‹ Lettres, instructions et mémoires de ColbertChapitre 54 sur 108 · GÉNÉALOGIE DES COLBERT · texte numérisé non relu

GÉNÉALOGIE DES COLBERT

"Edouard de Colbert, né en ia84, dont la famille est fort connue en Ecosse , estoit dans la garde écossoise de Louis HuUn; il vint à Reims en t'itlt et s'y maria par amourettes.

«De ce mariage naquit, en 1 3 1 5 , un Édonard Colbert, lequel, après avoir longtemps porté les armes, revint à Reims avec un fds né en i36i. Sa femme se nomraoit Vautour ou Vauturge; sa famille n'a pas esté connue. Il mourut en i38o.

«Il eut :

••touques, qui mourut en 1619, eleul, entre autres, Gilles, né en i3<)Q, mort en 1 660, qui eut Philippe, né en 1 668, et mort en 1067, et père de Evrard ou Édouard, né en • 665, et mort en i53n.

• Il y a entre cette généalogie et celle que nous publions, page 676, quelques différences. D'après l» dernière, ce Gérard a pour père Jean Colbert, maçon, qui avait épousé Marie Tbuillier, et se* peut*l i I - , de Mont-Saint-Pierre et Manesson , auraient laissé des descendants. Le père de Jean-Baptiste Colbert. secrétaire d'Etat.

Cet abbé est nommé Oudartdans la généalogie que nous reproduirons pins loin.

«Gérard, Gis d'Édouard* , naquit en i4u3. Il eut d'une première femme: Oudart, Gérard,

de Reims, et Toussaint Colbert.

«Gtrard eut MM. du Mont-Saint-Pierre, de Magneux , et de Manesson , qui sont morts sans masles.

«Jean et Toussaint sont auasy morts sans enfans.

«Oudart a eu Gérard, dont la postérité est à Paris, Simon, secrétaire du roy, mort san*

ïe, né en 1557. (Il eut cette charge pour avoir bien servy le roy du temps de la ligue, ayant mesme esté contraint de se sauver par-dessus les murailles de la ville de Reims. Il estoit seigneur de Terron.) Oudart, sieur de Ville-a-Cerf, secrétaire da roy, el Nicolas, abbé de Saint-Sauveur de Vertus.

«Jean, sieur de Terron, a eu Jean, sieur de Terron, Nicolas, sieur de tandières**. Charles, président et lieutenant général à Reims, et Edouard***, abbé de Saint- San veur.* (Bibl. Imp. Mss. Cabinet des titres. Colbert, foi. 696 bis.)

APPENDICE. «71

découvrit, dans l'église des Cordeiiers de Reims , une tombe de inarbre noir, avec un écusson au milieu duquel figurait la couleuvre tortillée en pal. Autour de cette pierre, posée au bas des marches d'un autel, était gravée l'épitaphe suivante :

€^%tt Ig prmf fbfOûUtr «trljarb «olbrrt Mt Ig Oxoedote ht f 1300.

Priw par i'amt ht Ig.

Colbert, dit-on encore, conduisit son gendre, le duc de Chevreuse, devant l'autel de l'église des Cordeiiers , et le fit placer de telle sorte que cette inscription, à moitié effacée, ne pût pas échapper à son attention l.

On ne peut aujourd'hui former à ce sujet que des conjectures. 11 faut, pour s'appuyer sur des faits certains, arriver à une lettre écrite en 1759 à dom Taillandier2, par un petit-neveu de Colbert, de la branche des Maulevrier.

Plombières, ih juillet 175g.

«rj'ay esté très-sensible, mou révérend père, à vostre attention à vouloir bien ra'instruire de vostre projet pour ce qui regarde l'extraction des grands hommes que la province de Champagne a produits. Rien de plus obligeant que ce que vous me dites de M. Colbert. Je compte sur la parole que vous voulez bien me donner; et lorsque vous en serez à cette partie de vostre histoire, vous me permettrez de vous exposer la vérité sur ce qui concerne nostre origine.

tt L'Ecosse a vu naistre mes premiers ancestres : les aisnés y existent encore sous le nom de Colbert, barons de Castelhill ; de leurs cadets passèrent en France, vers le xu* ou xme siècle. Eux ou leurs descendans s'establirent en Champagne; ils y formèrent plusieurs branches, de l'une desquelles est venu celuy dont vous me faites l'honneur de me parler. Ses pères n'avoient pas ton-

