‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 28 sur 258 · AMBASSADEUR A LONDRES · texte numérisé non relu

AMBASSADEUR A LONDRES

Foniaindiileau , 7 aoust 1671.

J'ay bien du regret que M. de Saint-Hilaire ne se soit pas trouvé en Angleterre pendant le temps que mon fils y aura esté, parce qu'il me semble qu'il luy auroit beaucoup servy à prendre toutes les connoissances de la marine; mais j'espère que vous y aurez suppléé d'ailleurs.

Je vous avoue que je regarde le voyage d'Angleterre comme le plus utile et le plus avantageux qu'il fera jamais, pourvu qu'il ayt l'application et le temps nécessaires pour pénétrer tout ce qui concerne la marine^ et en faire la comparaison avec ce qui se pratique dans la marine du roy, pour profiter par ce moyen de tout ce que les Anglois peuvent avoir de bon dans ce métier, qui leur est si naturel , et dans lequel ils ont une si longue expérience et si consommée.

Je vous prie de luy demander les deux instructions que je luy ay données, de le porter à en exécuter tous les points, et de luy donner toutes les facilités pour cela. Mon intention n'est point qu'il précipite son voyage, mais au contraire qu'il y employé tout le temps qui sera nécessaire pour se bien servir de toutes les facilités que vous luy donnerez, examiner à fond tous les points contenus en ses instructions, et suppléer mesme les points qui y peuvent manquer.

Si le roy d'An^eterre est à Londres, je crois qu'il y peut demeurer huit jours au plus pour voir toute la ville, la cour d'Angleterre, rendre ses respects à Sa Majesté Britannique, et commencer desjà à s'instruire

A SEIGNËLAY. 39

de loul ce qu'il peut apprendre de la marine dans ladite ville. Ensuite je souhaite qu'il aille visiter tous les lieux où le roy d'Angleterre retient ses vaisseaux, et ses arsenaux de marine dans la Tamise; qu'il voye les Dunes ' et les autres lieux de retraite des armées navales de Sa Majesté Britanniqae, qu'il s'en aille en poste par terre voir Portsmouth, et, après avoir visité le tout et exécuté tous les points de ses instructions, qu'il repasse en France et y vienne rejoindre le Roy.

DaiË tout ce temps, j'attends bien de voslre amitié que vous le conduirez et l'assisterez de vos conseils dans tout ce qu'il aura à faire dans la ville de Londres et à la cour, et que vous le ferez accompagner par les personnes que vous croirez capables de luy donner les lumières et les instractions nécessaires.

Le Roy a donné l'évesché d'Auxerre h M. de Luçon^, et j'ay eu assez de peine k luy faire accepter cette grâce. Faites-moy sçavoir Testât de la santé de ma sœur, de mes neveux', et assurej&-la de mes services très^humbles.

( Arcb. de la Mar. Dépêchée concernant le commerce, 1671 , fol. 67. )

I 20. — MÉMOIRE

Page 1