DE LA MANIÈRE DONT L'ARSENAL DE VENISE EST GOUVERNÉ
L'arsenal de Venise est gouverné par trois nobles dont le ministère dure trente-deux mois, au bout desquels on en nomme trois autres. Us partagent entre eux trois le service qu'ils doivent rendre à l'arsenal , chacim d'eux estant obligé d'y coucher un mois de suite , pendant lequel temps il sert avec une plus grande assiduité que les autres. Celuy-là, pendant son mois, doit avoir le soin d'aller solliciter tous les samedis matin le fonds nécessaire pour la dépense qui s'est faite pendant la semaine et d'en porter an collège Testât pour le faire ballotter et approuver. Il assiste , l'après-disnée du mesme jour, au payement qui se fait tant aux ouvriers qui travaillent à la journée qu'aux entrepreneurs des ouvrages et des fournitures. A ce payement doivent encore se trouver le contrôleur de la caisse et le trésorier qu'on nomme pagatore prineipak ; chacun de ces officiers estant obligé d'écrire dans un registre particulier la distribution de tout l'argent qui se donne en leur présence.
Par-dessus les trois nobles qui ont le détail de la direction de l'arsenal , il y en a trois autres nommés parla République, qui sont tous trois choisis non-seulement parmy les sénateurs les plus anciens , mais encore parmy ceux qui ont eu quelque commandement sur mer; leur fonction est d'assister aux conseils qui se doivent tenir trois fois la semaine entre eux et les premiers trois nobles. Les jours destinés pour ces conseils sont le luudy, le mercredy et le vendredy. Le lundy est destiné pour délibérer sur tout ce qui regarde les ouvriers, sçavoir pour enrôler de nouveaux garçons, augmenter la paye à quelques-uns à mesure qu'ils avancent en âge , recevoir des maistres , faire donner l'ordre pour commencer des galères , et généralement pour parler de toutes les choses qui regardent les ouvriers. Le mercredy est employé à donner la permission aux ouvriers qui travaillent aux constructions particulières hors de l'arsenal de pouvoir faire couper du bois de chesne , cet ordre s'observant pour conserver ces sortes de bois , afin que la République en ayt toujours la quantité qui luy est nécessaire. Il est mesnie défendu
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aui particulière, queiqae permission qu'ils ayent, d'en faire couper dans les teri'es de sa domination de plus de k pieds de grosseur. Le vendredy est employé à faire les marchés pour les fournitures de toutes les choses nécessaires pour Tarsenal , comme fer, |)lonib, poix, chanvre, fustailles, mousquets, vin, huile, suif, etc. et ces marchés, qui sont faits dains le conseil de Tarsenal , ne sont pourtant valides qu'après avoir esté approuvés du sénat; et les conseils particidiers dudit arsenal ne peuvent aussy estre tenus qn'il n'y ayt quatre nobles , deux provéditeurs et deux des autres qui sont commis à la émge de Tarsena!. Les trois nobles qui ont soin du détail de l'arsenal s'appellent patrons, et les trois nobles anciens se nomment provéditetu^.
Le devoir du noble qui est de mois à la garde de Tareenat est de donner tous les matins audience aux ouvriers pour décider sur tous les petits différends qui peuvent uaistre entre eux; il doit encore tenir le Me de tous ceux qui entrent chaque matinée an travail, comme aussy signer tous les billets de la consommation qui a esté faite le jour précédent, aucun maistre de fabrique ne pouvant aller prendre ce qu'il doit employer de clous ou de fer, qu'il ne laisse un billet au garde-magasin d'où il prend ce qui luy est nécessaire, lequel billet doit estre signé le lendemain matin par le noble de garde, qui examine si l'employ de ce qui est porté par le billet a esté véritablement fait De cette sorte, on peut sçavoir au bout de chaque année ce qui s'est employé tous les jours, et l'on sçait aussy tout ce qui est entré et sorty de l'arsenal par le moyen de parais biHets qu'il faut que le mesme noble signe tous les jours pour toutes les choses qui y viennent et pour toutes celles qu'on en tire. Il est encore du soin du noble de garde de faire trois ou quatre fois la semaine une visite par tout l'arsenal pour presser les ouvriers d'achever les fabriques les plus pressées et obliger les officiere à se tenir dans leur devoir et à y tenir les autres.
