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cours sont faits avec un suin extrême, et rînstniction y est beaucoup plus complète qu*en aucune autre maison ecclt'siastique ; en un mot, on y trouve toutes les facilités possibles pour le travail. Quant au matériel, tout est parfait; la propreté même y approche du luxe, tout en s'arrôtant h la limite convenable. Quant aux éludes. Tunique, à proprement parler, qui soit ici professée, c'est la théologie avec tous ses accessoires, droit canon, Écrilure sainte, etc. L'hébreu est la seule science, indépendante de la théologie, qui y ait un cours spécial. Il y a dans la théologie deux parties bien distinctes, aussi différentes par leur objet que par leur méthode, et pour lesquelles aussi je suis bien différemment disposé. L'une est ce que j'appellerais, pour ainsi dire, partie de démonstration ou apologétique, laquelle établit les principes généraux, les preuves de la religion, de l'Eglise, etc. La seconde, que j'appellerais partie d'exposition, laquelle, supposant la première, expose les décisions, les dogmes définis par l'Église ou contenus dans les Ecritures. La première de ces parties est grande et belle:
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c*cst une vraie philosophie, nécessitant des analyses de l'homme, de la société, des discussions de critique, des recherches toutes expérimentales, en un mot. Elle est liée aux plus hautes questions qui ont préoccupé Tesprit humain, et me semhle indispensable à tout homme qui veut réfléchir.
U n'en est pas de même de la seconde. Sans doute, rien de plus profond que les dogmes qui en font la matière, mais c'est précisément là la source du mal. L'esprit humain a voulu pénétrer ces abîmes et s'y est perdu. En voulant catégoriser et soumettre à la forme de son entendement ce qui est d'un autre ordre de choses, il n'a enfanté que d'inconcevables subtilités, d'inintelligibles explications. Telle est cette seconde partie de la théologie, toute empreinte de la scolastiquc da moyen ûge, moulée encore, pour ainsi dire, sur les formules abstraites et creuses de l'école. Heureusement que celte forme ne fait rien au fond des choses ; il y a eu une théologie dogmatique sans scolastique, rien n'empêche qu'elle s'en rende de nouveau indépendante, llicn n'en prouve mieux la possibilité que la
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forme si belle et vraie de la théologie apologétique, toute fondée sur des faits et des inductions» ce qui n'empcche pas qu'elle soit d'une profondeur étonnante; car c'est, h mon sens, une des plus grandes marques de vérité du christianisme, que, pour en prouver la vérité, il faille analyser tout ce qu'il y a de plus profond dans Thomme: son nœud est là. S'il était faux, au contraire, l'analyse ne pourrait que le détruire.
A i*étude de la théologie, j'ai ajouté celle de rhébreu, et je compte donner à cette dernière une ample part de mes heures de travail. Nous avons un excellent professeur d'une érudition immense et au courant de tout ce que la science moderne a ajouté à cette étude. Il nous a parlé plusieurs fois de ce M. Latouche, dont, ce me semble, je lai souvent entendu parler. J'ai entre les mains son ouvrage sur la grammaire hébraïque, et j'ai pris connaissance de sa méthode en général. Ses principes me semblent vrais, mais, autant que j'en puis juger, c'est une tête trop ardente pour construire Tédifice d'une science : il a outré presque tous ses principes, quoique, je
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Je répèle, paduitcment vrais en eux-mêmes. Toutefois, il y a là des vues excellentes, et surtout une pénétration et un esprit d'observation et de généralisation vraiment rares. C'est aussi le jugement de notre professeur. Nous suivons pour texte des leçons un abrégé français de la grammaire du célèbre Gésénius. Ici encore la palme aux Allemands : ce sont eux qui ont fait de l'iiébreu une vraie science ^ toute rationnelle, une géométrie en un mot. Aussi la mémoire y joue-t-elle un rôle très minime. Après tout, les difficultés n'y sont que médiocres, dès qu'on s'est accoutumé au mode bizarre de l'écriture sans voyelles, et à la variété des sons qui sont communs à une même lettre. Du reste, cette étude mène à des lois de linguistique si importantes, et est d'une si indispensable nécessité pour entendre le plus ancien et le plus singulier, quand même on ne dirait pas le plus respectable des livres, qu'on ne saurait se repentir d'en payer les avantages par quelques travaux.
