‹ Lettres (volume 2)Chapitre 39 sur 163 · A LA SOEUR MARIE-CONSTANCE DE BRESSAND · texte numérisé non relu

A LA SOEUR MARIE-CONSTANCE DE BRESSAND

M.lITIiESSE DES NOVICES, A XAXTES

Avantages do l'humiliation. — Condescendance envers une âme imparfaite.

VIVE -j- JKSUS

[Turin, 1638.]

Ma très-chère fille,

J'ai reçu, en celte ville de Turin, vos papiers et votre lettre du mois de septembre; je vous en remercie de tout mon cœur, et bénis Dieu d'avoir traité des affaires de votre conscience avec tant de satisfaction. Celte grâce est grande, et veux espérer avec vous qu'elle vous sera très-utile, et moyen d'un grand avancement au pur amour de notre divin Sauveur, auquel nous devons garder une fidélité invariable; sa douce Bonté nous fasse la miséricorde de nous ôterlavie plutôt que d'y manquer.

Oh! que c'est un aimable et assuré état que celui de l'humi-

liation et méfiance de nous-mêmes ! Notre bon Dieu nous le veuille donner à toutes. Il me semble qu'avec son aide vous irez croissant comme une belle aube en la pureté de son divin amour, ainsi que de tout mon cœur j'en supplie sa divine Majesté, et vous, ma fille, de grandement prier pour mes besoins; mais, je vous en prie, votre amour filial m'en donne confiance.

Il est dommage que ma Sœur N. N. s'embrouille autour d'ellemême, il la faut bien aider. Dieu soit béni du bon progrès de tout le reste. Je pense que, sans faire semblant de rien, il ne faudrait jamais donner à cette Sœur rien pour son usage qui fût rapiécé. Il faut faire de grandes condescendances pour empêcher une àme de pécher. Assurez ma Sœur la Supérieure que je la chéris sincèrement. Il me suffit que l'une ou l'autre m'écrive. Je la salue chèrement et toutes nos Sœurs, que Dieu bénisse toutes avec vous. Je bénis Dieu aussi du transport de nos Sœurs de Vannes l. M. L. nous est tout bon, et ce qu'il fait est parfait; la modération pourtant est bonne.

Je crois qu'il est besoin de changer la Supérieure d'Angers. Je suis vôtre de cœur.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Voiron. .

LETTRE MDCIII

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