DE TOUT CE QUI EST A FAIRE POUR LA MARINE PENDANT L*ESTÉ
(Notes aatographes de Golbert, en marge d'un mémoire de vingt-ijualre pages écrit par Seignelay.)
Paris, 9 juin 1678.
Mémoire sagement raisonné et bien écrit; divisé en articles.
Ce mémoire est fort bien. 11 faut prendre garde à l'écriture. Tout tra- Tail un peu important doit estre relu , corrigé et poly.
Il faudra une autre fois diviser vos mémoires de cette qualité par ar^ tides 1, s, 3, &.
Je feray réponse sur chacun article et j'enverray seulement les réponses pour les reporter sur les articles que vous aurez retenus.
n seroit très-bon et très-utile que mon fils marquast sur chacun article de ce mémoire les points auxquels il peut avoir manqué; parce qu'il n'y a lien de si utile pour se corriger à l'avenir que de bien connoistre les fautes que l'on a faites.
Le fruit que l'on doit tirer en faisant un mémoire comme celuy-cy est, à mesure que Ton voit, par la réflexion que l'on fait en écrivant le mémoire, les choses qui sont à faire, d'en expédier les ordres sur-le-champ; et c'est ce que vous n'avez point fait. 11 faut le faire promptement.
[Au milieu du mémoire de Seignelay, il y a plusieurs lignes qui se terminent jw des mots tracés en demi-cercle. Colbert écrit à ce sujet :]
Toutes ces fins de ligne font pitié ! Il n'y a que les femmes qui écrivent de cette sorte, et jamais homme qui se mesle d'écrire ne doit le faire. . .
[Mus bas, Seignelay ayant exposé certaines difficultés sans donner de solution, son père écrit en r^ard:]
Pour vous former le jugement, il faudroit dire voslre avis sur toutes les difficultés que vous trouverez. . .
[Ailleurs, Seignelay propose de prendre telle ou telle mesure, et Colhert répond ;] 11 n'y a rien de mieux, mais il faut exécuter.
\Colbert termine en disant :]
C'est tout ce que je trouve à ajouter à ce mémoire; mais il ne suffit pas de l'avoir fait, il faut le suivre et le faire exécuter sans aucun retardement.
Ce mémoire m'oblige de vous dire, mon fils, que je n'ay besoin que de vostre volonté.
Je vous dis encore que je ne puis rien ajouter à ce mémoire, que l'exécution. Travaillez-y sans intermission, et vous deviendrez en peu de temps aussy habile qu'il est nécessaire pour bien faire ma charge; mais souvenez-vous qu'il faut de l'application et de la réflexion, et qu'avec ces deux parties tout sera bien.
Il faudroit me renvoyer ce mémoire après que vous aurez pris copie de ce qui est écrit de ma main.
(Bibi. Imp. M88. S. F. 3,oi9, Colhert etSngudmf, V, cote 18, pièce i3.)