‹ Lettres, instructions et mémoires de ColbertChapitre 71 sur 108 · XIII. — FOUQUET A MAZARIN · texte numérisé non relu

XIII. — FOUQUET A MAZARIN

(Lettres autographes. )

De... (?), 6 janvier 1660.

J'ay vu M. Colbert, qui a pris la peine de me venir voir au logis, cl luy ay dit que j'avois cru devoir estre obligé de me défendre auprès de Vostre Éminence de beaucoup de choses que j'avois connoissance qu'il m'imputoit, et que je suis assuré qu'à ma place il n'auroit pas moins pu faire, mais que cela n'empeschoit pas que je n'eusse beaucoup d'estime pour luy, et que je ne lin eusse mesme obligation en beaucoup d'autres rencontres. J'ajoutay que j'estais persuadé que si mes intentions luy avoienl esté mieux connues, il n'auroit peutestre pas blasmé ma conduite, et que, comme luy et moy nous sommes à un mesme maistre , nous ne devous voir l'un et l'autre que son service, chacun dans sa fonction ; que je recevrois toujours très-volontiers les avis qu'il voudrait me donner et y déférerois mesme en tout ce que je pourrais, ou luy ferois entendre mes raisons; que je souhailois son amitié, et que nous pussions de concert nou< employer à l'exécution des ordres de Vostre Eminence. 11 ma parlé fort amicalement, et j'espère que Vostre Éminence sera satisfaite de ma conduit»' puisque je n'ay dessein que de luy plaire...

APPENDICE

Paru, 19 janvier 1660.

J'ay reçu ia lettre que Vostre Eminence m'a fait l'honneur de ui'écrire, du 8 de ce mois, toute pleine de sa bonté ordinaire pour ce qui me regarde. Aussy la puis-je assurer de ma passion et de mon dévouement entier à ses seules volontés. M. Colbert est party content de moy. J'ose supplier Vostre Éminence, puisqu'il y va de son service, de ne luy rien renouveler des petites plaintes passées qui puisse altérer ce sentiment. . .

Paris, 3 1 janvier 1660.

Si j'ose proposer quelque chose pour mes intércsls à Vostre Éminence, je la supplie d'agréer que, estant endetté de grandes sommes, dont plusieurs termes de payement sont échus , elle ayt agréable que j'iuvite les fermiers (desquels je n'ay pas voulu recevoir, ni pour moy, ni pour homme du monde, un teston de gratification , de crainte que le service du roy n'en reçust préjudice, et pour satisfaire aux ordres de Vostre Eminence et à mon devoir) à faire prest, sur les années éloignées de leur bail, de ce que je pourrois raisonnablement obtenir d'eux, pour en acquitter partie de ce que je me suis obligé en mon nom de payer, et dont j'ay les décharges de TEspargne, pour les dépenses les plus privilégiées de l'Estat. Je crois que c'est un moyen fort innocent , et dont le courant ne sera point retardé. Néanmoins Vostre Éminence en ordonnera ce qui luy plaira. . .

(Arch. do AIT. ctr. Franc*, vol. 170, extrait* de* pièces n" I, 9 et i5.)

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