A COLBERT DE TERRON
INTENDANT A ROGHBFORT.
SainUGermain , «9 aousl 1 670.
La maladie de mon fils me donne de l'inquiétude^; encore que j'aye tout lieu de croire que ce ne sera rien, néanmoins, comme il est asses replet, qu'il peut n'avoir pas assez dormy, joint au travail, au soleil et à la chaleur de son sang, tout cela ensemble peut raisonnablement donner de la crainte que sa fièvre ne devienne plus considérable. Je crois que je n'ay pas besoin de vous le recommander, et, s'il arrivoit quelque augmentation à sa maladie, ne manquez pas de m'envoyer un courrier exprès^.
A l'égard de son travail, lorsqu'il sera en estât de'le reprendre, je ne crois pouvoir rien ajouter à tout ce que je luy ay écrit jusqu'à présent; et, pourvu qu'il exécute bien et s'applique de mesme sur tout ce que je luy ay écrit, je seray bien satisfait.
Je vous prie d'y tenir toujours la main autant que vous le pourrez, ayant beaucoup d'impatience de le pouvoir envoyer ailleurs pour s'instruire toujours davantage et le mettre d'autant plus tost en estât de le rappeler icy pour faire ma charge.
En tout ce qui est contenu dans mes lettres et mémoires qu'il doit faire, je vous prie de vous appliquer à luy bien faire faire Testât de toutes les
vol. 8& des MOtaiffm (MerU—W est du 1 3 septembre 1670.
^ Voir Marine, page 969, note h,
• Voir Ihid, pièce n* 180, page 969.
' Le 11 du mois suivant, Golbert écrivait a de Terron au sujet de la santé de son fiis :
«i Je la remets entre les mains de Dieu et A vos soins, ne doutant point quil ne soit aassy Uea dbet vous que dans ma maison, d*autant plus que je ne vois pas d^apparence qu*il puiase y avoir rien à craindre, tant qu'il n'aura qu*mie fièvre tîeroe ordinaire. J'espère qu'il
en sera quitte pour les neuf accès. Mais comme ces sortes de fièvres sont longues cette année, peut-estre qu'elle pourra bien aller jusqu^au treisième; en ce cas, il faudra encore une fois luy tirer du sang, le bien purger, et empescher dans sa convalescence qu'il ne mange.
«Aussyiost que sa santé sera reslablie, j^espère qu'il s'appliquera plus que jamais â bien exécuter tout ce qui est contenu dans mon instruction et dans mes mémoires. . . n {lïép, conc. la mar. fol. Uù6.)
dépenses de Tannée prochaine dans nostre arsenal à Rochefort; sur lequel estât vous devez observer que , comme nous aurons le nombre entier de Tasseaux que le Boy désire, il faut travailler h modérer les dépenses, et oebastir que trois vaisseaux au plus chacune année, sçavoir : un grand de cinquante pièces de canon, et deux petits pour servir de bruslots dans roccasion d'une grande guerre. . .
( Arch. de la Mar. Dépéekei coneenumt la marine, 1670, fol. hoi,)
Saint-Germain, i5 septembre 1670.
Tay esté très-ayse d'apprendre, par vos lettres du 8 , la guérison de mon fiVs^. le \ay écris fortement de se faire purger deux fois, d'estre sobre et de ne point manger de fruits crus. Je vous prie d'y tenir la main.
le ne puis m'empescher de vous dire que vous avez esté bien secret dans \e mamgp que vous avez fait de ma cousine. Je m'attendois que vous m'en donnenez part et que j'aurois envoyé à mon fils le pouvoir de signer pour moy dans le contrat de mariage, et toute ma famille et moy aurions fait nos complimens aux nouveaux mariés. Quand vous voudrez, vous raccommoderez cela autant qu'il se pourra.
Dans ma lettre d'aujourd'huy à mon fils, il y a encore beaucoup de p<nnts très-importans pour toutes les connoissances qu'il doit prendre tiaos la marine.
Il seroit bien nécessaire de faire un nouveau mémoire de tous les points contenus en son instruction et en toutes mes dépesches, et de travailler â examiner ce qui ne l'a point encore esté. . .
(Areb. de la Mar. Dépêches concernant la marine, 1670 , fol. U3g.)
