‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 7 sur 258 · L INTRODUCTION (ANNEXES · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION (ANNEXES

réserve du Terrible, commande par le sieur Panetier, qui a eu ia poupe emportée par une bombe.

On n'a perdu que quatre officiers dans Tarmëe du Roy, sçavoir : le chevalier de Ciermont, capitaine de galère, embarqué sur le vaisseau k PtmipeuXy et les chevaliers Julliart, de Rothelin et de Cerseaux , enseignes de vaisseau. Le sieur de Lisle, lieutenant des gardes de la marine, a eu un bras emporté; les sieurs de Laurière , lieutenant de galiote , et de Cogoiin , enseigne de vaisseau , ont perdu chacun une jambe , et le sieur de Believille , ayde-major, a été blessé d'un éclat à la teste. Il n'y a eu que &oo gardes, matelots et soldats de tués, et 800 blessés.

11 ne se peut rien ajouter à la fermeté et à la valeur que les officiers et les équipages des vaisseaux ont fait paroistre en cette occasion, et Ton ne peut mieux juger du mérite de leurs actions que par le mauvais estât où se trouvent les ennemis, qui ont esté forcés de se retirer dans la Tamise.

(Areh. àe laMar. Dépêdua de la mar. de Ponant, 1690, fol. isA.)

VIL — A TOLRVILLE.

Sceaux, aa juillel 1690.

J'ay rendu compte au Roy de la lettre que vous m'avez écrite le 1 7 de ce mois, et Sa Majesté continue d'approuver toute la conduite que vous avez eue depuis le combat qui a esté donné le 10 , n'y ayant rien à ajouter à ia fermeté avec laquelle vous avez continué de poursuivre les ennemis. C'est cette fermeté et cette envie de profiter de l'avantage que vous avez remporté sur eux qui leur ont fait perdre le nombre considérable de vaisseaux qu'ils auroient sauvés autrement, et qui ont rendu tous les peuples de la coste tesmoins de la victoire de l'armée du Roy.

Et c'est aussy de la conduite que vous avez tenue en cette occasion si im* portante et glorieuse que je vous fais un compliment d'autant plus véritable que, outre la part que j'y prends par la place où je suis, on ne peut estre plus sensible que je le seray toujours à vos avantages et à vostre gloire; mais, pour pousser à bout cette gloire et ces avantages, il ne faut pas croire que tout soit fait à présent; vous ne faites que commencer, et c'est à cette heure qu'il faut recueillir le fruit de la victoire que vous avez remportée sur les deux nations qui se prétendoient maistresses de la mer.

Pour y parvenir, il faut que vous vous mettiez au-dessus de la manière de penser naturelle à un homme qui commande une armée navale, qui, voyant plusieurs de ses vaisseaux incommodés, veut les avoir tous en estât avant de se mettre en mer, et se laisse mesme quelquefois un peu tenter par la commodité plus grande qu'il trouveroit dans les rades du royaume, tant pour luy que pour ceux qui sont sous son commandement. . .

( Arcb. de lu Mor. Dépêche» de la mar. de Ponant, 1690 , fol. 1 a 1 .)

LE MARQUIS DE SEIGNELAY. li

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