‹ Lettres (volume 2)Chapitre 142 sur 163 · LETTRE MDCCCLVII · texte numérisé non relu

LETTRE MDCCCLVII

A UN RELIGIEUX NOVICE Moyen de distinguer les consolations célestes des illusions du démon.

vive f JÉSUS !

Mon très-box et cher frère,

Je reçus seulement hier votre lettre, à cause de notre absence qui a été de quatre semaines. Je vous assure qu'en la lisant IVotre-Seigneur m'a fait ressentir une très-grande consolation et mouvement de grâce et remercîment à sa divine Bonté, pour les miséricordes qu'elle répand sur votre chère âme. L'esprit malin ne donne point de telles amorces, mais il nous déçoit du bien; au contraire, le très-débonnaire Sauveur répand ses parfums dans nos cœurs, afin que les jeunes âmes soient attirées à le suivre par les suavités de ses odeurs. Jouissez de ces faveurs avec une grande humilité, mon très-cher frère, et vous affermissez par le moyen de cette grâce , en la voie où Dieu vous a mise et en la pratique de toutes les vertus, et surtout au renoncement de vous-même , à la poursuite de l'union de votre âme avec Dieu, par la sainte oraison et totale remise de vous-même en ses mains. Cela fait, ne craignez point l'esprit malin, ains Dieu seul; car Satan ne vous saurait nuire, voulant être tout à Celui pour lequel vous avez quitté toutes choses et vous-même. Allez fort simplement, ne faites guère de réflexions.

Je ne pensais pas vous tant dire , sachant qu'au lieu où vous

êtes, les meilleurs avis ne manquent pas ; mon affection que je sens toute maternelle pour vous m'a tiré ces paroles. Cependant je prie Dieu qu'il vous tienne toujours de sa sainte main, et vous conduise Lui-même jusqu'à la très-haute perfection qu'il requiert de vous. Je ne vous oublierai jamais devant sa Bonté ; ne m'y oubliez pas aussi, et croyez que de cœur je suis et serai toute vôtre, etc.

LETTRE MDCCCLVIII

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