A LA MÈRE MARIE-AUGUST1NE D'AVOUST
SUPÉRIEURE A M.WERS
La Supérieure ne doit permettre aucune flatterie ou applaudissement autour d'elle. Utilité que sa présence apporte à la communauté. — Conseils de direction.
VIVE -j- JÉSUS !
Paris, 6 octobre 1641.
Ma très-chère fille,
Je viens d'entretenir M. le prieur qui s'en va à Moulins. J'ai reçu de la consolation de le voir et apprendre encore par lui de vos nouvelles. Il témoigne grande affection à votre maison; mais ne m'ayant rien dit des six cents francs que vous lui devez, je n'ai pas eu sujet de l'inviter à vous en faire la charité , car cela n'eût pas été à propos; il faut attendre que Dieu l'inspire à le faire. Je reçus à Moulins les leUres que vous pensiez déjà nous envoyer par lui.
Je bénis Dieu de quoi votre chère communauté marche avec grande bénédiction; vous avez bien raison de creire que je l'ai en particulière affection , car cela est très-vrai ; c'est le grand bonheur des Filles de la Visitation d'avoir une entière confiance et amour pour leur Supérieure. Je vous prie, ma chère fille, prenez garde que les témoignages de reconnaissance que les filles vous feront, soient à se rendre plus ponctuelles en leurs saintes observances, et non à vous faire des choses qui ressentent la flatterie ou applaudissement , et choses semblables qui ne sont que trop ordinaires aux filles lorsqu'on leur permet. — Je suis fort aise de quoi la très-sainte Vierge a apporté du soulagement à vos chères Sœurs qui étaient malades; je lui en rends grâces de tout mon cœur, et à notre bon Dieu surtout de quoi vous vous portez mieux, en sorte que vous pouvez assister es communautés, car il est presque impossible que les communautés
ne reçoivent grand préjudice lorsque les Supérieures en sont
exemptes pour un ordinaire.
Pour ce qui est de votre intérieur , je n'ai que ce mot à vous dire, qui est que les âmes qui se sont données tout à Dieu ne se doivent point retourner à elles-mêmes pour voir ce qui se passe en elles, ains recevoir également tout ce qui leur arrive de la part de Dieu, soit afflictions ou consolations, se soumettant en tout à sa très-adorable volonté en faisant tout le bien qu'elles peuvent. Voilà, ma fille, ce que je désire que vous fassiez, en priant bien Dieu pour moi et toutes nos chères Sœurs aussi. Je les salue et suis d'une entière affection, votre, etc.
[P. S.] Je vous prie, ma chère fille, si l'occasion se présente que vous revoyiez madame de V., de la saluer très-cordialement de ma part; je la remercie du souvenir qu'elle a de moi.
Conforme à l'original gardé à la Visitation du Maus.
LETTRE MDCCCXL
A MADAME LA DUCHESSE DE MOXTMORE1VCY
â MOULIXS
Désir de recevoir de ses nouvelles et de rentrer à Moulins à l'époque fixée. vive -J- jésus!
[Paris], 10 octobre [1641].
Ma très-honorée Madame,
Notre divin Sauveur vous comble de son saint amour! Je trouve le temps bien long d'apprendre de vos nouvelles. Dieu me les donne telles que je les souhaite, s'il lui plaît ! De vous dire, ma très-chère Madame, combien il me tarde de recevoir la chère consolation de vous revoir, je pense qu'il serait superflu; car votre bon jugement vous a fait voir, ce me semble, jusque dans le fond de mon cœur, combien sont grands et inexplicables le respect et la dilection que Dieu y a gravés pour votre chère
et digne personne. Mais il faut couler, car ici je n'ai quasi pas le loisir de respirer, tant le dedans et le dehors de la maison m'occupent. Dieu, par sa bonté, conduise tout à sa gloire, et me tasse la grâce de me voir auprès de vous au temps préfix ! Je le désire et l'espère, ou il ne s'en faudra guère. Ma très-honorée Madame, conservez-moi votre bon souvenir devant Dieu, et croyez que je suis invariablement et de cœur, Madame, votre, etc.
Conforme à un» copie de l'original gardé à la Visitation de Xevers
LETTRE MDCCCXLI
A LA MÈRE PAULE-JÉRONYME DE MOXTHOUX
SUPÉRIEURE A BLOIS
Regret de ne pouvoir aller à Blois. — Autorisation à communier une fois chaque semaine de plus que la communauté.
vive -j- Jésus!
[Paris, 16 il.]
Ma très-chère fille,
J'étais fort aise de savoir votre heureux retour en votre monastère \ Vous savez, ma très-chère fille, que je suis fort occupée, et partant vous m'excuserez bien si je réponds courlement à votre cordiale lettre, pour vous dire que nous ne passerons pas plus outre que Paris : mon obéissance ne me le permet pas. Et de plus, ma chère fille, vous pouvez bien penser qu'étant en l'âge où je suis, nous devons nous retirer le plus tôt que nous pour-
1 La Mère Paule-Jéronyme, après avoir inutilement sollicité la Sainte d'all( r visiter sa communauté de Blois, avait obtenu la permission de se rendre à Paris pour la consulter sur quelque affaire importante. La même faveur ayant été accordée à plusieurs Supérieures des monastères voisins, elles se trouvèrent réunies au nombre de dix ou douze autour de leur Bienheureuse Fondatrice, qui leur parut consommée en sainteté. « A sa voix, dirent-elles unanimement, la vraie sagesse entrait dans nos caurs, et la science de Dieu plaisait à nos âmes. » (Archives de la Visitation d'Annecy.)
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rons au lieu où on me permet de passer l'hiver; encore appréhende-t-on bien de me voir en chemin en cette saison. Nous espérons de partir de Paris le 14e du mois de ^novembre. — Ma chère fille, vous ferez bien de communier une fois la semaine de plus que la communauté, pendant que vous êtes en charge, afin de prendre des forces qui vous seront nécessaires. Je salue et embrasse toutes vos chères Sœurs, et leur souhaite les plus chères grâces du ciel et suis de cœur, ma chère fille , votre très-humble, etc.
Conforme à une copie gardée à la Visitation du Mans.
LETTRE MDCCCXLII