‹ Lettres (volume 2)Chapitre 60 sur 163 · SUPÉRIEURE A FRIBOURG · texte numérisé non relu

SUPÉRIEURE A FRIBOURG

Réponses au sujet des difficultés qu'offre la fondation de Fribourg.

VIVE f JÉSUS !

Thonon, 23 septembre [1639],

Ma très-chère fille,

Je n'ai reçu aucune de vos lettres depuis notre retour de

Turin. Je bénis Dieu de quoi sa bonté n'a pas permis que vous

vous soyez mise en chemin en ce temps si calainiteux et plein

de dangers, tant pour les maux contagieux qu'autres, et même

j'eusse eu crainte que Mgr notre très-digne prélat ne l'eût pas approuvé, car je m'aperçois qu'il est extrêmement exact en ce qui regarde la clôture ; j'eusse pourtant été fort consolée de vous voir.

Quant aux deux points de votre lettre, [mots illisibles] vous savez bien que je n'étais pas à Annecy quand M. Marcher vous fut trouver, ni quand il revint; et à mon retour je ne m'aperçus pas que Mgr votre digne prélat attendît de nous aucune réponse. Secondement, quant à la proposition que vous nous faites, me disant qu'il serait nécessaire que le monastère d'Annecy acceptât par contrat les filles que vous recevez , ainsi que l'on a fait pour ma chère SœUr M. -Désirée [Clément], je ne pense pas que nos Supérieurs ni le Chapitre l'acceptent ; car si bien l'on a fait cette gratification à celte chère Sœur, l'on ne voudrait pas la faire à d'autres. — Votre messager est arrivé sur le temps de notre départ de ce lieu. A la vérité, il eût bien été à souhaiter que vos Sœurs fussent toutes ensemble; mais, selon que vous médites, il semble qu'il ne se peut pour maintenant, c'est pourquoi il faut avoir patience. Je remets le tout au jugement de Mgr votre prélat, ne me voyant aucun remède pour cela, espérant en la bonté de Dieu qu'il prendra soin de tout, si toutes, comme je le veux croire, tâchez de le servir dans l'observance. Ma très-chère fille, je crois que vous tenez main à cela; car je ne puis me méfier de vous en ce point, ayant trop de connaissance de votre zèle et affection à votre vocation. Au nom de Dieu, faites que sa bonne odeur soit conservée pour la gloire de Dieu et le bien des âmes , et croyez que mon cœur conservera toujours son entière dilection pour vous , suppliant Notre- Seigneur vous combler de grâces et vous guider en tous vos besoins. — Je suis vôtre de cœur.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDGXLII

A MONSIEUR BAITAZ D!<: CHATEAU-MARTIN

DOYEN DE LA COLLÉGIALE DE NOTRE-DAME d' ANNECY PÈRE SPIRITUEL DU PREMIER MONASTERE DE LA VISITATION

Désir d'apprendre de ses nouvelles. — Offres de service.

Vive -J- jésus!

[Thonou, 1639.]

Monsieur mon três-honoré Père, Nous voici extrêmement en peine de votre maladie, bien qu'avec bonne espérance que notre bon Dieu vous conserve pour le bonheur et consolation de plusieurs et de nous très-particulièrement, mon très-cher Père, qui nous êtes si précieux. Nous avons prié M. Marcher d'aller jusqu'à vous, pour nous rapporter la vérité de votre état, et savoir si nous ne pourrions point vous servir en quelque chose, ce qui nous serait grande consolation ; car Dieu sait combien cordialement vos chères filles et tout ce qui leur appartient est totalement vôtre. Mon très-cher Père, Dieu, par sa bonté, vous rétablisse en parfaite santé, et vous comble de sainteté. Je suis de cœur, mon trèshonoré Père, votre très-humble, etc.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDCXLIII

A LA MÈRE CATHERINE-ELISABETH DE LA TOUR

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