OBSERVATIONS SUR GBT AVIS
Cet estabiissement a esté commencé par M. le cardinal de Richelieu; continué et affermy par M. d'Aiguillon ; confirmé par lettres patentes du s 9 juillet 1 6i^ 6 , enregistrées daus les compagm'es.
Les dépenses sont fixées k 9,000 livres par an, employées dans les estats, et à 3 sols par chaque forçat.
Ces 3 sols doivent estre payés par les ordres et sur les rôles arrestés par le commis* saire et contrôleur, et, par conséquent, de Tintendant
D bat des gens de piété pour prendre soin d'un hospital.
Les administrateurs choisissent quatre personnes tons les ans; et le droit d'en prendre deux de ce nombre appartient au général.
Si l'on change cet estabiissement pour en faire un autre , il faut que les lettres soyent portées en la Qiambre des comptes.
U y aora des oppositions.
Le public verra qu'on l'oste k des gens de bien et de vertu, qui ne prennent soin de cet hospital que par un principe de piété et de charité, sans aucun émolument, poiu* le donner À un intendant qui, souvent et presque toujours, n'aura pas les qualités néeeasaires ni les principes de piété et de vertu qui sont la base et le fondement de cet ouvrage, et h deux capitaines de galère, qui ont encore moins ces principes.
L'intendant a trop d'aifaires pour s'appliquer à un estabiissement qui est très-grand , incommode et ingrat , et qui ne peut estre fait que par un principe de charité et de piété.
Les capitaines de galère sont souvent en mer.
Qui est-ce qui prendra le soin de cet hospital pendant ce temps?
De plus, c'est un estabiissement fait par un très-grand personnage , qui a continué et qui s'est maintenu depuis trente ans.
Le bon sens veut-il que, sur le rapport d'un homme fait comme Brodart, vous allies renverser et changer cet estabiissement?
De plus, le choix de deiu administrateurs de quatre est un droit du général des galères.
Si vous retenez pour le Roy le choix des deux capitaines de galère , auxquels vous Toales donner celte administration , le général aura raison de se plaindre , et vous n'en vieodres point à bout.
Si vous laissez ce choix au général , il se fera pour compte et pour commerce , et toute cette administration se tournera en friponneries.
Observez que dans Testât des galères il est fait fonds de s 1 ,soo livres en quatre articles.
Considérez , je vous prie , combiea il est nécessaire qae yoos appesantissiez Yostre esprit, pour bien avancer une affaire et en bien juger, et &à queb inconvénîens, en petites et en grandes cboses, vous tomberez si vous ne suivez en cda le coDseii que je vous donne depuis si longtemps.
Voicy mon avis :
Il faut réduire cet hospital aux termes des lettres de son establissement;
C'est-à-dire, donner aux directeurs et administrateurs les 9,000 livres portées par lesdites lettres; faire arrester par Tintendant, tous les trois mois, le rôle des forçats qui y seront envoyés, et leur faire payer, à raison de 3 sols par jour pour chacun; obUger les directeurs de donner un double du compte de leur administration, tous les ans, suivant Tarrest d'enregistrement de la Chambre.
Il est diiOSciie qu'il y ayt aucun abus dans cette administration, si les forçats y sont bien reçus, et s'ils y sont bien pansés, bien médicamentés et guéris.
S'il se trouve quelque abus, on y peut remédier, sans rien changer.
Alors vous espargnerez toujours 2,000 Uvres au roy, pour chacun an. Si les administrateurs s'en plaignent et les demandent, alors vous pourrez examiner ce qu'il y aura à faire pour rendre cette administration encore plus paifaite.
Considérez combien ce Brodart est un pauvre homme, de n'avoir pas l'esprit de bm connoistre ces lettres patentes, puisque par ce moyen il est mention de 3 sob par jour, et qu'il peut faire donner tous les ans le double du compte de l'administrati^m.
Il auroit esté à souhaiter que vous ne m'eussiez pas donné la peine de faire un auasy grand mémoire que celuy-cy. Pourvu qu'il serve à vous faire prendre une ferme résolution de ne point juger si légèi*ement et d'approfondir davantage leamatiàres, ee me sera une grande satisfaction.
Si vous suivez bien ce conseil, en six mois ou un an de temps, vous vous aœoustumerez à cette manière solide et serez capable de conduire toutes choses ainay qu'il convient pour le service du roy.
Si vous ne le faites pas , il est vray que vous renverserez légèrement tons les esftaUissemens, et, en chemin faisant et avant que vous en ayez beaucoup fait, vous vous renverserez vous-mesme; c'est à quoy vous devez bien prendre garde.
(BiU. Imp. Mf0. S. F. 3,oift, Colbert et Stif^nday, TI, eote 31 , pièce i3.)
( L«tlre origioaie. )
Calais, 3 juiu 1679.
Mémoire de Testât du vaisseau et de l'équipage du N^tune\ et de ce que f ay fait dessus.
Estant party du Havre le 3 1 may à la pointe du jour pour me rendre sur le vaisseau k Neptune, je le trouvay à la rade du Havre eu estât de recevoir le Roy, si Sa Majesté Tavoit vu cette année.
Je commençay par visiter le vaisseau par dehors , et je le trouvay une des plus belles frégates que j'aye jamais vues à la mer de cette grandeur. Tout estoit dans une propreté
K Voir Marine, pièces n*" 5a5, 5a6, r>a9, 587 et noips.