‹ Lettres (volume 2)Chapitre 3 sur 163 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

cœur en simplicité et confiance, sachant la sainte dilection que Dieu vous adonnéepournous; et que ce que je vous disnepartira point de votre cœur, ains vous l'y conserverez pour donner à Dieu le mien chétif avec le vôtre tout bon et fervent. Protestez souvent à mon Dieu ma fidélité, et le conjurez par son amour de me tenir toujours de sa sainte main, afin que jamais je ne l'offense, mais qu'en tout je fasse et souffre tout ce qu'il lui plaira, et qu'enfin II me reçoive dans le sein de sa douce miséricorde, quand il lui plaira me tirer de cette misérable vie, que je trouve bien longue. Voilà, mon très-cher Père, comment je vous expose naïvement ma misère et mes be.oins. C'est assez pour vous, qui avez un cœur tout paternel et charitable pour celle qui est toute vôtre en Jésus, qui soit éternellement béni.

LETTRE AIDXXXIV

A MONSIEUR LE MARQUIS DE LULLIX

A THOXOX

Consolation sur la mort de sa fille unique.

VIVE f JKSUSÎ

[Annecy, lo38. ]

Hé bien! Monsieur, voilà qu'il a plu à Dieu de mettre votre chère àme sous le pressoir de la plus sensible et pénétrante douleur qu'on puisse imaginer, il est vrai; mais considérez que cette pure et blanche colombe a pris son vol sur les hautes montagnes de la très-sainte éternité, et s'est allée reposer dans le sein de son Epoux céleste. Considérez, Monsieur, que ce bon Père a voulu que son très-cher Fils ait été cloué en croix, et y soit mort pour nous racheter de la mort éternelle. Veuillez donc [offrir], par un réciproque amour, le trépas de cette unique fille, en faveur et à l'honneur de la très-adorable et toute sainte volonté divine. Offrez et sacrifiez à son immortelle

gloire tous les contentements que Votre Excellence espérait recevoir d'une fille si bien née, et vous expérimenterez les richesses de sa bonté, par de nouvelles et très-abondantes bénédictions. Mais surtout j'ai confiance que sa douceur paternelle aura mis sa main pour soutenir votre cœur à la rencontre d'un si violent assaut ; et que là où la douleur aura abondé, Il fera surabonder les suavités de ses divines consolations, en sorte, Monsieur, que votre amertume se passera en paix. C'est pour cela que nous offrirons nos prières et communions, compatissant à votre juste douleur avec des ressentiments très-grands, et ensuite de l'intime dilection et révérence que Dieu m'a donnée pour vous, Monsieur, à qui je suis et serai sans fin, etc.

LETTRE MDXXXV

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