XXVIII. — LOUIS XIV A COLBEUT
(Lnllre aulograj)ljc. )
Au camp de Jouy, près du Cateiet, 1 h niay 1670.
On vient de me dire qu'il y quelque disposition à Poitiers à faire du bruit sur ce qu'on leur demande pour les arts et métiers ^ Je vous écris ce mot pour
* J'ai cité dans Vîntroductinn (pa[je xcii) une lettre de madame deSé>igné,du 3 1 juillet 1675, racontant à sa fille qu'un passementier du faubourjj Saint-Marceau, rflje, disait-elle, à dix écus pour un impùtsurles maîtrises , at'oiï égorgé trots de sox en/an», rr Songez que cela est vrai, ajoutait madame de Sévigné, comme si vous l'aviez vu.»
La lettre suivante de La Reynie à Colbert, du a août 1 675, prouve combien , sur les questions qui passionnent les contemporains, les
affirmations, même les pluî» désintéressées, doivent être accueillies avec circonspection.
«M. Desmarets (neveu et commis de Colbert) m'a écrit par vostre ordre. Monsieur, que vous estes informé de ce qu'on a dit d'un misérable rubanier du fiiubourg Saint-Marcel qui a lue ou ble<îsé quatre de ses enfans, et de quebjues altroupemens de vendeurs d'eaude-vie. Sur (|uoy je dois avoir l'bonneur de vous dire que plusieurs p?rsonnes mal affectionnées ont essayé d'insinuer (ju'une signifi-
VOUS dire de faire là-dessus ce que vous jugerez à propos, pour éviter qu'il u^atrriye rien de fascheux. Faites doue sçavoir à Tin tendant ce que vous croirez pour le mieux en cette occasion.
J'ay vu le Catelel; il n'est pas bien rasé, et, quand il sera possible, il y faimdra encore travailler à le ruiner tout à fait.
Les troupes que j'ay vues sont admirables ; mais nous avons un temps oomuie au mois de janvier.
Voilà toutes les nouvelles.
(Cabinet de M. le duc de Laynes. Mss. ii"* 93 « carton a.)