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dëporlëcs, afin que, pur ce moyen, il puisse connoi^e s'il ne leur sera fait aucun relranchement sur leur nourriture et sur leurs travaux.
L'on pourra aussy faire relever tous les ans trente ou quarante soldats des plus malsains, en faisant la levée nouvelle d'autant d'hommes; mais vous devez tenir soigneusement la main à ce que ceux qui seront en parfaite santé soyent préférés à tous autres pour faire les travaux nécessaires aux places des isles.
( Arcb. de la Mar. Dépêchée amcemant la marine, 1677 * ^^' '^')
VIGE-AMIRAL.
Paris, 11 mars 1678.
J'ay vu avec grande joye dans vos dépesches pour le Roy, pour mon fils, et pour moy, les avantages que vous avez remportés sur les ennemis de Sa Majesté, tant par la prise des forts de l'isle de Gorée sur la coste d'Afrique , que par la prise de l'isle de Tabago dans l'Amérique \ et je puis vous assurer que la satisfaction et la joye que je reçois des avantages du Roy sont d'autant plus grandes que vous y avez part, et que peut-estre, vous servant aussy glorieusement que vous faites des moyens qui sont entre vos mains , cela pourra servir à vostre élévation et à tout ce que vous pouvez désirer pour vostre satisfaction et vos avantages, à quoy je prendray toujours beaucoup de part.
J'attends à présent avec une très-grande impatience le succès que vous avez eu en l'isle de Curaçao ^, parce qu'il faut quelque chose d'aussy éclatant que cette action doit estre , ])our relever les deux autres et leur donner, dans l'esprit du Roy, le poids nécessaire pour le déterminer à tout ce qui peut estre de vos avantages. Mais si, outre ce qui regarde cette isle de Curaçao, vous pouviez encore faire quelque chose sur Saint-Do-
» Parti de Brest, le 1" octobre 1677, ^® comte d^Estrées enleva , en passant en Afrique, rile de Gorée aux Hollandais, qui la possédaient depuis 1617; puis il se dirigea vers Tabago, ou il débarqua sans obstacle le 7 décembre. La troisième bombe lancée tomba sur la maison du gouverneur, qui servait en même temps de magasin à poudre. Le vice-amiral Binken sauta avec tout son état -major, et la garnison se rendit prisonnière de guerre. (Hiitt. marit. de France, par M. Guérin, 111,
3i/i.) — Voir anssi Imtruetions à Smgntlaïf, pièce n* 67.
* Les espérances de Golbert ne furent pas réalisées. Au mois de mai 1678, d'Esirées lit voile vers Guraçao pour chasser les Hollandais de leur dernier poste , mais pendant la mut, et par une fausse manceuvre, douie vaiaseanx qui marchaient en ligne touchèrent contre les rochers qui avoisioent les lies d'Avès et se perdirent avec leurs équipages. {Hiet. mark, it France, par M. Guérin , IH , 3 1 f). )
mingue, suivant les desseins que vous avez projetés et vos instructions, je vous avoue que ma joye seroit accomplie; enfin, je suis bien persuadé que vous n'oublierez rien de tout ce qui se pourra faire pour le service et pour la gloire du Roy, et pour la vostre particulière; surtout ne manquez pas de nous informer soigneusement de tout ce qui se passera.
Je suis bien ayse de vous dire que le Roy est parly d'icy le 7 du mois passé avec la Reyne et toute la cour. Sa Majesté a esté jusqu'à Metz et Nancy, donnant toutes les apparences qu'elle vouloit attaquer quelque place du costé de l'Allemagne ou du Luxembourg. Après avoir fait ce voyage à ses journées ordinaires , en un instant , et le premier jour de ce mois, les places de Luxembourg, Gharlemont, Namur, Venloo, Hasselt et Ruremonde du costé de Maêstricht, Mons et Ypres, se sont trouvées investies par plus de 80,000 hommes des troupes de Sa Majesté; et elle-mesme eu personne est venue fondre, en quatre jours de temps, sur la ville de Gapd^ et la tient assiégée avec toutes ses troupes; l'on vient de me donner avis que la ville est rendue, et il ne reste plus que la citadelle, qui le sera assurément dans trois ou quatre jours.
