‹ Lettres, instructions et mémoires de ColbertChapitre 55 sur 108 · L. M. de Mailkvrieh · texte numérisé non relu

L. M. de Mailkvrieh

P. S. Je vous prie de garder ma lettre : elle vous sera un préservatif contre les impressions désavantageuses que l'on cherchera peut-eslrc à vous donner; et qu'elle soit, s'il vous plaist, pour vous seul3.

1 Dans l'opinion de M. Louis Paris, les fuis de recevoir du marquis de Maulevricr sont , sur ce point encore, inadmissibles. Les Coquebert, dil M. Paris, étaient, au xvu" siècle, d'une meilleure souclie (pie les Colbert auxquels ils se sont alliés. Quant a la différence ■ l'orthographe (des Colberl ou Collebert), n laquelle fail al-

lusion le marquis de Ma» lévrier, cite parail sans valeur à M. Louis Paris, par le motif que, antérieurement au iv m* siècle, on n'allachait aucune importance à l'orthographe des noms propres.

* L'avantage d'être Ecottou !

Bibl. Imp. Mss. Collection de Chamjmg^

APPENDICE. 473

Que conclure de ce qui précède ?

Dans l'opinion de personnes très-compétentes et tout à fait désintéressées , les généalogies tendant à prouver que la famille de Colbert est d'origine écossaise reposent sur des bases fantastiques cl iront aucune authenticité. D'ailleurs, ni l'auteur du Dictionnaire des grands officiers de la couronne, le père Anselme, dont les assertions font autorité, ni La Chesnaye des Bois, auteur du Dictionnaire de la noblesse, ne parlent de cette filiation à laquelle il ne saurait y avoir lieu de s'arrêter.

La prétention exprimée dans la note adressée, en 1839, à M. Eugène Sue, et que nous avons reproduite plus haut, est-elle mieux fondée?

Le père, le parrain et la marraine de Colbert étaient-ils, comme le dit celte note , complètement étrangers au commerce?

Oui, si l'on veut s'en tenir étroitement à la lettre de l'extrait de naissance de Colbert que nous avons cité plus haut.

Non, si Ton admet (et il est impossible de faire autrement) les faits résultant de la correspondance dont Grosley de Troyes a donné des extraits et qui constate, d'une manière certaine, que Marie Bachelier faisait le commerce cl qu'elle a été associée, après la mort de son mari, avec le père et un oncle germain de Colbert.

Les ancêtres de Colbert étaient incontestablement marchands ou commerçants. Quelques-uns, s'étant enrichis, achetèrent, vers la fin du xvie siècle et au commencement du xvn% des charges publiques. Tel fut Colbert de Saint- Pouange et de Villacerf , qui épousa la sœur de Michel Le Tellier, dont la famille appartenait d'ailleurs à la bourgeoisie de Paris. Il y eut alors des Colbert dans les emplois publics, et des Colbert commerçants. Le père de J. B. Colbert fut, pendant un temps, de ces derniers. N'ayant pas réussi dans le commerce, il dut songer plus lard à prendre une autre carrière. L'extrait suivant du Journal d'Olivier d'Ormesson contient, sur ce point, des renseignements précieux.

«M. Carpentier m'a dit connoistre depuis longtemps toute la famille de M. Colbert; que M. Colbert, sieur de Vandières, son père, estoit marchand de camelot à Reims, demeurant à l'enseigne du Long-Vestu1 ; qu'ayant donné un soufflet à un avocat, il fut obligé de venir à Paris, et demeura toujours depuis dans la rue Grenier-Saint-Ladre où il est mort, et acheta une charge de payeur des rentes de la Ville. M. de Montmorl m'a dit plusieurs fois que le sieur Colvol. 1 a3, fol. 9o5. C'est la lettre originale. Elle sur une tablette de marbre noir, l'inscription

a été insérée dans le Cabinet hùtoriauc , publié suivante : par M. Louis Paris, fi* année, 7' livraison, Jean-Baptiste Colbeet,

juillet 1860, p. 80. Ministre d'Ktal tout Loait XIV,

1 La maison où Colbert a vu le jour est «' ni dont cette maint»,

située rue de Gérés, près de la place Boy aie,

U 29 août t6î9.

i R.ims; relie maison porto, en lettres d'or, Cette pierre comroémoralive , placée, en

Mk APPENDICE.

bert, payeur, avoit fait deux fois banqueroute, et que son père luy avoit aydé deux fois à se relever. Pour moy, j'ay vu ce bonhomme petit marguillier à Saint-Nicolas; il avoit fort bonne façon et estoit honneste homme. . . J'appris encore de M. Carpentier que le père de M. Pussort estoit un marchand de drap, de Reims, qui s'allia avec M. Colbert de Vandières'.t»

Le conseiller d'Ormesson, rapporteur dans le procès Fouquet, avait eu, il est vrai, beaucoup à se plaindre de Colbert. N'aurait-il pas adopté, avec quelque partialité, sur cette question, l'opinion des contemporains? On pourrait le craindre si son assertion n'était confirmée, sur un point très-important, par un propre frère de Jean-Baptiste Colbert. Voici, en effet, ce qu'on lit dans une lettre que lui écrivit, le 22 juin 1661, Nicolas Colbert, qui fut depuis évêque de Luçon et ensuite d'Auxerre :

«Mon père traite d'une charge de secrétaire du roy, de nouvelle création, avec Berryer. C'est pour suppléer au moyen que vous n'avez pas gousté, qui estoit de se faire réhabiliter. Je m'étonne que ces imaginations durent si longtemps. Cependant cette pensée n'est peut-estre pas mauvaise, en ce qu'elle fera mettre une somme de 18,000 livres en seureté, si ces achats sont bons2. . . »

Pour que le père de Colbert ait eu le projet de se faire réhabiliter, il fallait évidemment qu'il eût exercé le commerce, et que ses affaires n'eussent pas prospéré.

Cela dit, nous croyons devoir publier in extenso une généalogie de la maison de Colbert, que nous trouvons à la Bibliothèque Impériale, dans le précieux fonds dit Collection de Champagne. Nous donnons cette pièce de préférence à d'autres généalogies, moins complètes, qui se trouvent dans le carton du Cabinet des titres de la même bibliothèque. Un savant distingué, à qui nous devons un grand nombre d'utiles renseignements et qui a publié sur la province de Champagne, d'où il est originaire, des travaux justement estimés, M. Louis Paris, nous écrit, au sujet de la généalogie qu'on va lire :

«Quant à la pièce extraite de la Collection de Champagne, elle est faite sur les titres et documents fournis, tant par les archives de la ville que par les études de notaires et greffes des tribunaux. Elle me parait avoir été écrite par Félix de La Salle, célèbre bibliophile rémois, qui fut un temps collaborateur d'Anquetil à l'Histoire de Reims , et dont le cabinet a été partagé entre la ville de Reims et la Bibliothèque Impériale. Les documents provenant de cette source sont arrivés aux mains de l'évéque La Ravaillère, dont les travaux furent réunis à ceux des Bénédictins, chargés d'écrire l'histoire de la Champagne.»

1 8q5 , à l'occasion du sacre de Charles X, 1 Journal d'Olivier Lefevre d'Ornuvton, II.

cacherait, dit-on, l'enseigne Au Long-Vestu, 486 à 688.

qui aurait, suivant l'abbé de Choisy et beau- * Biblioth. Imp. Mss. Bal.ue, Papier» de*

coup d'autres auteurs contemporains , servi au Armoire», vol. 36a. fol. 14. (Lettre

grand-pV de Colberl. graphe. )

APPENDICE

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