AUTRES MANUFACTURES
Celle des toiles diminue en France ; les Hollandois attirent nos tisserands, font planter du chanvre dans l'Oldenbourg et en Silésie, en tirent une grande quantité d'Alsace , le débitent dans les Indes par les flottes.
INDUSTRIE, COMMERCE. ceux
Si la multiplication des colonies pouvoit donner occasion , ou par droit ou ar fraude , de porter nous-mesmes nos toiles dans la terre ferme de TAmé- •ique, ce seroit un grand avantage. Cela peut venir.
Cette manufacture se maintiendra en dëchargeant la sortie des toiles. Outre cet avantage que les colonies françoises dans les isles de rAmérique «uvent donner, il faut encore considérer que les Hollandois nous apportent es isles françoises, en sucres, 9 millions de livres; Ënbois, coton, tabac, indigo et autres marchandises, pour un million. Pour avoir ces 3 millions, ils portent environ pour un million de nègres u'ils prennent en Guinée; Des chairs salées qu ils prennent en Moscovie et Irlande , et d'autres maroliandises qu'ils prennent chez eux.
Pour avoir ces mesmes marchandises d'Irlande et Moscovie, ils y portent des sucres, tabacs et de nos vins et eaux-de-vie.
Outre ces chairs, ils rapportent de ces pays-là le bois, le chanvre nécessaires a la navigation.
Tout ce trafic occupe soo vaisseaux, qui sont montés de 3o hommes pour le moins, Fun portant l'autre; ce sont 6,000 hommes qui gagnent leur vie dans ce travail et qui sont propres à servir TEstat en une nécessité.
Par cette connoissance qui est claire et juste, si le Roy establit puissamment la compagnie des Indes occidentales, Sa Majesté aura 6,000 de ses sujets <jui gagneront leur vie et seront tous matelots, outre le nombre qui yest à présent. Sa Majesté aura 200 vaisseaux dans ses ports quelle n'a point. E31e obligera ses sujets à faire plus de nourritures qu'ils ne font, pour fournir aux victuailles des vaisseaux et à l'envoy d'une si grande quantité de chairs Balëes qu'il faut dans lesdites isles.
Les Hollandois seront obligés d'apporter dans le royaume, en argent, les 3 millions de livres qu'ils nous apportent en denrées de ces isles.
La nécessité de débiter les sucres, potasses et autres denrées qui en viennent oLiigera les sujets du Roy de les porter dans la mer Baltique et dans la Moscovie, et, par ce moyen, ils s'ouvriront un nouveau commerce qui leur donnera les bois et les autres choses nécessaires à la navigation.
Par ce moyen, le Roy deviendra puissant par mer et puissant en richesses, puisque ses sujets le seront.
L'on peut faire le mesme raisonnement à l'égard de la compagnie des Indes orientales.
Celle de Hollande apporte tous les ans pour 2 millions d'or dans le royaume, ^n épiceries et autres marchandises des Indes.