la pinte quand le vin ne se vend qu'un sol; et j'ay bien de la peine à croire qu'en Normandie les peuples payent le double de ce qu'ils doivent payer, sans se pourvoir ni aux élus, ni à la Cour des aydes, n'ayant jamais entendu parler, en aucune province du royaume, d'une prétention si chimérique et si imaginaire que celle-là.
Envoyez quérir, s'il vous plaist, le fermier ou ses commis, éclaircissez la vérité du fait, et sçachez sur quoy cette prétention est fondée; y ayant à cela si peu d'apparence que si , par des raisons que je ne puis comprendre , les peuples ne s'estoient pas pourvus aux élus ou que ces élus et la Cour des aydes eussent favorisé une concussion si claire et si manifeste que celle-là , il faudroit faire le procès aux fermiers et punir ceux qui auroient eu part à cette concussion.
(Bibl. Imp. Ms8. S. G. F. 5S6o, Leitret de M, Colbert, 1. 1, fol. 317.)