1 Bibl. Irap. Mss. Cabinet des titres. — L'au- ayant passé à Reims. M. Colberl l'alla voir,

leur donne ensuite la généalogie des Colbert suivi du marquis de Seignelay son Gis, et des

d'Ecosse venus en France en ia8i. ( Carton ducs de Chevreuse et de Beauvilliers , ses

Colbert, p. »3.) dres, et qu'après une courte visite il

La visite aux Cordeiiers est racontée comme en carrosse, et dit au cocher : Touche aux Cor-

il suit par un contemporain, très-mélé à la delien! L'archevêque, curieux, envoya un gri-

taute société de son temps, l'abbé de Cboisy : son voir ce qu'ils y faisoient; il trouva M. Col-

■ Colbert, dit-il , se piquoit d'une grande nais- bert à genoux sur la prétendue tombe de ses

et avoil là-dessus un furieux foible; s'il ancêtres, (Usant des psaumes et en faisant dire

avoit tort ou raison , je m'en rapporte aux gé- à ses gendres fort dévotement. « Il croyoit trom-

r»;alogistes. Il fit enlever, la nuit, dans l'église «per tout l'univers, ajoute le bon archevêque. 11

des Cordeiiers de Reims , une tombe de pierre Et ce qui est plaisant, c'est que M. de Seigne-

où étoit l'épitaphe de son grand-père, mar- lay étoit de bonne foi, et se croyoit 1

chand de laine, demeurant à l'enseigne du des rois d'Écosse.* (Mém. de l'abbé de Choiey,

Long- Vêtu, et en fit mettre une autre d'une Coll. Petitot, 9' série, iv, 319.) ♦ieille pierre où l'on avoit gravé en vieux * Dom Taillandier (Charles-Louis), béne-

langage les hauts faits du chevalier Colberl, dictin de la congrégation de Saint-Maur, né eu originaire d'Écosse. L'archevêque de Reims t7o5. Un des savants continuateurs de l'His-

m'a conté que , quelque temps après , la rour loire de la jirovinre de Bretagne. Mort en 1 786.

APPENDICE

jours vécu dans l'aysancc: quelques-uns de leurs eu fans ont esté, je crois, dans le commerce, usage eslabiy dans toute la Grande-Bretagne. La ligue directe de M. Colberl n'a point eu recours à cette ressource; mais l'envie s'est servie do M. l'abbé de Saint-Pierre, de M. l'abbé de Clioisy, d'Amclot de La Houssaye et eu dernier lieu du sieur de La Beaumcllc, dans sa première édition des Mémoires de madame de Maintcnon , pour tascher de persuader que nous oc sortions point d'Écosse et que nous venions de famille marchande. L'épitaphe qui est aux Cordeliers de Reims est une preuve incontestable qu'un Colbert venu d'Ecosse est mort en cette ville , où il paroist que depuis lors mes ayeux ont toujours esté, et à Fismcs. Deux frères de celuy qui est en Ecosse sont en France : l'un, lieutenant-colouel du régiment Royal-Écossois, et l'autre est abbé et demeure à Paris. Cette branche nous a toujours reconnus pour estre de leur maison. De plus, un acte authentique du parlement d'Écosse reconnoist et atteste que nous sommes originaires de ce pays et d'extraction noble. Ces preuves suffiraient pour toute autre maisou, mais l'envie ne s'est jamais lassée de tascher de les détruire ; c'est ce que j'espère empescher. J'ose me flatter que vous ne me refuserez pas vostre secours, ne vous demandant au reste que d'écrire d'après les preuves dont j'ay l'honneur de vous parler et celles que je vous produiray, comme les preuves de chevalier de l'ordre du Saint-Esprit faites par mon grand-père en iC88; différentes preuves fournies à l'ordre de Malte avant ce temps; après cela, tous les titres qui prouvent, autant que possible, la filiation. Ce qui peut favoriser les ennemis de mon nom est une famille de Coquebert et une autre de Collebert, qui sont encore en Champagne: les premiers tombent pour peu que l'on sçache lire1, et il a esté prescrit aux seconds d'écrire leur nom par deux LL, afin qu'ils ne puissent pas se dire de mesme nom que nous.

*r Voilà, mon révérend père, les armes dont se servent nos ennemis pour tascher de nous enlever l'avantage d'eslre d'origine noble et Ecossois3. Je vous demande mille pardons de cet ennuyeux détail et je vous supplie d'estre persuadé de toute ma reconnoissance et de la sincérité des sentimens avec lesquels j'ay l'honneur d'estre, mon révérend père, vostre très-humble et très-obéissant serviteur,

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