Outre ces six nobles commis à la garde de l'arsenal ou au conseil qui s'y tient, il y a encore trois autres officiers qui ont, sous l'autorité de ceux-cy, quelque part au gouvernement, estant nécessaire qu'ils assistent à toutes les assemblées. Le premier est le secrétaire, qui instruit et rapporte tous les procès en matière civile ou criminelle qui arrivent dans Teslendue de l'arsenal et dans le ressort de sa juridiction , qui est séparée et indépendante de toutes les autres juridictions particulières de Venise. Le deuxième officier est le procureur fiscal , qui fait la mesme fonction dans ce conseil que font les procureurs généraux dans les parlemens de France; le troisième officier est le grand écrivain, qoi tient registre de toutes les délibérations et de toutes les sentences données, et généralement de tout ce qui se fait dans le conseil de l'arsenal. H tient aussy un registre particulier où sont enrôlés tons les ouvriers qui y travaillent, où est spécifié le temps auquel ils sont entrés au service, afin de leur augmenter la paye à mesure qu'ils avancent en Age , selon l'ordre qui est estably dans l'arsenal , conmie on peut voir dans les articles saivans.
Après ces principaux officiere qui ne regai-dent que le conseil , vient la suite des autres affiders qui régissent, sous l'autorité des première, tout ce qui regarde le détail de raraenal.
Le premier de ceux-cy est l'amiral. Il est choisy entre les plus expérimentés des bas oftdere de marine, estant nécessaire d'avoir dans celte fonction un homme très-habile ea ce métier; il a soin de tous les armemens et désarmemens des galères, et est chargé <le Umt ce qai rentre dans l'arsenal qui concerne les agrès; il doit avoir soin de faire tiner à terre tous les vieux bastimens qui peuvent estre raccommodés et de metti'e à la Bw ceux qui sont achevés , les faire garnir de leure arbres et timons et de toutes les
choses nécessaires pour leur armement. C^est iuy qui doit ordonner de la quantité et de la qualité des cordages qui se font, les voir filer et commettre; il doit donner anssyles premiers ordres pour faire sortir de Tarsenal toutes les choses qui sont nécessaires tant pour fournir les autres arsenaux de la République que pour les travaux et les armemens qui se font hors de la maison, lesquelles choses ne peuvent cependant sortir sans un billet signé par le patron de garde. Il est obligé encore d'assister à son tour le soir et le matin lorsqu^on ferme et qu'on ouvre la porte, et d'en faire porter la clef au patron de garde, comme aussy il doit assister deux ou trois fois par jour an lieu où Ton faille breuvage pour les ouviners , afin qu'on ne mette audit breuvage que la quantité d'eaa qui est ordonnée. Il faut qu'il tienne un registre de tout ce qui regarde sa fonction, tant de ce qu'on Iuy consigne que de ce qui sort par son ordre de l'arsenal.
Après l'amiral , l'officier qui suit et qui a le plus d'autorité après Iuy s'appelle moier. U doit tenir registre général de tout ce qui entre et qui sort, et pour cet effet il doit peser et examiner tout ce qui vient, et ne laisser rien sortir sans un mandement exprès du sénat, et mesme tous les billets du patron de garde doivent estre contre-signes par Iuy ; il a en garde toutes les choses qui se consomment journellement, comme l'huile, le suif, la chandelle , les outils , et doit assister toutes les semaines au magasin de la ferremente pour voir peser et recueillir l'ouvrage des forgerons et pour leur donner ensuite le billet nécessaire pour leur payement.
Après le maser suit le quademier, qui est un officier destiné pour tenir un r^tre de tous les marchés qui se font avec les particuliers pour les fournitures de l'arsenal, où est spécifié ce qui est deu aux marchands ou ce qu'ils doivent sur les avances qu'on leur a faites; il tient encore un autre registre où sont marqués tous les payemens qui se font aux ouvriers qui travaillent hors de l'arsenal , et c'est Iuy qui leur doit donner les billets en vertu desquels ils reçoivent le payement de leur travafl des mains du pagatore général.
Après le qmdemier, vient le seotUro alla cassa, qui est le contrôleur qui doit assister au payement de tous les ouvriers, qui n'est obligé à autre chose qu'à tenir r^pstre de l'argent qui se donne.
Lepagatore vient après, qui est celuy qui doit compter l'argent aux ouvriers et mar^ chauds, et qui doit prendre garde que les payeurs qui sont au-dessous de Iuy payent les ouvriers avec exactitude et manuellement.
