A UN RELIGIEUX
Droiture et simplicité de la Sainte à réparer le tort d'une de ses filles.
[Annecy], 4 juin [1611J.
Mon Révérend et très-cher Père,
En vérité, je suis bien touchée des mécontentements que vous recevez de notre chère Sœur la Supérieure. Si un autre que Votre Révérence me disait ces choses, j'aurais peine de les croire, car vraiment son procédé est très-éloigné de l'esprit de sa vocation, et encore certes de celui que j'ai toujours reconnu en elle; car elle n'ignore pas avec quel respect nous devons traiter avec ceux de votre Compagnie et les grandes obligations que nous lui avons , et particulièrement à Votre Révérence, qui a un cœur si paternel et si cordial pour notre Institut, et dont elles ont reçu tant de témoignages. Je vous assure, mon très-cher Père, que j'en suis bien touchée; mais puisque vous me permettez de lui en parler franchement, croyez, mon très-cher Père, que je le veux faire comme il faut, et je supplie votre bonté de continuer toujours sa dilection envers celle qui vous souhaite les plus saintes bénédictions de notre bon Dieu, et qui est et sera à jamais de cœur, mon très-cher Père, votre, etc.
Nous avons élu pour Mère notre chère Sœur de Blonay, qui vous honore et salue de cœur. — Nous avons envoyé à Fribourg des lettres du Roi pour la recommandation de l'affaire de nos Sœurs.
Conforme à une copie garùVe au monastère de Mouté'innrl.
LETTRE MDCCXCII {Inédite)
A LA SOKUR MARIE-ANTOINETTE TESTE DE VOSERY
SOPKBIBUtlK AU DEUXIÈME MONASTÈRE d'aXNECY
Satisfaction que donne la conduite de la Mère de Illonay.
Je vous donne mille bonjours, ma très-chère lille, et vous demande un peu de vos chères nouvelles , si votre bon cœur n'est pas tout paisible auprès de Notre-Seigneur et embesogné a paître ses chères petites brebieltes : j'espère qu'oui. Je vous dis aussi que nous sommes toutes consolées de voir notre trèschère Mère [de Blonay] dans l'exercice de sa charge, où certes elle a fort bonne grâce; je dis de la vraie grâce de notre bon Dieu, et je vois que nos Sœurs sont grandement satisfaites de sa franchise et rondeur. Certes, elles sont bien partagées; et ces trois maisons, les deux d'ici et celle deThonon, ont de quoi bénir et remercier Notre-Seigneur , que je supplie nous faire la grâce à toutes de louer et aimer éternellement en sa bienheureuse éternité, après qu'en cette vie nous l'aurons servi et glorifié par une très-fidèle observance et accomplissement de sa divine volonté. Priez Dieu qu'il m'en fasse la grâce, et croyez que je suis vôtre de cœur. — Grand merci de voire beau et bon beurre.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MDCCXGIII