Saint-Germain , ag septembre 1 670.
Je VOUS avone que le voyage de mon fils m'a fait peine , à dause du peu
^ De Mm cMé, Seîgnelay avait écrit à ton présentement et je n'ay que le déplaiair de
père, le 7 eeptembrit: «J'eas encore un lé|^ voir ie long tempe que cette maladie m'a fait
aceée de fièvrv renêreâj dernier, mais ee tM- perdre, que je taacheray de réparer par tons
fn, qnî devoit estre mon omiène, elle m'a moyens. 9
, Dieu mcrcyl Ainsy j'en suis quitte
de séjour qu'il a fait à Rochefort jusqu'à présent et du grand travail qu'il a besoin de faire pour son instruction.
Il n'estoit pas besoin pour sa santé, quand elle auroit esté mauvaise, ni d'aller si loin, ni d'aller si vite; en sorte que je ne puis attribuer cette envie qui luy a pris qu'à une impatience et inquiétude qui n'est pas bonne en une affaire de l'importance qu'est son instruction, ou au peu de plaisir qu'il prend à ce travail , ou à ce que , se contentant d'une légère superficie , il croit avoir tout fait en six jours de temps qu'il y a travaillé en deux ou trois reprises. Je crois qu'il y entre un peu de toutes ces trois raisons, et c'est ce qu'il faut combattre et diminuer par tous moyens possibles ; c'est aussy ce que je recommande particulièrement à vos soins et à vostre application ^.
H fatit de nécessité qu'il satisfasse à tous les points contenus en son instruction, et à toutes mes dépesches, et mesme qu'il examine avec vous le plan du règlement général de la police dans les ports ^, que jo luy envoyé aujourd'huy, et qu'il en dresse les titres et les articles. Je ne croyois pas le tenir plus de deux mois à Rochefort; mais sa maladie, le premier voyage de la Rochelle, où il perdit quinze jours de temps fort mal à pro* pos^ et le second voyage, sont cause que j'estime nécessaire qu'il y demeure encore, sinon tout, au moins la plus grande partie du mois prochain, ce que je régleray suivant ce que je recevray de luy par tous les ordinaires. Surtout je souhaiterois fort qu'il ne m'envoyast rien qui ne fust et mieux écrit et plus poly, estant absolument nécessaire qu'il fasse bien tout ce qu'il a à faire , afin qu'il soit en estât de le bien faire faire à ceux qui travailleront sous luy pendant toute sa vie.
Il m'a envoyé, par son laquais, les noms des, vaisseaux qui pourront servir à l'escadre de J'année prochaine, un projet d'instruction pour la
* Golbert écrivait cependant i boa coaaîn quelques joan auparavant, le 99 septembre :
ffll me semble que mon ^Is commence i prendre plaisir â son métier, et je suis trèscontent de tout ce qu*il a fait. Le voyage luy aura esté très-avantageux. Je vous remercie du soin que vous en prenes et vons prie de bien continuer. Surtout tenei la main â ce qu*il exécute tout ce qui est contenu en mes dépesches.. . » (Dép, eone, la tnar, fol. 65i .)
' Le 94 octobre suivant , Golbert écrivait â de Terron au sujet de ce règlement :
ft Je vous prie de prendre toutes les semaines quelques journées ou quelques heures pour
travailler au projet de la police des ports. Je crois que mon 6k vous aura remis auasy le plan de Testablissèment des magasins, qui n*est pas moins important que celuy de la police des ports.
«t J^attends avec impatience des nouveUes de la santé de mon fils et de ce qu^il aura fait depuis les dernien ordres que je luy ay envoyés des^en aller en Provence. Pour vostre santé, travaille! à la conserver, estant ce que nous avons de plus cher et que nous devons toujoure préférer à toute autre chose . . . 9> — Voir aussi ! n* 1 9 et notes.
' Voir pièce n" 5.
mesme escadre et Testât de l'armement. Mais j'ay tfouvd ces mémoires faits avec tant de prëcipitation que je n'ay pas pris plaisir à les voir. 11 faut que vous y travailliez de nouveau avec luy , pour les mettre en meilleur estât
(Aixh. de la Mar. Dcjptfrfcet concernant la marine, 1670 , fol. &65. )