‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 49 sur 258 · POUR L'ESCADRE DU LEVANT · texte numérisé non relu

POUR L'ESCADRE DU LEVANT

Penser toujours à la jonction des vaisseaux de Ponant à ceux de Levant, presser leur départ, et donner tous les ordres pour cela. Fixer à un jour certain le payement de la solde de tous les vaisseaux, suivant les règlemens faits; le marquer sur les listes et les mémoires des payemens. Demander et faire venir les inventaires d'armemens de chacun vaisseau, tant de Levant que de Ponant.

Donner les ordres que les règlemens faits pour les vivres soyent exécutés partout, tant pour la visite à faire par les officiers que pour la signature de l'inventaire desdits vivres. Sçavoir certainement pour combien de mois chacun vaisseau en porte; et, après avoir pris cette connoissance certaine, il faut penser continuellement aux moyens et donner tous les ordres nécessaires pour leur en faire fournir la quantité dont ils auront besoin pour autant de temps que le Roy aura ordonné qu'ils demeureront en mer, soit par le moyen des flustes , soit en les faisant tenir prests dans les ports pour les faire embarquer aussytost qu'ils arriveront.

Prendre garde sur toutes choses que les vaisseaux qui doivent estre en mer ne soyent pas longtemps ni dans les ports ni dans les rades.

Penser au retour de M. de Vivonne et disposer les galères à partir aussytost qu'il paroistra.

Penser aussy à faire fournir aux vaisseaux tout ce dont ils auront besoin pour se remettre en mer. Examiner, dès à présent, les vivres et la solde qu'il leur faudra donner.

* Voir pièce n" n3.

Observer que M. de Vivonne ne devoit point laisser la mer sans vaisseau; examiner ce point, le proposer au Roy et luy donner les ordres.

Penser, dès à présent, au désarmement de tous les vaisseaux de Levant.

f^nre pour sçavoir s'il y aura assez de place dans la darse de Toulon;

sânoQ voir si on en pourroit mettre quelques-uns à Marseille; ce qu'il faut

toutefois éviter autant qu'il se pourra , parce que la division des arsenaux

sera toujours contraire au service du roy.

11 faut penser continuellement aux moyens de rendre le Roy maistre de de la Méditerranée, et me faire souvent des propositions pour cela. Ce doit estre là l'application ordinaire de l'esprit de mon fils ; s'en faire une affaire d'honneur et se piquer d'y réussir.

Penser à l'achat et fourniture de toutes les marchandises nécessaires pour le remplacement des magasins suivant les estats expédiés pour cette année, et mesme par augmentation, s'il est nécessaire.

Prendre garde que le sieur Dalliez envoyé le plus grand nombre dé masts qu'il pourra; faire travailler continuellement à la corderie de Toulon.

Dès le mois de juin et de juillet, il faut penser aux vaisseaux qu'il sera nécessaire de tenir dans la Méditerranée pour en rendre le Rôy maistre en hyyeT comme en esté.

Prendre les mesures nécessaires pour estre exactement informé de tout ce qui se passe sur le fait de la marine, en Espagne et en Hollande; les envoyer à M. de Vivonne sans les donner jamais pour certains, ni faire aucun raisonnement sur leur certitude. 11 faut, en mesme temps, penser au commerce de Levant, prendre garde de l'assurer par tous les moyens possibles. A cet effet, penser à maintenir la paix d'Alger, celle de Tunis, et faire les diligences nécessaires pour establir celle de Tripoli. Penser enfin continuellement aux moyens de défendre et conserver les vaisseaux du roy, et attaquer ceux des ennemis de Sa Majesté.

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