Le seotUro alk Ucenze est un officier qui tient un registre de tous les charpentiers et ouvriers hors de l'arsenal pour le service des particuliers qui ont besoin de bois de cbesne, dans lequel il doit marquer le temps et la quantité qu'on en a donné à chacun d'eux afin qu'il ne s'en distribue ni ne s'employe que ce qui a esté ordonné. Il doit aassy prendre l'argent qu'on donne pour chaque billet qui donne permission de coup^ du cbesne, pour en rendre compte ensuite aux officiers de la caisse. Chaque bâlet pour la permission de couper du chesne cx>uste 1 3 livres , et on n'en donne que de six en six mois.
Le scontro alk porte est un homme qui doit se trouver à la porte tous les matins, lorsque les ouvriers entrent au travail , afin qu'après qu'ils ont esté marqués par les appurUatori, il puisse signer le rôle qui fait foy de tous ceux qui sont ou ne sont point entrés. 11 doit encore, tous les samedis, en faire un rôle général et supputer ce qui est deu à chacun; les appuntatori doivent assister à ce compte.
Les appuntatori sont quatre officiers qui doivent se tenir le matin à l'ouverture de la porte de l'arsenal pour marquer tous les ouvriers qui entrent; il y en a deux qui sont
destinés pour marquer les charpentiers . ie troisième pour ies calfoLs , et le quatrième doit marquer ceux qui travaillent aux rames, les forgerons qui travaillent à la journée, et les femmes qui cousent les voiles. Chacun d'eux doit , tous les samedis , faire la rédactkm des sommes qui regardent leur rôle particulier, qui se doivent rapporter à ce qui a esté compté par le seantro aUe ptrrte,
Painlessus les quatre appuntatori, il y a quatre despuntatori , qui , une demy-heure apris que les ouvriers sont entrés , vont par tous les ateliers pour voir si tous les ou- Yiiere qui ont esté marqua travaillent, afin qu*en trouvant quelqu'un en défaut ils le fasBent démarquer.
Par-dessus ces apptmtatm et despuntatori, il y a encore un officier qu'on appelle mendor, qui peut aller à toutes les heures du jour voir si les ouvriers travaillent, et, en cas qa^ii en trouve quelqu'un qui ne soit pas dans son devoir, il luy fait retenir la paye de sa journée.
D y a encore un officier qu'on appelle capitaine, dont la fonction principale est de mettre en prison ceux qui n'observent pas les ordres de l'arsenal ; il doit assister à Tentiée et II la sortie des ouvriers, aGn que le matin on n'apporte point de la viande ou du vin pom* les ouvriers , et le soir poar empescher qu'ils n'emportent ni des copeaux ni des marchandises de l'arsenal.
D y a quatre portiers, qui sont de garde chacun leur semaine. Celuy qui est de garde le doit toujours tenir entre les deux portes , va prendre la clef le matin dans la chambre du patron de garde et la luy doit rapporter tous les soirs. 11 ne doit rien laisser sortir ans un billet signé de sa main et contre-^igné du nuuer et d'un des soprastanti; et, lorsque œ sont des choses dont Tamiral a soin , il faut que ce billet soit encore contre-signe deramiral. D ne doit rien laisser entrer non plus sans un billet signé du patron, et, lorsque les barques qui ont apporté quelque marchandise dans l'arsenal en ressortent, ondes portiers doit les aller visiter pour qu'elles ne remportent rien; et, toutes les fois qœ les ouvriers sortent, tous les quatre portiers y doivent estre pour voir s'ils n'emportent rien de défendu.
Les êopnutanti sont quatre officiers qui ont accoustumé d'estre toujours présens à la porte pour pouvoir tenir compte de tout ce qui entre, pour le mesurer ou le peser suivant la qualité de la marchandise, et en tenir un compte exact et donner des billets h Um ceux a qui on doit quelque chose pour des fournitures , suivant en cela le registre èiquadermer, qui tient compte de tout ce qui est deu; ils doivent aussy. à la sortie des galères ou autres bastimens, vérifier si tout ce qui est nécessaire y est dedans, comme aoasy prendre garde s'il y a quelque chose de superflu et qui n'ayt point esté donné par le sàiat. Et pour cet effet ils donnent des billets , sans lesquels rien ne peut sortir de fanenal.
