A MADAME LA MARQUISE DE LULLIN
A THOXOM
Même sujet.
vive f JÉSUS.'
[Annecy, 1638.J
Madame,
J'ai confiance que Dieu tient votre âme si saintement unie à sa sainte volonté, que la grandeur de votre affliction n'aura rien ébranlé en vous. Il est vrai, Madame, que le sujet de votre douleur est incomparablement sensible; et personne ne peut ni doit trouver étranges vos ressentiments. Pour moi, je m'assure que votre piété les vous fait tenir dans les termes d\ine parfaite soumission au décret de la divine Providence. Hélas ! Madame, que peut-on espérer de cette vie fragile et misérable , qu'afflictions et douleurs. Que bienheureux sont ceux qui en partent avec innocence, ainsi qu'a fait celte chère petite àme, qui comme un ange est volée dans le ciel! et maintenant
ce gage si précieux vous servira comme d'aimant pour attirer votre cœur et vos affections aux choses éternelles. Et peut-être déjà vous ressentez les effets du crédit qu'elle a auprès de Dieu, duquel elle vous impétrera les saintes consolations dont vous avez besoin. Et je supplie encore son infinie Bonté de les faire abonder en vous, jusqu'à la perfection d'une sainte et accomplie constance et résignation parfaite à la divine volonté. Que si la part que nous prenons à votre affliction pouvait vous apporter quelque soulagement, ce nous serait aussi une grande consolation. Nous supplions Notre-Seigneur incessamment, par nos instantes prières, qu'il vous conserve heureusement, étant de cœur et d'affection incomparable, Madame, votre, etc.
LETTRE MDXXXVI