Encore que ces grandes et glorieuses conquestes de terre ne puissent pas servir de modèle ni d'exemple pour la mer, la présence du Roy en personne emportant toute comparaison, je ne laisse pas néanmoins de vous en donner avis, non-seulement parce que vous serez bien ayse d'apprendre ces grands avantages de ses armes, mais mesme parce que cela servira encore à exciter tous les officiers et les troupes qui servent sous vous à faire quelque chose d'extraordinaire dans les entreprises que vous ferez.
Vous aurez sçu, par les vaisseaux commandés par le sieur de La Vi« gerie, qui sont partis de Brest, Testât auquel estoit alors l'Angleterre; et, comme il y avoit toutes les apparences d'une déclaration prompte et brusque contre la France, j'avoîs fait tenir par ordre du Roy un vaisseau tout prest à Rochefort pour vous porter les mesmes lettres, il y a desjà plus d'un mois; mais, comme le parlement d'Angleterre n'a pas esté aussy vite dans ses résolutions qu'il y avoit lieu de le croire et qu'il paroissoit mesme que le roy d'Angleterre vouloit, ledit vaisseau a attendu jusqu'à présent mes dépesches pour partir. Et encore que le siège de Gand ayt esté sçu en Angleterre, ce qui devoit vraysemblablement porter le parlement à donner les moyens au roy d'Angleterre de faire une prompte déclaration , cela n'est point encore fait, et mesme , comme il y a beaucoup de division
* Gaod fut investi ie 1'' mars, le 9 la ville se rendit, e( ie 1 1 la citadelle capitula.
liO.
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entre le parlement et le roy, peut-eslre que cette déclaration ne se fera pas sitost, ou quand elle se fera ce sera foiblement; c'est pourquoy le Roy m'ordonne d'envoyer en toute diligence un courrier à Rochefort pour faire partir ledit vaisseau pour vous porter mes dépesches et vous faire sçavoir, en mesme temps, qu'elle ne veut pas, pour quelque cause que ce soit, que vous fassiez aucune entreprise sur les Anglois, ni que vous leur donniez aucun sujet de se plaindre.
Vous pouvez mesme continuer l'exécution des entreprises que vous aviez projetées, conformes à vos instructions; et vous devez estre assuré que, aussytost que la déclaration sera faite, je vous dépescheray un autre vaisseau pour vous en porter la nouvelle. Cependant Sa Majesté veut que vous vous teniez sur vos gardes , et qu'en mesme temps que vous ne donnerez aux Anglois aucun sujet de se plaindre, vous vous défiiez aussy de tout ce qu'ils peuvent entreprendre contre vous ou sur les isles habitées par les François. Pour cela, elle veut que vous excitiez, autant qu'il sera en vous, tous les oiïiciers qui commandent ou qui servent dans les isles, ensemble tous les François qui y demeurent, à se mettre en estât, non-seulement de résister, mais mesme d'attaquer les Anglois; et surtout donnez une application particulière à ce que les François qui sont dans l'isle de Saint- Christophe se mettent en estât, s'il est possible, d'en chasser les Anglois, dès lors qu'il y aura une déclaration.
Quoyqu'il soit presque impossible que la déclaration des Anglois ne se fasse dans peu de jours, et par conséquent que je ne fasse aussy partir un vaisseau dans le reste de ce mois pour vous en porter la nouvelle, néanmoins, si cela n'arrivoit point, Sa Majesté s'attend toujours qu'au plus tard vous retournerez en France dans le mois de juin prochain.
( Arch. de la Mar. Dépêches concernant la marine, 1678, foL t&3.)