‹ Lettres, instructions et mémoires de ColbertChapitre 65 sur 108 · VII. - FOUQUET A MAZARIN · texte numérisé non relu

VII. - FOUQUET A MAZARIN

(Lettre autopnipbe.)

De. . . (î), ta septembre i6.r>6.

J'ay esté fort surpris des choses que mon frère m'a dites de la part de Vostre Éminence, et dont je me serois aysément justifié si elle m'eust fait la grâce de m'en tesmoigner sa pensée par le moindre mot avant mon départ. Je ne sçais à quoy attribuer ce malheur ni comment Vostre Éminence a bien voulu interpréter contre moy de petites choses fort innocentes, sans faire réflexion sur beaucoup d'autres assez considérables qui pouvoient facilement dissiper jusqu'aux moindres ombrages que peuvent avoir donnés ceux qui employent depuis si longtemps leurs artifices pour me nuire , auxquels je ne prétends opposer que la sincérité de ma conduite.

Il est vray que j'ay dit à MM. Talon et Biguon3 ensemble, après les avoir entretenus de l'édit du Domaine, sur lequel je leur demandois des conclusions, qu'il falloit bien que chacun facilitast les moyens extraordinaires , puisque les

en marge de la lettre de Colbert. Les craintes de Colbert, de Maxarin et des médecins ne se réalisèrent pas. Le prince de Conti mourut le 91 février 1666, à Page de trente-sept ans; la princesse sa femme lui survécut six ans.

1 Le prince de Conti avait épousé une dos nièces du Cardinal. (Voir lettres 3 et 197.)

1 Antoine Valot, premier médecin du roi, mort le 9 août 1671 , à l'âge de soixante et quinte ans. Il avait un fils nui fut aussi premier médecin du roi.

3 Jérôme Bignon , avocat général au parlement de i656 à 1673. Mort le t5 janvier 1 697, âgé de soixante et dix ans.

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revenus du roy ne suflisoienl pas; qu'il n'y avoit point d'argent à l'Espargne el qu'on ne sçavoit où en prendre. Cela s'est encore répété en leur présence à d*-> Suisses qui demandoient de l'argent. Je leur fis réponse qu'il falloit se donner un peu do patience el qu'il n'y en avoit point.

Je fais des réflexions continuelles, depuis que mon frère m'a fait ce reproche, pour tascher à connoislre en quoy je puis avoir failly, et comment ce discours que j'ay ouy faire à Vostre Éminence mesme plusieurs fois a pu estre remarqué, ou rapporté à Vostre Éminence, quel raisonnement on peut y avoir ajouté qui l'ayt rendu criminel. C'est une façon de parler dont je me sers tous les jours en plein Conseil, en parlant aux députés de toutes les compagnies du royaume et aux particuliers, si ordinaire, ce me semble, à tous les surintendans que je n'en ay jamais vu aucun qui n'en ayt usé sans crainte de décrier les affaires.

Mon frère m'a dit que Vostre Eminence se piaignoit que je n'aye pas voulu l'informer de lestât des finances, quoyqu'elle me l'eust fait sçavoir [dire] sou vent depuis deux mois. S'il plaist à Vostre Eminence rappeler à sa mémoire <v qu'elle m'a fait l'honneur de me mander par elle-mesme, dont j'ay encore les lettres (par une première, que lorsque le Rov seroit à Compiègne, elle vouloit que j'allasse travailler deux jours avec elle, el depuis, par une autre, que je pourrois différer après la fin du parlement et le départ de la reyne de Suède) . elle connoislra que je n'ay pas beaucoup retardé; outre que je rroyois avoir satisfait Vostre Eminence là-dessus quand elle m'en dit un mot en passant vendredy matin, et que je luy répondis qu'il me falloit encore un peu de temps. En effet, Monseigneur, la vérité est que j'avois commencé avec M. Chanut, en secret, un travail assez exact pour tout Testât des finances du royaume, qui a esté interrompu par le voyage qu'il a fait auprès de la reyne de Suède , quinous pensions devoir estre de peu de jours et qui a esté de plusieurs semaines: et je n'ay pas cru qu'il y eus! rien de si pressé que je ne pusse remettre au retour de Vostre Éminence. m ayant dit qu'elle seroit de retour au commencement d'octobre. Comme je n'ay pas eu l'honneur de parler seul à Vostre Eminence, je n'ay pu luy dire toutes ces petites particularités. Mais ce qui m«> touche le plus est que Vostre Éminence ayt dit qu'il semble que je me défie de sa fortune. En vérité. Monseigneur, quand je ne serois pas assez connu d'elle pour luy avoir fait prendre d'autres sentimens de raoy, il me parois! qu«la manière dont j'ay vécu , la conduite que j'ay tenue jusqu'à présent, en exposant ma famille et mes amis à Mne ruine inévitable, et l'affection avec laquelle j'ay parlé et agv en ce qu'il a plu à Vostre Eminence me commettre, et pour le parlement, et pour le cardinal de Retz, sont des preuves infaillibles que je ne mesnage pas assez mes intérests pour donner lieu à un reproche aussy sensible que celuy-là me doit estre.

