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Lettres intimes

Le titre de ce recueil dit assez le caractère essentiellement familier des lettres dont il se compose. Et il nous paraît à peine nécessaire d'insister sur le genre d'intérêt que peut présenter une correspondance de cette nature lorsqu'il s'agit d'un homme aussi admiré, aussi discuté et, disons-le, resté aussi mystérieux que Stendhal.

Car, si personne ne lui conteste plus sa iirande

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originalité de pensée, bien des gens hésitent encore à la qualifier. Et l'on se demande trop volontiers à quelle sorte d'homme on a affaire. — Le tour froidement ironique de certains aphorismes de Stendhal, plus encore peut-être que l'allure si souvent paradoxale de son scepticisme, a rendu bon nombre de juges sévères pour lui jusqu'à l'injustice.

Quoi qu'il en soit, d'ailleurs, le fait seul de divergences fondamentales dans la manière déjuger un pareil homme et un pareil écrivain atteste l'utilité de publications du genre de celle que nous ollrons aujourd'hui au public.

Ce que nous lui présentons, en eiYet, c'est la correspondance de Henri Beyle avec sa sœur Pauline, — avec la personne, par conséquent, ou avec l'une des personnes qu'il avait le moins d'intérêt à éblouir ou à tromper. — Et l'on y verra, croyons-nous, apparaître un peu de l'àme nue du personnage à travers le laisser-aller du correspondant fraternel ; on y surprendra quelque chose de la philosophie vraie de l'écrivain dans le déshabillé de sa pensée.

Bref, nous estimons que rien ne saurait con-

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