‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 41 sur 411 · REPONSE DE LOUIS \IV, EN MARGE · texte numérisé non relu

REPONSE DE LOUIS \IV, EN MARGE

Au cnmp devant Dole, 29 inay.

" Pour ce qui regarde rimposiliou sur le papier, je vous ay mandé ce qui m'a passé dans Tesprit et je me suis remis h vous, pour que vous fassiez ce qui sera le mieux et le moins à charge au public. Je m'y remets encore; et vous permets de faire ce que vous croyez le plus avantageux pour le public et pour moy.

'* Je crois que vous avez bien fait de ne rien remuer à cette heure sur le remboursement des rentes.

•^ Je suis bien ayse de Fargent qui a este distribué et de la disposition de ces pauvres gens.

'^ Ce que vous me mandez dans cet article me plaist fort.

** Pour ce qui est des fermes, je suis assuré que vous ferez ce qui me sera le plus avantageux.

' Je suis bien ayse de ce que vous me mandez dans cet article.

s Sur Salins, il y aura quelque chose à faire avec les Suisses qui me sera avantageux; cela ne changera rien à la ferme.

'' Vostre fds m'a montré le mémoire de Versailles et remis entre les mains le plan pour la maison de Clagny. Je ne réponds rien encore dessus, car je veux sçavoir les pensées de madame de Montespan.

J'espère que ce siège ne durera pas et que la conqueste entière de la province suivra bientost après.

(Cnbinet de M. le dur de Lnynes. Mss. n" 98, cartun a,)

\X\. — A LOniS XIV.

( D'aprf^s une copie faite sur l'original. )

Paris, 26 raay 1676.

Dans le moment, Sire, que nous tremblions icy pour l'attaque de la citadelle de Besançon, nous avons reçu Theureuse et agréable nouvelle de sa prise.

César prit la ville et s'en glorifie dans ses ouvrages.

Vostre Majesté la prit de mesmc en 1668. Depuis ce temps, la puissance de toute la maison d'Autriche s'est appliquée, pendant sept années, à la rendre imprenable, favorisée d'une situation sur un roc vif; et Vostre Majesté prend cette citadelle en vingt-quaire heures. Il faut, Sire, se taire, admirer, remercier Dieu tous les jours de nous avoir fait naistre sous le règne d'un roy tel que Vostre Majesté, <[ui n'aura d'autres bornes de sa puissance que sa volonté ".

j'ay expédié les ordres pour le Te Deum qui sera chanté aujourd'huy, et je puis assurer Vostre Majesté que toute cette ville est en joye et en réjouissance ^.

FINANCES. ccxLv

J'ay desjà fait sçavoir à Vostro Majcslé quo j'avois fait payer au Irésorier de rExtraonlinaire près de 700,000 livres que Voslre Majesté a ordonnées pour la fin de ce mois; le surplus sera prest dans le temps quelle Ta demandée

Je travaille à trouver les fonds nécessaires pour remettre à Hambourg, pour la Suède, suivant la lettre de M. de Pomponne*^.

Les fermes seront adjugées aujourd'huy; j'espère qu'elles iront à i,5oo,ooo livres d augmentation pendant la paix, et «1 un million de diminution du prix qu'elles sont à présent pendant la guerre. Comme c'est la plus importante affaire des finances, c'est aussy celle à laquelle je donne toute mon application*.

A l'égard de l'imposition , sur le papier, comme il n'y a aucun fermier qui s'en veuille charger sur le mesme pied des formules, et que cette imposition tire après soy les conséquences que j'ay expliquées à Vostre Majesté, j'ay cru qu'il estoit du service de Vostre Majesté de prononcer par une simple surséance, suivant l'arrest dont mon fils fera la lecture à Vostre Majesté ^

néPONSE DE LOUIS XI?, EJt MARGE.

Au camp devant Dole, 3i may.

* Je ne doute nullement que vous n'ayez beaucoup de joye de l'heureux succès que j'ay eu à Besançon.

** Je suis très-ayse de la joye publique.

' Bon.

•* Bon.

*" Il me paroist que, les fermes estant comme vous diles, j'auray lieu d'estn» content.

^ J'approuve l'arrest.

(Cabinet de M. le duc de ï.uynos. Mss. n* 98 » carton n. )

\X\1. — A LOLIS XIV.

(D'après une copie faite sur l'original.)

Paris, 1 1 juin 167/1.

Enfin, Sire, les fermes de Vostre Majesté viennent d'estre adjugées, après

*^oir esté publiées trois mois durant dans toutes les provinces du royaume; el

P^'ïclant tout ce temps j'ay tasché de m'acquitter le moins mal que j'ay pu de

^* ^ quoy la confiance de Vostre Majesté m'oblige, en faisant bien connoistre

^^t ce qui pouvoit en augmenter le produit, toute l'estendue de la protection

^^ d^ l'application de Voslre Majesté, en formant un bon nombre de compa-

{p^os différentes, et empeschanl par tous moyens quellçs ne s'entendissent

®^ He se joignissent ensemble.

Voslre Majesté conuoistra, par le mémoire que je luy envoyé, qu'elle en ti-

'^ïa pendant la guen'e 766,000 livres plus qu'elle n'en a tiré pendant le^*

ccxLvi ANNEXES.

six années de paix. Je souhaite fort que Vostre Majesté soit contente en cela de mes petits soins.

