‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 44 sur 411 · XXIX. — LOUIS XIV A COLBERT · texte numérisé non relu

XXIX. — LOUIS XIV A COLBERT

( Lettre autographe. )

Au camp de Necrasseit, 10 juin 1(576.

Je vous écris ce mot pour vous dire que je désire que vous vous fassiez rciiclre compte du désordre que les ennemis ont fait dans la course que ceux do Oambrai ont faite en Picardie, afin qu'estant informé par vous du véritable estât' du mal, je puisse y apporter quelque remède en soula{][eant ceux qui diiT*ont esté ruinés. Je crois qu'il sera bon de les soulager sur la taille ou sur ce que vous estimerez à propos. Vous remarquerez qu'ils ont esté bruslés et pillas, parce qu'ils ne contribuent pas, et que c'est moy qui les empescbe et qui leur défends.

J'ay donné encore des ordres nouveaux pour qu'ils n'exécutent rien de ce

quo quelques-uns ont promis, et, alin qu'il n'arrive plus de pareils événemens,

j envoyé un corps du costé de Cambrai assez considérable pour Tempescher.

Aj>t*csavoir esté instruit de tout, niandez-moy vostre avis sur ce que l'on peut

■^i 1*0 pour le soulagement de ces pauvres gens.

eu

n qu^on prélendoit avoir este Tnite d'une .» à ce pauvre artisan, Tauroit mis au d(5- >ir et Tauroit porté à cette extrémité de ^**-* I «ir tuer sa femme et d'é|T;orger ses enfans , *** ^u'il y avoit un grand concours de per- ^^*^*^es dans le lieu où cet accident est arrive. Cependant, Monsieur, suivant ce (]uc vous estimé à propos, il n'a esté hi^piifié aulaxeà aucun artisan de* Paris. J'ay mesme soin, suivant vos ordres, de faiit; en- Ire, et il y a longtemps, à cette commué de rubaniers, qui est très-nombreuse et -pauvre, qu'elle n'avoit qu'à continuer de ^'*>î comme elle avoit accoustumé; et ainsy il ^^* lïien certain qu'il n'y a rien eu de ce costé, *• ^ue ce malheur est seulement la suite et le Ptii* g(jg^ Jq \q^ démence où paroist estrc mani- ^^^temcnt ce })«iuvre bouuue depuis qu'il a

esté arresté. Le concours de monde en sa maison n'est pas plus véritable, et il n'y a eu en cela que ce qui arrive en ces occasions où l'on voit qnobjue chose d'extraordinaire. Le commissairo du quartier a vu tous les jours ce qui s'y est passé, et il m'en a infomié; et vous jugez bien, Monsieur, (|ue s'il se fust passé à cet égard quelque chose de plus, je n'aurois pas manqué de vous en rendre compte.

«Le peuple, qui a accoustumé de relever cette sorte d'accidens extraordinaires, en a fait une histoire en vei-s du Pont-Neuf, et en chanson ; j'ay fait enlever tout ce qu'on en a trouvé , encore (pie ces imprimés ne parloient d'autre chose (pie de ce (pi'il y a de tragique dans la cruauté d'un père qui tue ses enfans.. (Bibl. imp. Mss. 5oo Colbert. I^ttrnx adressées à CoUbei'l ; à sa date. )

ccL ANNEXES.

Tay vu le mémoire sur Vei*saiiles, auquel je u ay rien à répoudre, si ce nesl que je suis content de Testât où sont les travaux.

J'ay vu aussy le billet que vous m'écrivez sur les augmentatious de dépenses. Vous voyez comme moy qu'elles sont nécessaires; vous y ferez tout de vostre mieux, et, quoy qu il arrive, je seray content de vous, car je suis assuré que vous faites plus mesme que ce qui est possible ^.

J'ay vu la recelle, la dépense et les arrestés que vous m'avez envoyés avec lespayemens faits au trésor royal. Il est étonnant que vous fassiez ce que vous faites la-dessus.

Vostre flls vous aura mandé que j'ay approuvé ce que vous avez fait sur le retour de mes vaisseaux.

11 vous aura aussy informé de tout ce que j'ay dit sur ce qui regarde la marine; c'est pourquoy il ne me reste en finissant cette lettre qu'à vous assurer que je suis très-content des services que vous me rendez de toutes manières.

(Gabiiict de M. le duc de Luynes. Mss. u' g3 , carton a. )

X\X. — LOLIS XIV A COLBERT.

( Lettre auto^jrapbe. )

Au c;inip près de Cambrai, 17 avril 1677.

Je ne doute point que vous ne soyez aussy ayse que vous dites du gain de la bataille que mon frère a donnée -. La prise de cette place vous fera aussy grand plaisir. J'espère que Saint-Omer sera bientost pris. Voilà bien des grandes cboses faites; il faut essayer de bien faire dans le reste de la campagne. Pour avoir un repos entier sur les places les plus avancées, je m'en vas les visiter et les mettre en estât de ne pas craindre les ennemis. Cela estant, je seray plus débarrassé; je crois que ce temps-là sera bien employé.

Je seray obligé de faire plus de dépenses que je ne croyois; il faut travailler à beaucoup de choses que ces sièges ont épuisées, et pour cela j'ay ordonné au marquis de Louvois d'expédier une ordonnance de 5oo,ooo livres d'extraordinaire que je désire qui soit payée le 10 du mois prochain au plus tard.

Je pourrois bien peut-eslre avoir besoin de la mesme somme d'extraordinaire, encore vers le mois de juin; je vous en avertis afin que vous y comptiez de bonne heure. Faites mellre entre les mains de Bontemps^, pour payer ce

' Le 1 1 juillet i()75, Louis XIV avait écrit * Le duc d'Orléans faisait le siège tle Saini-

daiis les mêmes lermes à Coibert : Orner depuis le /i avril. Le 1 1 , le prince

«Vous sravez que j'ay grande ronliauce eu d'Orange, ayant \oulu délivrer celte place, aU

vous pour faire réussir les choses dilliciles, lacpia les assiégeants, et fut battu près de

c'est pourquoy je crois que vous trou\erez tout

ce qui sera nécessaire. . . n (MOnie source que ^ Valet de chambre du roi.

la leUre.)

(|ue j'ay ordonné à la fin du quarlier de janvier, la somme de âo,ooo livres, afin qu'il paye ce que je luy ordonneray.

H faut faire remettre auvssy aux trésoriers des aumosnes 3o,ooo livres comme on a accoustumé pour le jubilé , afin de dire tout en une fois.

J'auray encore besoin que vous m'envoyiez 10,000 pistoles pour mettn^ dans ma caissette; vous pourrez le faire à vostre commodité; cela ne presse pas de quelques jours;

IjC Brun ^ et Le Nôtre ^ sont arrivés ce matin avec Van der Meulen'. Je suis bien ayse que Le Brun voye la disposition de ce siège, car elle est fort belle.

Voilà tout ce que j'ay à vous dire pour le présent; c'est pourquoy je finis ^11 vous assurant que vos services me sont aussy agréables qu'utiles et que je ir€îconnois les peines que vous prenez, par l'amitié que que j'ay pour vous.

(Cabinet de M. le duc de Luynes. Mss. n* 93 , carton 3. )

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