‹ Lettres (volume 2)Chapitre 41 sur 163 · A LA SOEUR FRANÇOISE-ANGÉLIQUE DE LA PESSE · texte numérisé non relu

A LA SOEUR FRANÇOISE-ANGÉLIQUE DE LA PESSE

MAITRESSE DUS NOVICES AU DEUXIÈME MONASTÈRE d'aNNECÏ '

Elle l'exhorte au complet abandon entre les mains de Dieu.

Ma chère fille, Combien précieuse doit vous être cette favorable et sainte parole intérieure, que la débonnaireté de notre divin Sauveur prononça au fond de votre cœur! Avec celte grâce demeurez

1 Cette Religieuse, issue d'une noble famille d'Annecy, avait été dans

bien en paix. Observez bien cette digne leçon : ne soyez point en souci de vous-même; confiez-vous bien en Celui qui est avec vous; ne regardez point vos difficultés et incapacités. Vraiment, Dieu n'a garde de se fier à nous pour la conduite de ces chères âmes, Il la fait lui-même en nous et pour nous. Demeurez en paix et cheminez fidèlement et humblement.

Ma bonne et chère fille, je crois que Notre-Seigneur ne vous laisse guère longtemps sans quelque bonne visite, qui remonte votre cœur en de nouvelles lumières et désirs d'un parfait abandonnement de vous-même à sa sainte volonté. Ma chère fille, ce divin Maître vous a toujours attirée à ce bonheur; coopérez fidèlement à sa grâce, ne vous chargez d'aucun soin de vousmême; mais, vous reposant tout en son sein, recommandezmoi à la divine miséricorde.

Cette lettre est formée de deux fragments extraits de la Vie de Sœur F. A. de la Pcsse.

son enfance l'objet d'un éclatant miracle. On sait que le 28 avril 1623, s'étant malheureusement noyée dans une rivière profonde, d'où après trois heures on la retira avec toutes les marques d'une mort certaine, elle fut ressuscitée par saint François de Sales, qui ne tarda pas à l'adopter pour sa fille au premier monastère d'Annecy. C'est en n'épargnant rien de ce qu'il y avait en elle de plus sensible, en appliquant aux parties les plus vives de son être le fer et le feu, que Sœur F. -Angélique put arriver à cet état hienheureux de l'âme qui, mourant à sa propre vie, ne vit plus qu'en Dieu et pour Dieu. Des faveurs très-spéciales la préparaient à supporter les opérations détruisantes de la grâce. Un jour qu'elle hésitait à recevoir une humiliation, Notre-Seigneur lui apparut sous la figure de Pkcce homo et lui dit : Voilà le modèle que tu dois imiter. Lne autre fois, effrayée de la responsabilité inhérente à la charge de maîtresse des novices qui venait de lui être confiée au deuxième monastère d'Annecy, elle entendit son souverain Seigneur lui faire cet amoureux reproche : 0 âme soucieuse, que crains-tu, ne sais-tu pas que je suis proche de toi? Les hillels de sainte J. F. de Chantai font allusion aux grâces particulières que recevait celle humble Religieuse, « qui gouverna dans la suite les monastères d'Agen, Saint- Amour et le deuxième d'Annecy, avec mille bénédictions du ciel el fidélité aux maximes de l'Institut ». (Livre des Vœux du premier monastère d'Annecy Année. Sainte, IX1" volume.)

LETTRE MDCV

A LA SOEUR MARIE-ANTOINETTE TESTE DE VOSERY

ASSISTANTE AU PREMIER MONASTÈRE u'AXXECV

Nouvelles du monastère de Turin. — Conseils pour la conduite des novices. — L'expérience de notre faiblesse doit nous l'aire excuser les fautes du prochain.

VIVE f JÉSUS !

[Tnrin, 1639.]

Ma très-chère fille,

Béni soit noire bon Sauveur en toutes nos petites difficultés, comme en la grâce de son assistance en beaucoup de choses, où sa Bonté nous fait réussir heureusement! M. Marcher vous dira ce. qui l'a arrêté, plus que nous ne pensions. Enfin, pour nos affaires, il y a apparence que celte fondation réussira bien à la gloire de Dieu; mais il faut avoir bonne patience. Dieu nous la donnera, s'il lui plaît, et fera que tout s'accommodera bien et heureusement et solidement. Le Père dom Juste dit que c'est une Providence divine que je sois venue. A la vérité , quand les difficultés de ce commencement seront dévidées, ce qui se fera, Dieu aidant, avec un peu de temps, je n'y servirai plus de rien du tout; car, cela passé, le Père dom Juste dit que nous serons comme des reines qui n'auront que faire de personne, cela veut dire pour des affaires fâcheuses. Or sus , je laisse à notre bon M. Marcher à vous dire le reste.

Je lui ai parlé confidemment de notre Sœur la directrice, sans rien découvrir de ce que vous m'écrivez; ains seulement eue je craignais que ses ennuis d'esprit ne préjudiciassent aux

novices; car il pourra, dans les occasions de la confession, servir. De tous côtés, voyez-vous, ma chère fille, prenez garde à ne pas donner trop de confiance aux novices de s'adresser à vous; et quand elles le feront pour des plaintes, faites-leur connaître que c'est leur imperfection qui ne peut rien souffrir ni supporter, que la maîtresse le fait pour les humilier et exercer, et que ce n'est pas à elles d'observer ses actions ni à philosopher sur ce qu'on leur dit, mais à s'y soumettre et en tirer profit avec humilité ; et choses semblables que vous leur pourrez dire selon les occasions pour les porter à la vraie vertu, et les tirer de l'enfance et mollesse dans la pratique de la sainte mortification. Enfin, ma très-chère fille, il faut travailler autour de ces chères âmes avec plus de charité que de prudence, bien que l'une et l'autre soient très-nécessaires , et toujours excuser et supporter le prochain, par l'expérience que nous devons prendre et avoir de notre propre faiblesse et imbécillité [incapacité], et cacher leurs défauts, n'en parlant que quand la charité le dicte ; ce que je ne dis pas pour moi, car entre nous deux il faut tout dire pour le bien des âmes, n'y prétendant que cela.

Je bénis Dieu de quoi ces deux bonnes Sœurs reçoivent profil du très-bon Père Prépavin; sa divine Bonté les raffermisse et soit éternellement louée de nos âmes. Amen. — Je salue toutes nos chères Soeurs de tout mon cœur, et prie Dieu répandre ses plus chères bénédictions sur toutes, et elles de prier pour moi. Dieu soit béni et sa sainte Mère!

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE AIDCVI (Inédite)

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