Vostre Éminence me fera encore l'honneur, s'il luy plaist, de se souvenir que, lorsqu'elle nous paria des finances, n M. Servien et à moy, je n'ay poim eu l'intention de dire qu'il n'y avoit aucun moyen de soutenir les dépens du

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quartier d'hyver prochain, ni les autres de l'Estat. J'ay bien dit qu'elles estaient excessives, qu'il falloit en retrancher, et restablir l'autorité; et je remarqua) avec quelque étonnement que, comme je commençais à parler d'une partie des moyens que nous avons, comme du droit annuel1 des Estât» de Languedoc et de Bretagne, du reste des retranchemens des officiers, du reste du don du clergé, de quelque chose à prendre sur i658, et qu'il y en avoit encore d'autres auxquels j'avois pensé, et qu'il estoit important que les gens d'affaires retirassent de bonne foy leur argent , pour ce qu'eux-mesmes en proposeraient , Vostre Eminence se leva et interrompit diverses fois ce que je disois, et je crus quelle attendoit une autre occasion pour eu dire davantage. En effet, Vostre Eminence ayant fait connoistre qu'elle attendoit réponse de M. de Lionne sur la paix, laquelle pouvoit estrc facilitée par la prise de Valence'-2, je pensay qu'elle rr mettait en ce temps à entrer plus avant dans le détail; et il est bien certain que les mesures qui se prendraient à présent ne seraient pas justes, et que le plan doit estre bien différent en paix ou en guerre, et de la recette, et de la dépense.

Si Vostre Eminence avoit d'autres pensées, je ne les ay pas pénétrées; elle n'avoit qu'à me les tesmoigner. Pour moy, je prends la liberté de luy rendre compte naïvement et au vray des miennes, et je ne puis assez m'étonner comment je les ay si mal exprimées que Vostre Eminence en ayt pris une impression toute contraire. Je ne crois pas que rien de tout cela puisse estre interprété pour avoir demandé mon congé, comme mon frère m'a rapporté; mais aussy n'est-il pas besoin; et comme Vostre Eminence m'a mis au poste où je suis, toutes les lois qu'elle en jugera un autre plus capable d'y servir, il est juste de préférer le bien de l'Estat et la satisfaction de Vostre Eminence à toute autre considération. La seule grâce que je demanderay en ce cas sera que mes services ne m'ayent pas procuré ma ruine et à ceux qui se sont confiés en moy, et que je ne demeure pas exposé à la mercy de mes ennemis.

Je tascheray de satisfaire aux ordres de Vostre Eminence dont mon frère m a tesmoigné l'exécution plus pressée, comme de ce qui reste à fournir des premiers et derniers cent mille écus à M. Leclerc; et j'espère en venir à bout dans peu de jours. A l'égard des autres dépenses, pour M. de Modène3, M. de Mantoue 4 et M. de La Mirandole \ si le sieur de Mennevillette veut prester quelque chose, comme il a promis à Vostre Eminence, son argent y sera employé. Et s'il plaist aussy à Vostre Éminence me permettre dès à présent d'en-

1 Impôt prélevé but tous les offices de magistrature. Ce droit, qui était le soixantième du prix de la charge, en assurait la propriété au titulaire. ,

* Ville d'Italie, dans le Milanais.

