‹ Lettres (volume 3)Chapitre 11 sur 351 · A DIJO.V · texte numérisé non relu

A DIJO.V

Réception de mademoiselle Legros. — Assurances de religieuse estime.

VIVE j JKSL'S!

Annecy, 18 juin 1612.

Monsieur ,

Nous avons reçu votre chère fille avec beaucoup de salisfaction '. Je crois que le grand Dieu aura celte offrande trèsagréable, car elle lui est faite , et de votre part et de la sienne, avec beaucoup d'affection. Demeurez en repos et consolé de cette fille, car elle m'est et sera chère et précieuse. Mon Dieu m'oblige à un amour et soin extrême à l'endroit de toutes les âmes qu'il amène ici, et la bonté de votre cœur, en sa confiance en moi, me presse et me lie très-étroitement à elle.

Je n'ai pas le loisir de vous dire davantage; mais, encore une fois, je vous dis : Demeurez en repos de celte chère petite àme, car elle a trouvé ici un père et une mère d'affection. Je vous suis extrêmement obligé du soin que vous avez de l'af-

1 Sœur Marie-Marthe Legros, qui avait connu la sainte baronne de Chantai à Dijon, s'était empressée de la suivre à Annecy, où elle fut la onzième professe de la Visitation. Peu après sa vèture (21 septembre 1612), la petite communauté quitta la maison dite de la Galerie, pour une plus commode, située proche le port du lac. Celle-ci devenant à son tour trop étroite, on commença, en 1614, à bâtir, sur un terrain contigu, le premier monastère de l'Ordre, qui subsista jusqu'à la révolution de 1793.

faire (mots illisibles). Pour Dieu, continuez, afin que nous partions de là, car les affaires de mon fils sont en telle disposition, que, s'il battait mal de ce côté, cela incommoderait grandement. Dieu vous remplisse de grâce, de consolation et de force, pour cheminer en la voie de ses divins commandements, et tous vos enfants que je salue avec vous dé tout mon cœur. Nous avons fait alliance de sœur, la bonne madame Legros et moi. Je la chéris et estime fort, c'est une brave et généreuse femme; Dieu la conduise à soi. Je suis pour jamais, Monsieur, votre très-humble servante, Frémyot.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation d'Ornans.

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