D y a encore à la porte deux estimateurs , qui ne font autre chose que juger de la qualité du bois qui entre, y mettre le prix , le mesurer et vérifier s'il est de la grosseur et longoeor portées par les prix faits avec les marchands. Et suivant le rapport qu'il en fait an fudtrwr, celuy-cy écrit sur son livre ce qui est deu auxdits marchands , à proportioii de ce qu'ils ont foumy. Ces deux estimateurs ont encore le soin d'aller trois fois la semaine mesurer le bois qu'on a sdé, afin de faire payer aux scieurs ce qui leur est deu suivant le marché fait avec eux. Us vont aussy par la ville dans tous les ateliers oii il peut y avoir du chesne, pour voir si on n'en a pas coupé sans permission, et examiner si cduy qui a esté coupé a plus de h pieds de grosseur, et, lorsqu'ils n'y trouvent lien \ dire, ils le marquent et souscrivent la permission afin qu'elle leur serve de justifi-
cation pour pouvoir demander une autre permission six mois après; et lorsque lesdits bois sont trouves d'une grosseur défendue ils sont confisqués, ^ celuy entre les mains duquel ils sont trouvés et à qui ils appartiennent ne peut plus obtenir permission pour en couper.
Il y a quatre maistres fondeurs dans Tarsenal , auxquels on fournit la matière pour h fonte des canons et tout ce qui concerne Tartillerie ; ils sont obligés de leur cosbi de fournir des hommes et le bois , et lorsqu'ils ont rendu leul^ pièces en bon estât on leur donne tant par millier.
Il y a un entrepreneur pour le salpestre, auquel on ne fournit pour ses ouvrages que le bois, luy estant payé tant par millier lorsqu'il a consigné sa marchandise.
Le balanzan est un officier qui a soin de tout ce qui concerne Tartillerie , qui reçoit les canons des mains des fondeurs, le salpestre des mains du salpestrier, et de tout le reste comme boulets , balles de mousquet , mèches et enfin tout ce qui r^farde le feu , bombes , mortiers, grenades, et il doit encore avoir soin de faire porter sur les bastimens 1 artillerie qui leur est nécessaire h leur sortie, et de la retirer lorsqu'ils reviennent.
Le maistre de la cave est celuy qui a soin de faire la boisson qu'on donne aux ouvriers, ce qu'il doit faire en présence de quelques officiers de l'arsenal. Il reçoit avec l'un des soprastatUi tout le vin que l'on apporte à l'arsenal et le marque sur un registre, mettant le détail de la consonomation dans un autre.
Pour la seureté de l'arsenal, il y a un capitaine des gardes qui a le soin de placer quatre sentinelles dans chaque tour de l'arsenal; et d'heure en heure un de ceux qui sont dans la tour du clocher doit appeler à haute voix cçux qui sont dans les autres tours, qui loy donnent réponse en sonnant une clochette.
Le chef des charpentiers, qu'ils noounent proto deimarangcni, doit avoir le soin de diviser ses ouvriers dans tous les ateliers de l'arsenal sdon qu'ils sont nécessaires dans chaque fabrique; il doit prendre garde que les galères soyent faites dans leurs justes proportions; il tient registre du temps où le bastiment a esté finy (il faut le laisser deux ans sur le chantier après qu'il a esté fait) afin que les plus anciens soyent mis à la mer avant les autres. Il doit, tous les quatre mois, se trouver un mois de suite à son tour, comme font l'amiral et deux autres officiers, à l'ouverture de la porte de l'arsenal, et assister lorsqu'on fait le breuvage. Il a par-dessus cela le soin de tout le bois de sapin afin qu'il soit conservé, scié et travaillé en son temps. D doit visiter toutes les galères qui sortent de l'arsenal ; il a sous luy dix maistres bastisseurs de galères qui commandent aux ouvriers qui sont dans leurs ateliers, et dix autres maistres qui ont soin de faire travailler les rames, les aibres, les poulies et autres parties de la galère, sous l'espérance de devenir eux-mesmes maistres bastisseurs on chefs d'oeuvres.
Le chef des calfats a la mesme juridiction sur ceux de son métier qu'a le charpentier sur les siens ; il a quatre chefs d'œuvres sous luy qui commandent les calfats des eslonpes, et quatre autres qui commandent aux autres cidfats qu'on appelle perceurs , qui sont ceux qui font des trous pour les chevilles ; il doit prendre garde de mettre toujours son monde aux galères qui sont les premières achevées, afin que le bois des autres ayt le temps de se sécher. Il est encore obligé , comme l'amiral et le maistre des charpentiers , d'assister un mois de suite, de quatre en quatre mois, à la porte de l'arsenal, lorsqu'on l'ouvre et qu'on la ferme, et de voir de quelle sorte on fait le breuvage.