1 François d'Est, duc de Modène, né en 1610. S'étant allié avec la France en i646. ii fut créé" lieutenant général, puis, en i655.

général d*>s armé** de Lombardif». Mort en ifi.-)8.

» Voir lettre 11 3,

1 Alexandre Pic, duc de La Mirandole, né en i63i, marié en t656 à Anne-Béatrix d'Est, fille du duc de Modène. — La Mirandole était un duché souverain d'Italio , situé entre ceux de Modène et de Mantoue.

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gager ma parole pour quelqu'une des charges de l'Ordre, à MM. du Plessis', Iran n m on de La Bazinière3, on en pourra lirer quelque avance pour les princes d'Allemagne, si ce n/esl que M. Servien veuille faire cet effort. Les autres affaires que l'on a pu mesnager, entre lesquelles est un emprunt ou taxe modique sur quelques étrangers auxquels on attribuera des rentes, et ce qui reste de l'aliénation des aydes, serviront au courant de la maison du Roy et de la Reyne, de Mgr le duc d'Anjou et autres. Nous sommes fort pressés des gardes du corps, de la Chambre-aux-deniers 4 pour la reyne de Suède, des Suisses et gardes IVaiiçoises.du duc d'York5 et mille autres inévitables.

Nous avons des avis que le cardinal de Retz est à Gênes incognito et qu'il doit partir pour la France et s'approcher de Paris pour y agir luy-inesme. J'espère que j'en seray informé plus particulièrement quand il y sera. Ce pendant , je ne perds pas de temps à exécuter les choses que Vostre Éminence m'avoit ordonnées pour la conduite du diocèse de Paris. M. de Saussay 0 a signé l'acte d'appel en bonne forme; je l'ay fait signifier. On a estimé qu'un arrest du Conseil sur la requeste du procureur du roy, qui le renverra sur son appel an primat et par appel au Saint-Siège, sera fort à propos en ce qu'il autorisera davantage la procédure, fortifiera l'archevesque de Lyon , et fera connoistre an Pape la déférence du Roy à l'Eglise. Cela sera secret, pour s'en servir si on jupe à propos. Il n'y a pas de temps à perdre. J'attends réponse de M. Ondedei s'il juge le sieur Charpy propre pour envoyer à Lyon.

M. de Garniront7 avoit parlé à Vostre Éminence pour défendre la traite des bleds en Languedoc et ensuite tirer de l'argent des passe-ports. M. Colbert luy en doit avoir écrit son sentiment. La saison presse; elle me fera, s'il luy plaist, l'honneur de me mander sa résolution, comme aussy sur la commission pour les Estats du Languedoc, en quel temps on les doit tenir. Si josois prendre In liberté d'en dire mon avis, il ne les faudrait convoquer qu'après que les troupes seront dans la province.

Je supplie très-humblement Vostre Éminence d'eslre persuadée que personne n'a plus de zèle et de passion pour son service que nroy; et si je n'apporte pas

1 Claude du Plessis-Guenegaud, trésorier Je l'Épargne. Mort en décembre 1686. Frère de Henri de Guenegaud, secrétaire d'État.

1 Nicolas Jeannin de Catulle. ( V. lettre a a.)

5 Bernard de La Bazinière, trésorier de l'Épargne dès t643. La Gazette de France du 07 février i658 parle d'un grand diner suivi d'uu bal qu'il offrit à la reine de Suède. Arrêté plus tard avec les deux autres trésoriers de l'Épargne, il fut transféré en i664 de la Bastille au château de Moret. près Fontainebleau. Il avait un bcVtcl quni Malaquais.

1 Juridiction spéciale chargée de vérifier les comptes de la maison du roi.

1 Jacques Stuart II, né en i633. connu

d'abord sous le nom de dut d'York. A la mort de Charles II, il monta sur le Irène d'Augfcterre ( 1 685 ). Dépossédé de ses Étals par :■■ prince d'Orange, son gendre, en 1689. il se réfugia en France. Mort à Saint-Germain le 16 septembre 1701.

