SUR LA SOLDE DES VAISSEAUX DE BREST
( Minute autographe.)
Avant rannëe 1 66â , les éqnipages des vaisseaux n*estoient payés que de quatre BKHS lorsqu'ils en avoient servy six.
Depuis cette année, ils ont toujours esté payés d'autant de mois qu'ils ont servy. Cest ce qui doit obliger à n'estre pas si exact à payer les appointemens du jour précis qoe les vaisseaux sont armés.
De plus, il n'y a rien à quoy nous devions nous appliquer davantage qu'à obliger les officiers à sortir des rades et se mettre en mer. Pour cela il faut exécuter ponctuellemot le Tellement, qui porte que la solde ne commencera à courir que du jour que les vrâeanx seront mis dans les grandes rades et que les équipages ne pourront plus mettre piedi terre. Et mesme, si les officiers en abusent, il faudra encore restreindre ce temps.
n fiiut faire les calculs sur ce pied, c'est-à-dire pour six mois au plus; les appointemens, tables et toutes autres dépenses, idem.
M. le Vice-Amiral a reçu pour sept mois de table et d'appointemens; il faut luy Hosser*
Pour appliquer cette règle aux vaisseaux de la grande escadre, il semble qu'à Brest etàRodiefort ils n'ont esté mis à la grande rade que vers le 90 ou 95 avril. C'est ce qu'il feut vérifier exactement, et prendre soin de marquer sur nos registres et sur nos listes le jour certain que leur solde commencera , dès le temps qu'ils mettront à la voile , afin que cda ne donne jamais aucun embarras dans les calculs.
Pour le temps auquel finira la solde par le désarmement , mon Gis a vu , par les lettres d'Angleterre, que les vaisseaux anglois n'ont de vivres que jusqu'au 10 septembre, et ainsy certainement les vaisseaux du Roy pourroient désarmer au dernier septembre oa an plus tard au i5 octobre.
Sor tout ce qu'il faut remettre en chacun port, il faut retenir environ un sixième ou septième, parce qu'il faut toujours présupposer que, par la mort, maladie, désertion OD antres aecidens, il y aura toujours quelques deniers revenant^bons , joint que l'on pourra tonjours envoyer des supplémens de fonds; par exemple à Brest, où il faut i&4,939 livres, il faut envoyer 190,000 livres et ainsy du reste.
Observer qu'il faut que les ordres soyent fort dairs et qu'ils parlent d'envoyer la somme de six vingt mille livres pour, avec 9,000 livres d'une p^rt et 6,000 livres d'une aotre, remises le 11 janvier, i5,ooo livres le 19 février, 58,&59 livres te 6 may, remises à Brest, et 5,5o3 livres remises en Angleterre le 90 juin, faire 986,959 livres '.
(Arch. de la Mor. Mss. orig. CoWert et Seignelay, pièce 90.)
* L'addition donne si3,955 et non fl8/i,359 livres.