‹ Lettres (volume 2)Chapitre 143 sur 163 · A UNE PRIEURE DE CARMÉLITES · texte numérisé non relu

A UNE PRIEURE DE CARMÉLITES

Extension que prend le culte de saint François de Sales; envoi de ses reliques. — Réponse à la proposition d'une fondation.

VIVE -J- JÉSUS

Ma Révérende et très-honorée Mère,

Notre bon Sauveur soit la paix et l'éternelle consolation de votre chère âme !

Nous avons reçu la vôtre avec un singulier contentement , nous étant avis que vous êtes notre bonne Mère Prieure, que nous avons eu le bonheur de voir autrefois en votre monastère de Bourges; que si cela est, ma très-chère Mère, nous vous reconfirmons notre humble obéissance et sincère affection. Que si la mémoire me trompe , nous ne laissons de vous offrir la même dilection, chérissant avec un honneur spécial tout ce qui est de votre saint Ordre. — Nous bénissons Dieu de la consolation qu'il nous donne de voir que par toute la chrétienté la sainteté de notre Bienheureux Fondateur est connue, révérée et invoquée. Les merveilles que Dieu a opérées par ses intercessions en une infinité d'endroits de la France, de l'Italie, et par deçà, sont en si grand nombre, que de toutes parts l'on vient révérer son saint corps en ce monastère, qui a le bonheur de posséder ce sacré trésor. Nous vous envoyons de ses reliques des plus précieuses que nous ayons; nous mettons à part celles

de Mgr l'évêque auquel, en les présentant, nous vous supplions très-humblement de prendre sa sainte bénédiction pour tout ce monastère.

Pour ce qui est de mesdames ses sœurs qui désirent une de nos maisons en votre ville, nous ne savons quel lieu c'est, ni en quelle part ; mais puisqu'il y a un prélat qui y fait sa résidence et un couvent de votre saint Ordre, nous ne doutons nullement qu'il ne soit propre à ce dessein. C'est pourquoi, si Mgr l'évêque désire de nos Religieuses, nous en donnerons de bon cœur pour cela, pourvu que nous ayons un logement convenable pour ce commencement, qu'il y ait une église et ce que Votre Révérence sait être nécessaire pour les meubles des Religieuses et leur entretien, jusqu'à ce que la divine Providence donne moyen par la réception des filles de se pouvoir entretenir d'ailleurs. Et voilà , ma très-chère Mère , ce que nous en pouvons dire. Que si les bonnes affections de ces dames continuent et veulent réduire en effet, nous vous supplions d'en faire le traité comme pour vous. Que si Dieu donne acheminement à cette affaire, nous vous prions de nous en avertir et de nous faire savoir par quelle voie nous vous pourrons faire tenir nos lettres ; nous envoyons celle-ci à ma Sœur la Supérieure de Paris" pour vous la faire tenir sûrement.

LETTRE MDCCCLIX

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