‹ Lettres (volume 2)Chapitre 116 sur 163 · A LA SOEUR MARIE-MARGUERITE DUBUYSSON · texte numérisé non relu

A LA SOEUR MARIE-MARGUERITE DUBUYSSON

ASSISTANT!* COMMISE A MOIUNS '

Maintenir l'exacte observance et se tenir très-unie à la Sœur déposée. — Mort

(je Mgr de Rqurges,

VIVE f j4sus !

[Annecy], 7 juin [1641 J,

Ma très-chère fille,

Je suis bien aise que le sort soit tombé sur vous d'être assistante en cet intervalle d'élection , m'assurant que vous aurez grand soin de contribuer de tout votre petit pouvoir, afin que rien ne se fasse que conformément à l'esprit de notre vocation. Je vous conjure surtout, ma très-chère fille, soyez bien humblement veillante, tenez-vous si unie et déférente à la bonne Mère déposée que vous ne fassiez rien que par son avis. Donnez-lui connaissance de tout, et la faites agir le plus que vous pourrez. Mon Dieu! ma très-chère fille, l'exemple que vous avez devant vos yeux de notre très-honorée madame [de Montmorency], devrait, ce me semble, faire fondre votre communauté; et quand elle n'aurait que ce seul motif pour se tenir humble et dans l'observance, il me semble que cela devrait

1 « Notre communauté ayant à faire élection en celte année 1641 (dit Y Histoire de la fondation de Moulins), par un mouvement unanime élut notre Vénérable Fondatrice; mais cette digne Mère ayant absolument refusé, on attendit son arrivée, à Moulins pour procéder à une nouvelle élection, et pendant cet intervalle, notre Sœur M. -Marguerite Dubuysson fut nommée assistante-commise. L'humilité, l'amour du silence et de la vie cachée étaient les traits caractéristiques de cette âme, dont Dieu s'était plu jusque-là à favoriser les désirs, et qui obtint bientôt par ses prières la grâce de rentrer dans l'aimable condition d'inférieure. L'élection de 1666 lui imposa un sacrifice plus pénible encore que le premier, en l'appelant à remplacer la Vénérable Mère de Montmorency dans le gouvernement du monastère de Moulins. » La Mère M. -Marguerite marcha fidèlement sur les traces de sa sainte devancière, que bientôt elle rejoignit dans la gloire.

suffire. Je les conjure de tout mon cœur de se tenir bien closes et converser vers Notre-Seigneur et rigidement dans l'observance; qu'elles prient pour moi, je les en conjure, et pour le repos de l'âme de feu Mgr de Bourges, qu'il a plu à Dieu de retirer à soi, le 13 mai; il a fait son passage fort heureusement.

Je ne vous puis rien dire de l'inutile élection que nos Sœurs ont faite de ma chétive personne, ni de mon voyage prétendu, que ce que j'en mande à ma Sœur la déposée. Faites, ma trèschère fille, que le temps que vous avez la conduite de votre maison soit un temps de bénédiction. Pour cela, tenez-vous bien proche de notre bon Dieu , en l'amour duquel je suis de cœur, votre, etc.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Neçers.

LETTRE MDCCXCIV (Inédite)

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