‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 74 sur 258 · GOMMENT LES OFFICIERS QUI SONT REÇUS À L'ARSENAL Y SONT ENRÔLAS · texte numérisé non relu

GOMMENT LES OFFICIERS QUI SONT REÇUS À L'ARSENAL Y SONT ENRÔLAS

Comme il y a une subordination entre tous les oflSciers de Farsenai, et que mesme les ouvriers ont des soldes différentes, on observe depuis longtemps un ordre par lequel chacun d'eux augmente de paye, à commencer depuis le temps qu'ils sont reçus et enrôlés dans le registre de ceux de la maison jusqu'à ce qu'ils parviennent aux premières

La plupart de ceux qui y travaillent y ont este reçus à l'âge de dix ans, n'y ayant aucun qui puisse estre reçu avant cet Age. Il faut qu'ils soyent présentés par un homme du métier qu'ils veulent professer et qu'ils s'attachent à celuy que leurs pères ont exercé, ce qui est une régularité qui s'observe depuis peu. Un garçon qui est reçu à dix ans ou quelques années au-dessus n'a , durant les trois premières années qu'il est reçu, que /i sols par jour; les autres trois années ensuite, il a 8 sols, et pendant deux ans api*ès il a 1 6 sols par jour. Ces huit premières années passées, il prend un certiTH cat de son appuntator pour faire voir le temps qu'il a fait et va se présenter h la banea, c'est-à-dire an conseil de l'arsenal, qui, estant informé de sa capacité, iuy accorde la permission de faire les preuves; lesquelles estant faites en présence du patron de garde, du chef de son métier et de douze maistres qu'on choisit à cet effet, ils ballottent ensuite entre eux pour sçavoir s'il a assez de voix pour estre reçu; et lors qu'ils l'ont jugé capable de l'estre, le conseil l'approuve et Iuy assigne en mesme temps 96 sols par jour; sa paye peut augmenter ensuite de deux en deux années, suivant sa capacité, de 3, 4,6,8,10, 19 et jusqu'à 1 6 sols par jour, ce qui se fait en cette manière : tous les deux ans le sénat fait assembler un conseil dans l'arsenal où se trouvent, avec les trots patrons et les trois provéditeurs ordinaires, un sage-grand, un conseiller, uo sage de terre ferme, un chef de la garantie et un sage des ordres, lesquels tous ensemble font appeler les ouvriers les uns après les autres, et, après s'estre informés de chacun, leur assignent la solde qu'ils jugent à propos, sur le rapport qui leur en est fait. Mais jamais elle ne passe 9 livres par jour pour les charpentiers et 9 livres 9 sols pour les calfats, ces deux sols leiu* estant donnés de plus pour les viroles qu'ils peuvent avoir usées à percer les trous des chevilles qu'on met aux galères. Pour le reste des maistres ouvriers calfats qui n'ont pas atteint la paye de 69 sols, on leur augmente ceQe qu'ils ont de 8 sols par jour du premier mars jusqu'au premier septembre, à cause de la longueur des jours. Quant aux autres ouvriers comme portefaix, ou aux femmes qui cousent les voiles et à celles qui font les estoupes, ils sont payés d'une autre manière; y ayant ea premier lieu deux sortes de portefaix, les uns qui travaillent à journée et les autres à prix fait; ceux qui sont à la journée sont pour le service des charpentiers, pour leur porter le bois qui est nécessaire dans leurs ateliers , leur ayder à le placer, et pour leur aller chercher à boire; on donne quelques-uns de ces portefaix à ceux qui font les rames et à quelques autres ouvriers de l'arsenal. Ceux qui travaillent à prix fait ont 99 sols de chaque chesne qu'ils tirent de l'eau pour le mettre sur les chantiers en estât de pouvoir estre scié; ils sont encore obligés de porter les pièces qui ont esté sciées où les maistres charpentiers leur ordonnent. Quant aux femmes qui cousent les voiles, elles ont 16 sols par jour, et celles qui mettent les estoupes en rodeau ont tant pour cent.

LH>SOaB QDE L'ON TIKNT DANS L'ARSENAL, SUIVANT LES SAISONS, POUR L'ENTRlÊE {T LA SORTIE

Page 1