IX. — M AZAIUN A LOUIS XIV
Monllieu [Angoumoisj, li juillet 1609.
Vous trouverez cy-joint un paquet qui m'a esté adressé d'un lieu 1 auprès de La Rochelle, et vous me permettrez de vous dire, avec le respect et la soumission que je vous dois, que bien que ma complaisance pour les choses que vous avez souhaitées ayt toujours esté au dernier point, quand je voyois de vous les pouvoir rendre sans préjudicier à vostre service et à vostre gloire, et que je voudrais bien avoir le moyen d'en user de mesme en ce rencontre, néanmoins, .Vagissant de ma réputation et de celle d'une personne 2 que vous honorez de vostre bienveillance, qui assurément recevrait une atteinte irréparable si vous n'aviez la bonté de rompre le commerce que vous entretenez avec tant d'éclat, je vous conjure de le faire; et quoyque, estant comme vous estes le plus juste et raisonnable de tous les hommes, je ne doive pas douter que, parce seul motif, vous m'accordiez cette grâce, je veux pourtant la recevoir comme la plus grande
' Le |wquel était venu de Krouagc, où le* 1 Marie do Mancini, donl le Roi était aniou-
nières du (Ordinal étaient alors. reux. (Voir lettnw ao3, -33 "» i3ft.)
504 APPENDICE
récompense que vous me puissiez donner des petits services que j'ay eu le bonheur de vous rendre. Et j'ose dire que vous le devez aussy à vous-mesme dans la conjoncture présente que vous estes à la veille de vous mettre en voyage pour exécuter une chose qui ne s'accorde pas avec ledit commerce, qui vous fait plus de tort que si la personne dont est question estoit à la cour, et que vous en usassiez avec elle comme à Paris. Si vous voyiez comme on en parle audit lieu, et si vous sçaviez ce qu'on dit à Fontainebleau et parmy les personnes qui m'accompagnent, vous n'auriez pas de peine à m'accorder mes supplications, et vous ne les attendriez pas pour y donner ordre. Je garde aussy quantité d'autres avis venus de Flandre, d'Allemagne et d'autres endroits, qui parlent de tout cecy avec une liberté qui m'a surpris. Et comme je souhaite encore plus vostre honneur que tout ce qui me pourroit le plus toucher, je ne puis m'empescher de vous dire toutes ces particularités, afin qu'ayant la bonté d'y faire réflexion , vous l'ayez aussy de faire ce de quoy je vous supplie très-humblement. Je vous demande pardon si je vous presse d'une chose, laquelle ne sera peut-estre pas d'abord dans vostre sens, et [je vous prie] de croire que je continuerais volontiers de donner ma vie pour avoir le bonheur de ne vous proposer jamais que des choses agréables qui s'accordassent avec la bienséance et vostre gloire particulière, que je souhaite assurément plus que ma vie. Je vous supplie de conférer sur cela avec la Confidente [la Reine], et de me croire le plus dévoué de tous vos serviteurs.
( Bibl. Sainte-Geneviève, Mm. Ltttrt» d» Lmà» XIV, I , ur. xvu . page 80. )
Libourne, i3 juillet 1659.
Je vous envoyé un billet par lequel je donne ordre à Colbert de payer à Blouin 1,000 pistoles ou n,ooo livres. Il trouvera cette somme et de plus grandes, si vous en avez affaire; et il faut une fois pour toutes que vous sçachiez que, n'ayant rien qui ne soit à vous, vous pouvez disposer de ce que j'ay jusqu'au dernier sol; et vous ne me sçauriez faire un plus grand plaisir, tout mon bonheur consistant à vous plaire pour me conserver l'honneur de vostre bienveillance.
(Bibl. Sainte -Geneviève, Mas. Utlrt* de Lmu XIV, I , u. r. wn, page 89. )