Tu t'étonneras peut-être qu'ayant déjà commencé l'allemand, j'aie entrepris l'élude d'une autre langue avant d'avoir poussé un peu
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loin la première. S'il faul le faire ma confession, voici le fait. Tu sauras qu'à Tépoque où je commençai celte élude, les finances étant en souffrance, je vécus d'abord en parasite pour les livres, c'esl-à-dire qu'au lieu d'acheter grammaire, dictionnaire, auteurs d*explicalion, etc., je me contentai de les emprunter à un de mes condisciples, qui avait fort cultivé celle étude. Mais il est arrivé par malheur que ce condisciple a quitté la maison, emportant avec lui toute ma bibliothèque allemande. Force donc m'a été d'interrompre pour un temps. Arrivé à Saint-Sulpice, j'aurais pu reprendre la suite de mes éludes : mais comme j'avais ici l'avantage d'un cours spécial d'hébreu, fait avec un soin et un talent remarquables, lu comprends que j'ai dû préférer la seconde langue à la première, dans laquelle je n'eusse pu me diriger que par mes éludes particulières.
L'espace va bientôt me manquer, ma bonne Henriette, et je ne t'ai encore rien dit de la grave pensée qui occupe mon esprit, durant tous les instants oit il n'est pas rempli par l'étude. Tu la devines sans peine. De nou-
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velles invitations, quoique nullement impératives, de faire un premier pas, m*ont été adressées presque dès mon entrée dans la maison. Me voilh donc rejeté dans toutes mes incertitudes et mes troubles. Je n'avais été heureux durant les vacances qu'en m'imposant la loi de la plus sévère abstraction II cet égard. C'est maintenant un devoir pour moi de reprendre l'examen, quelque pénible qu'il puisse être. Mon Dieu I qu'il est dur de se décider si jeune sur une question qui doit avoir l'influence la plus immédiate sur toute l'existence. Mais enfm, ma bonne Henriette, c'est une nécessité entièrement inévitable et, de quelque côté que je me tourne, je suis obligé de la subir. Car enfin, l'éviterais-je en renonçant h l'état ecclésiastique ? Non sans doute ; c'est une décision pour une décision, mais toujours une décision : or ce mot est terrible. S'il y avait un parti pour éviter la décision, bien certainement je le prendrais ; mais il n'y en a pas : c'est un dilemme d'une inflexible rigueur. A droite ou à gauche, c'est toujours un abtme. Jamais je n'avais compris combien l'action de la Providence est puissante sur
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les destinées de chaque homme, qucn voyant comhicn Tacte le plus influent sur cette deslinée est peu en son pouvoir. Car enfm, je ne puis me cacher à moi-môme que toutes mes réflexions ne peuvent que fort médiocrement me diriger, vu que l'avenir, qui seul pourrait me donner un point fixe en cette recherche, m'est impitoyablement caché. Oui sans doute, nous sommes menés... Heureusement que le chrétien peut ajouter: nous sommes bien menés. Voilà à vrai dire la seule consolation logique et vraiment solide.
Du reste, mes idées sont à peu près les mêmes. Les choses en elles-mêmes, abstraction faite des faits, Va priori m'attire, mais l'expérience m'épouvante. Mes réflexions et les faits dont je suis journalièremenl témoin ne font que confirmer ces deux tendances opposées. Croirais-tu que déjà j'en puis appeler sur ce point à ma propre expérience! Si l'espace me le permettait, ma bonne Henriette, je te raconterais diverses choses qui te feraient comprendre que mes craintes ne sont pas imaginaires, et que si je persévère, ce ne sera pas sans sacrifice de moi-même. D te suflira de
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savoir que l'envie et le pelit esprit ont bien empoisonné les derniers mois de mon séjour à Issy. Heureusement qu'après tout Tavantage m*esl resté devant ma conscience et même devant les hommes.
Adieu, ma bonne Henrielle. J'attends sans tarder une lettre de loi. Il m'a semblé par les dates que mentionnait le billet de mademoiselle Ulliac* que les lettres parviennent plus rapidement de Varsovie. Je serai donc en attente dans quelques jours. Oh ! si lu savais comme les lettres me rendent heureux ! Ce sont des époques dans ma vie;
Adieu : encore une fois tu connais la confiance sans bornes et la tendre aflection de ton