* André de Saussay, évéque de Tool en 1 648 , vicaire général de l'archevêque de Paris en 1 655. Mort en août 1677.

cureur général et premier président au parlement de Toulouse en 1 653. Plus tard intendant des généralités de Bordeaux et de Montaunao. Mort le 8 no.embre 1686, âgé de .oitantequalre ans.

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tant de soin à faire valoir mes actions et tant d'assiduité à l'extérieur, jay peut-estre autant d'application que les autres à ce qui est plus solide, et dont je ne sçais pas nie prévaloir, pour ce que je ne m'estu(jic pas tant à plaire qu'à servir. Mais si une fois j'estois assez heureux pour obtenir de Vostre Eminence que je fusse à l'épreuve des mauvais ofiices, elle n'auroil aucune autre personne dans le monde qui fust plus inviolablement attachée à ses inlérests.

(Areb. dm AIT. «-Ir. Friture, vol. 1G0. à sj date. ) (Minute autographe.)

De... (?), a6 juin 1657.

J ay ressenty une extrême douleur en apprenant, de divers lieux, les plaintes continuelles que fait Vostre Emincnce du défaut d'argent ,et de la mauvaise administration des linances. J'avois espéré des soins continuels que je prends pour la satisfaire et de la ponctualité avec laquelle tous les payement qui ont esté demandés par Vostre Emincnce au commencement de l'hyver se sont exécutés jusqu'à présent sans aucune interruption, que je pourrois non-seulement estre à couvert de ces reproches et de ces plaintes, mais mériter quelque petit agrément de mes services , puisque je suis certain que dans l'abondance des meilleurs temps les choses n'ont jamais esté de la sorte ; et que si cette considération ne touchoit pas le cœur de Vostre Eminence, au moins sou propre inté rest et celuy de l'Estnt pourraient la retenir, comme je l'en ay suppliée mille fois, de rien faire paroislre de ces choses qui ostent le crédit et mettent dans l'insuffisance de continuer à servir utilement, pendant le temps qu'il plaira à Vostre Éminence me laisser dans le poste où je suis.

En vérité, s'il plaist à Vostre Éminence de faire réflexion sur ma conduite, sur les engagemens où je me suis mis et sur les soins que je prends pour tenir toutes les paroles nonobstant l'inexécution de la plupart des choses sur lesquelles elles estoient fondées, elle me fera la justice de demeurer d'accord qu'il n'est pas raisonnable, aussytosl que le Roy sera hors de Paris, que je demeure exposé, eu servaut, à tous les mauvais offices des ennemis ou des envieux qui n'oseroient le faire paroislre devant moy, et qui sont assez heureux pour trouver accès auprès de Vostre Eminence toutes les fois qu'ils voudront entreprendre de déchirer en cachette la réputation de ceux qu'ils n'oseroient attaquer ouvertement. Et cependant les plus noires impostures et les plus injustes accusations ne laissent pas de faire impression dans l'esprit de Vostre Eminence et ensuite se répandent dans les peuples par ceux de la cour à qui elle les confie; et, sans examiner s'il y a la moindre apparence d'un fondement solide, on me fait un véritable mal, qui est la perte du crédit, outre le désespoir que ces calomnies donnent à un homme qui aime sa réputation.

On ne dit plus autre chose à présent sinon qu'il y a eu des remboursemeiis de vingl-rinq millions de vieilles dettes sur les meilleurs fonds ; qu'on donne des deux ou trois millions à gagner à qui l'on veut de ses amis dans les traités ;

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qu'il ne se paye aucune des dépenses nécessaires et qu'on laisse périr les armées pendant que Ton se divertit à la campagne; que le mariage de ma fille1 a esté pris dans l'Espargne publiquement avec des charrettes. Et tout cela se publie sous l'autorité de personnes auxquelles, par respect, je n'ose pas mesme répliquer ni demander audience pour ma justification. Et ce pendant mes ennemis triomphent et se prévalent des favorables audiences qu'ils ont à débiter des choses de cette qualité, qui se détruisent d'elles-mesmes auprès de ceux qui ont la connoissance des affaires et l'esprit désintéressé.