Je crois estre obligé de luy dire que, pour maintenir ses fermes en cet estai et faire en sorte que les fermiers puissent payer le prix de leurs adjudications, il est nécessaire que non-seulement Vostre Majesté ne se relasche point de la protection et de l'application qu'elle y a donnée jusqu'à présent, mais mesme qu'elle la redouble, s'il est possible, estant certain que par le moindre relaschement de ces deux grandes parties qui font en tout le bonheur et la grandeur de l'Estat, non-seulement les fermiers n'en pourroient soutenir le prix coarant, mais elles diminueroient considérablement pour l'avenir".

J'attends avec impatience la résolution de Vostre Majesté pour la maison de

Je reçois cette résolution en écrivant cecy, et jeferay travailler au bastiment avec diligence.

J'ay dit à Vostre Majesté que les formules estoient jointes aux fermes; mais pour les mettre en estai de produire les 2,900,000 livres pour lesquelles elles y sont comprises, il a esté nécessaire de les changer en suivant une proposition qui fut faite par les fermiers dès l'hyver dernier et dont il fut rendu compte h Voslre Majesté.

Les formules sont composées de quarante à cinquante timbres différons et Ton paye les droits suivant la différence des timbres, et la feuille de papier, de toute grandeur, se trouve taxée depuis 6 jusqu'à 1 8 deniers.

I^ public se trouve difficilenient servy parce qu'il faut que chaque particulier choisisse enlre ces cinquante dilférens timbres celuy qui luy convient; cela cause beaucoup de contraventions qui produisent des chicanes et des diflicultés qui tournent toutes à la diminution des droits de Voslœ Majesté, en ce que, la feuille de grand papier estant taxée comme le petit, tout ce qui devroit estre écrit sur celuy-cy se trouve écrit sur celuy-là; et ainsy, la consommation estant moindre, les droits se trouvent diminués à proportion.

La proposition qui fut faite l'hyver dernier, et sur laquelle l'adjudication des fermes est faite, consiste à réduire les timbres à trois, suivant les trois sortes de papier dont on se sert pour l'ordinaire.

Le petit papier demeure à sa première taxe d'un sol la feuille;

IvC moyen, qui est un tiers plus grand que le petit, sera à 18 deniers,

Et le grand, qui est deux fois plus grand, sera à deux sols.

Par ce moyen, le public sera plus facilement servy et les fraudes seront retranchées.

Il a esté donné un arrest du conseil qui règle ce changement \

M. de Pomponne m'écrit qu'il faut faire remettre à Danlzick /ioo,ooo livres pour la Pologne, outre les 1 5o,ooo livres qui ont esté desjà remises; je supplie Vosliv Maj(»sté de me donner ses ordres ^

Je continue de faire remettre à Hambourg 600,000 livres, et 160,000 pour les prt'sens |Huir la Suède.

FINANCES. ccxLvii

Je suis obligé de dire à Vostre Majesté que toutes ces remises sont à présent extraordinairemenl difficiies.

L'évesque de Strasbourg^ est arrivé icy; je luy feray payer aujourd'huy les is,ooo écus que Vostre Majesté a ordonné et les 3,ooo écus par mois à commencer du i*' juillet.

Je luy fais chercher une maison pour luy donner sans meubles , ainsy que Vostre Majesté Tordonne.

Si M. le mareschal de Villeroy quitte celle de La Bazinière dans la iin de ce mois, je luy feray donner.

Vostre Majesté m'excusera, s'il luy plaist, si j'ose avec mon zèle respectueux luy lesmoigner ma joye de la glorieuse et prodigieuse conqueste de la Franche- Comté, de l'heureux succès de la négociation de Pologne^ et de la retraite das Impériaux au delà du Rhin.

• Dieu veuille, Sire, conserver Vostre Majesté et luy continuer ses favorables bénédictions, a la confusion de ses ennemis*^!

RÉPO!*ISE DE LOUIS XIV, E.N MAItoE.

Au camp de La Loye'\ 16 juin.

" Je vois, par le mémoire que vous m'avez adressé, comment mes fermes ont esté données; j'en suis très-satisfait et je connois que vos soins les ont portées au prix où elles ont esté. Je vous en sçais le gré que vous pouvez désirer. Pour la protection, vous pouvez assurer les fermiers qu'ils l'auront tout entière, car je suis résolu à faire là-dessus plus que par le passé, s'il est nécessaire.

^ J'approuve ce que vous avez fait sur les formules.

Il y aura quelque chose à faire sur les salines de Salins dont je vous parlc;ray, à cause des paroles que j'ay données aux Suisses.

* Mon intention est que vous fassiez remettre ce que Pomponne vous a mandé et que j'avois oublié de vous dire.

'' Je ne doute nullement de vostre joye et que vous ne fassiez des souhaits i|ui me soyent avantageux.

Je sçais famitié que vous avez pour moy, et le zèle que vous avez pour mon service; cela estant, vous devez estre assuré du gré que je vous en sçais.

(Cnbinet de M. le dnc de Liiynes. Mss. n" 98 , carlon «j. )

' François Egon, prince de Furstenberg, ^ Le 20 du mois précédent rinfluonce

né en 1636. (îrand doyen du chapitre de (iO- française avait fait élire poi de Pologne le

lognc, d'abord trésorier, puis, en i() 03, évôcpie grand niaréclinl Jean Sobieski. de Strasbourg. Mort à Cologne le 1" avril 1682. ^ La Grande- Loye, village du canton de

— Frère de Guillaume Egon (voir page 1 1). Montijarrey, arrondissement de Dole (Jiu'îi).

CCU.V1II

ANNEXES

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