‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 119 sur 258 · A M. CARON · texte numérisé non relu

A M. CARON

DIRECTEUR DE LA GOMPAOrtIE DES INDES ORIENTALES.

Saint-GermaiD , k décembre 1669.

Vous verrez, par la lettre du Roy cy-jointe, les intentions de Sa Majesté sur le sujet de l'envoy de M. de La Haye dans les Indes ^

11 a ordre de vous communiquer, sur les establissemens qui sont à faire, toutes les pensées de Sa Majesté, qui sont entièrement conformes aux propositions que vous avez faites; néanmoins, Sa Majesté se remet auï eonnoissances plus particulières que vous avez prises depuis que vous estes sur les lieux. Je vous diray seulement qu'elle souhaiteroit fort l'establissement de diverses factoreries dans les pays qui sont sous la domination des princes des Indes et les deux establissemens fixes, dans Tisle deCeylan et celuy de t'isle de Banca, ou tel autre que ce soit où Ton post faire une bonne place , laquelle , estant occupée par ses armes , pust servir i soutenir fortement tous les establissemens qm seroient faits dans les Iodes.

Vou$ verrez clairement par tout ce que Sa Majesté a fait, tant pear

' Voir ta pièce précédente.

la compagnie en général que pour vous en particulier, combien elle considère Testablissement de ce grand commerce, et je vous puis assurer qu'elle le tient comme la plus considérable et la plus importante affaire de son Estât.

A l'égard de la compagnie , elle luy a encore donné â millions de livres de nouveau, et elle envoyé dans les Indes une escadre de six vaisseaux qui luy coustent presque encore autant, sans une infinité d'autres grâces qu'elle fait en toutes occasions à ladite compagnie et à ceux qui y sont entrés.

A vostre égard, vous avez eu une pleine et entière satisfaction de tout ce qui s'est passé dans l'isle Dauphine à l'égard de Marcara^

La pension que Sa Majesté vous a promise sera régulièrement payée à madame Garon, qui est icy considérée comme le service que vous rendez le mérite.

Sa Majesté a marié mademoiselle vostre fille, à qui elle a donné 90,000 livres de dot, à un gentilhomme qualifié de la province de Normandie, qui a iâ,ooo livres de rentes en fonds de terre.

Elle vous honore du collier de Saint-Michel ^ , et je vous puis assurer que , en continuant de bien servir comme vous avez fait et de ne revenir point de sitost en France, jusqu'à ce que vous ayez estably fortement et puissamment ledit commerce, vous devez encore espérer d'autres grâces de Sa Majesté.

Tout ce que vous avez à faire pour correspondre à tant de bontés qu'elle a pour vous est de vous maintenir M. de Faye et vous en une grande et par&iite union, establir la subordination et l'obéissance envers tous ceux qui travaillent sous vous, expédier promptement le retour des vaisseaux, travailler à faire les establissemens que Sa Majesté désire, et surtout ne pas retourner en France que ce grand ouvrage ne soit assez avancé pour ne pouvoir périr, et que vous ayez i'bpnneur de l'avoir commencé et mis en sa perfection.

Pour moy, soyez bien persuadé de mon amitié, et que j'auray le mesme soin de tout ce qui regarde vous et vostre famille , comme si c'estoit pour moy.

( Areh. de la Mar. OnkrM du ni pour leê ampagnUê dêt lndê$, 1669, fol. 1S8.)

' Voir pièce n" 7. — * Le même courrier portait aussi à M. de Faye la décoration de Saintllidiel.

àTî COLONIES.

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