‹ Lettres (volume 2)Chapitre 10 sur 163 · A MADAME MATHILDE DE SAVOIE · texte numérisé non relu

A MADAME MATHILDE DE SAVOIE

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Remercîments pour le zèle avec lequel elle prépare la fondation de Turin : mérites qu'elle acquiert par cette bonne œuvre.

VIVE •{• JÉSUS

Annecy, 22 février 1638.

Madame,

Dieu qui vous a inspiré un si saint et sacré dessein pour le service de sa gloire, et pour votre plus grand mérite devant Lui, n'a pas voulu vous donner la consolation de le voir réussir,

1 M. l'avocat Pioton entra, en effet, peu après dans les Ordres sacrés, et s'y distingua par sa piété et ses vertus sacerdotales.

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ni à nous de vous aller rendre nos très-humbles soumissions et obéissances, sans y faire naître plusieurs difficultés, afin que votre piété exerçât son zèle à surmonter et conduire à sa perfection l'œuvre qu'il vous a commise. Et vous avez fait cela si heureusement, Madame, que j'apprends par le Père dom Juste que tout est disposé selon votre désir pour notre passage auprès de vous, dont nous avons reçu très-grande consolation , tant pour voir que Dieu se veuille servir de notre petitesse en ce dessein pour l'accroissement de sa gloire et votre contentement, que pour les richesses spirituelles que vous attirez sur vous en particulier, Madame, et sur toute votre illustre maison. Loué soit Dieu de ses miséricordes, qui veut par cette sainte action vous rendre participante en cette vie et en l'autre de toutes les prières et mérites des vertus qui se pratiqueront, non-seulement en la maison que votre piété aura fondée, mais encore également en toutes celles de l'Ordre qui sont déjà en nombre de septante-quatre. Car comme disait notre Bienheureux Père ; « La fondation d'une maison religieuse est l'œuvre d'un des plus grands mérites qu'on puisse avoir devant Dieu. » Sa Bonté nous fasse la grâce qu'ayant si heureusement rencontré une vraie Mère en votre personne, Madame, nous puissions aussi être votre joie et votre consolation, tant par notre filiale obéissance, que par l'odeur d'une sainte vie et conversation, et avec ce souhait je demeure d'une affection pleine de respect, Madame, etc.

LETTRE MDXLVI

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