A MADAME DE LA FLÉCHÈRE
Nous sommes trop peu de chose pour rendre des services à Dieu ; mais il faut lui laisser faire de nous selon son bon plaisir.
vive -J- jésus!
[Annecy, 16H]
Oh! qu'à jamais notre très-bon et doux Sauveur soit la force et la vie de votre chère àme, laquelle, en vérité, je chéris d'une
1 Cet avis de sainte de -Chantai, au sujet du catéchisme et de l'aveugle soumission à l'enseignement de l'Église, sans mélange d'aucune curiosité, était des plus opportuns à l'époque où l'on se trouvait alors, car, aux erreurs du protestantisme, commençaient à s'ajouter les subtilités et l'orgueil du jansénisme. On vit peu après, en effet, comment les femmes elles-mêmes, guidées par les maîtres de la secte, s'érigèrent en docteurs, croyant en savoir plus que le souverain Pontife et que l'Eglise tout entière.
sorte si spéciale et particulière que personne ne va au delà. J'excepte ce que vous savez, qui ne reçoit point de comparaison. Mon Dieu, ma Sœur, hâtons-nous d'aimer par une très-fidèle obéissance ce très-aimable Sauveur. Non, nous ne saurions lui rendre du service, nous sommes trop peu de chose; mais, au nom de sa Bonté, laissons-le faire de nous tout ce qui lui plaît; dépendons si absolument de lui et de sa Providence, que nous ne nous attendions qu'à cela.
Je vous fais ce billet sans loisir, mais il a fallu, pour contenter mon cœur, saluer le vôtre. Adieu et bonjour, ma toute chère Sœur.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.