Je ne puis rn'empescher néanmoins de dire en peu de mots à Vostre Éminence, sur ces accusations, que je serois bien hors de sens si je faisois rembourser des vingt-cinq millions de vieux billets et que je ne me fisse pas rembourser moy-mesme les avances que j'ay faites, pour causes légitimes et toutes récentes, et qui me ruineroient absolument pour peu que je manquasse [de payer] les intérests à ceux de qui j'ay emprunté. Je ne ferois pas tant gagner de millions à des gens qui me sont fort indifférons, tandis que mes proches et moy sommes endettés et dans l'incommodité; et j'aurois peu de jugement si au moins je ne tirois Vostre Eminence de ce qui luy reste deu , puisque je ferois ma cour, et ce seroit une chose facile et assez politique.

A l'égard de mon séjour à la campagne : si ma maison* estant à dix lieues de Paris, à laquelle j'ay fait travailler quinze ans avant d ésire surintendant, je n'y ay pas esté huit jours entiers depuis trois ans, à compter toutes les journées ensemble, on ne peut pas dire que j'y fasse trop de séjour; car à l'égard de Saint-Mandé, je ne pense pas estre hors de Paris lorsque je n'y suis qu'autant qu'il m'est nécessaire pour éviter l'importunité de ceux qui demandent de l'argent, et pour travailler plus solidement et avec moins d'interruption, estant difficile de dire à quoy je m'occupe autre chose qu'au travail continuel.

Le reste ne mérite pas d'y répondre. Vostre Éminence sçail bien qu'il n'y a pas d'argent à l'Espargne et qu'on n'y paye qu'en papier, qui ne se transporte pas dans des charrettes; et j'ose bien dire encore que, s'il y en avoit eu , j'aurois eu droit d'en prendre ce qui m'est deu , pour une occasion où j'en aurois eu besoin.

Mais ce qui me touche encore fort sensiblement, ce sont les termes delà lettre de Vostre Eminence, qui porte qu'elle espéroit sortir de ses avances comme les autres3. Je la puis assurer que non-seulement les autres n'en sont pas

1 Marie FouqueJ, mariée, le aa lévrier iC'»7, à Armand de Bélhunc,duc de Bélliunc- Cbarost.

* Le fameux château de Vaux, commune de Ylaincy, arrondissement de Melun (Seine-el- Marne). La dépense de ce château, construit ••il i6\r>3, s'éleva, dit-on, à 18 millions. Le plan en fut divssé par Levau; Le Nôtre dessina les jardins, et Le Brin» fui chargé des peintures.

3 On lit à ce sujet dans le Journal <l'Oltr*r d'Ortnttton, II, i34 : "M. Le Tellier me parla fort que M. le Cardinal n'a voit jamais pris on quart d'ecu par le moyen de M. Fouquet, mai* qu'il avoit des preats, et, pour son remboursement, avoit pris des recettes, sur lesquelles on luy donnoit la remise comme aux traitai», et luy n'en donnoit que peu, cl aiosy Ra^noit beaucoup.-

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sortis, mais que je suis engagé uioy-mesme de 3oo,uoo livres plus que je u'estois au commencement de l'année. . .

t Arch. dr* Aff. élr. France, vol. i6j . a m date.)

Mil. — LA REINE CHRISTINE DE SUÈDE A COLBERT.

( Lettre originale.)

Rome, 17 octobre 1 658.

Monsieur, j'envoye ce courrier à la cour, et je crois ne le pouvoir adresser à nul autre de l'amitié duquel, je me puisse promettre plus de secours que de la vostre. Je vous prie de faire parvenir à Mfr le Cardinal mes dépesches et de vous rendre auprès de luy le solliciteur d une prompte et catégorique réponse. Si elle me sera favorable, comme j'ay droit d'espérer, je veux vous estre redevable d'une partie de l'obligation que j'en aurois à la France; et je vous l'aurois avec joye puisque je vous ay jugé depuis longtemps digne de mon estime et de mon amitié, aussy bien que de la confiance que je prends en vous en cette occa- Mon, qui m'est très-importante. Je vous prie d'en user selon vostre civilité et d'excuser la peine que je vous donne , en faisant naistre les occasions de vous faire voir les effets d'une parfaite reconnoissance et de l'amitié que j'auray pour vous toute ma vie.

( Bibl. Im,> M». Mclanfft* aV Colberl, vol. 101, fol. ay5.)

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