Le proto dei remeri, ou maistre des rames, fait faire toutes les rames dans les mesures nécessaires pour chaque bastiment, devant avoir la prévoyance d'en faire de toutes les sortes par avance , et de les conserver dans un magasin ; il a soin encore de faii*e faii'e
les manches des esponlons, des hallebardes, des piques, les baguettes des mousquets et antres bois de cette sorte qui sont nécessaires.
Le maistre des arbres, qu'ils appellent proto degli arbori, est celuy qui a soin de conserver les arbres, antennes et timons jusqu à ce que les bastimens ayent este mis h la mer, pour les pouvoir placer quand ils doivent sortir. 11 faut qu'il aille dans les forests oà Ton coupe les arbres, afin de voir qu'ils soyent coupés dans leur temps, que ce soit dn bois sans défaut et dans les proportions nécessaires; il doit aussy, tous les quatre omis, assister à son tour à la porte et au lieu où on fait la boisson, comme Tamiral, et les autres officiers qui y vont chacun à leur tour.
Le proto des poulies a soin de faire faire toutes les tailles, les poulies, masse-près, pastèques et autres enchftssures, connue aussy les calcets des arbres et tout ce qui sert au mamemeot des cordages d'une galère. Les tailles sont les enchâssures des poulies; les masse-près en sont une autre sorte. Les calcets sont les enchâssures des poulies qui sont an bout des arbres et qui servent à tirer l'antenne.
Le profo deifabri, ou maistre des forgerons, doit avoir l'œil sur tous les ouvrages qui se font dans la forge, prendre garde qu'ils soyent de la qualité nécessaire, et en présence du ma$er faire peser tout ce qui sort de la forge pour le séparer en deux magasins, l'un pour la grosse et l'autre pour la petite ferremente.
Le maistre des perceurs n'a d'autre soin que de partager dans les ateliers les ouvriers qui sont au-dessous de luy et de donner aux forgerons la mesure des clous et du reste da fer qui s'employe dans l'ouvrage.
Le maistre des scieurs doit visiter trois fois la semaine avec deux estimateurs tout le bois qui a esté scié, pour le marquer et faire payer les ouvriers suivant le travail.
Le maistre des maçons est obligé pendant la pluie de marcher par tout l'arsenal pour voir s'il pleut dans les halles, pour y donner ordre en mesme trâips, conune aussy 3 doit vkiter de temps en temps les murailles et les quais afin de voir s'ils sont en bon ordre.
Le maistre de la oorderie, on proto délia /une, doit prendre garde que le chanvre soit bien peigné, que les gumes et les autres cordages soyent bien filés et conunis, et que tout ce qui est de sa charge soit en seureté et bien conservé.
Chacun de cesproti ou maistres susdits , excepté celuy des perceurs et des scies, a sous Iny an êotto proto, ou sous-maistre, afin qu'en son absence il y ayt toujours quelqu'un qui commande à l'ouvrage ; ces sous-maistres , comme les maistres des scies , des perceurs ei des poulies , sont payés à la journée , et tous les autres maistres de plus de conséquence «nt payés au mois, et presque tous sont logés proche l'arsenal aux dépens de la Répu- Uique.
fl y a quatre maistres armuriers, qu'on appelle proti allé salle, auxquels on donne Sodocats par mois pour avoir soin de faire nettoyer toutes les armes , qu'Us doivent tenir 01 bon estât. Ce sont eux aussy qui gardent les cleb desdites salles.
B y a encore sept sopraetanti, qui sont sept bas officiers qui ont chacun des fonctions dil&CDtes : Tan a soin de garder l'estoupe, l'autre la poix, un autre la grosse ferrenoite, un autre la menue, et aucun d'eux ne peut rien donner sans un billet. D y en a on qui a soin de dresser les pièces qui soutiennent la quille des galères ; un autre a soin d'y mettre les estais pour les soutenir à mesure qu'on les bastit; et le dernier a soin d'y QwUre les bois qui sont nécessaires pour les mettre à la mer ou les en retirer : ces bois rappellent en Levant vazades.