‹ Lettres (volume 3)Chapitre 10 sur 351 · A LA SOEUR CLAUDE-FRANÇOISE ROGET · texte numérisé non relu

A LA SOEUR CLAUDE-FRANÇOISE ROGET

AU MONASTÈRE d'aNXT.CY '

Il faut servir !e Seigneur avec un cœur libre et joyeux.

VIVE -r JÉSUS !

Eh bien! ma chère petite Sœur, dites-moi un peu, ne faitesvous pas des merveilles? Ne caressez-vous pas amoureusement notre bon Sauveur? Je désire passionnément que vous, rendiez votre àme tout amoureuse de ce divin Epoux, qui nous a tant gratifiées que de nous avoir choisies pour être de ses plus particulières servantes. 0 Dieu ! quelle grâce, ma chère petite! faisons-la bien valoir pour la sainte éternité; tenez votre cœur (que j'aime bien) en grande liberté, afin que sans peine il soit toujours prêt à suivre et embrasser allègrement tout ce qui lui sera proposé; soyez bien douce et joyeuse parmi nos chères Sœurs, au milieu desquelles je me souhaite continuellement.

Je prie Dieu qu'il répande sur ce petit troupeau, qui m'est si précieux, sa sainte bénédiction. Adieu, ma mie; priez bien

1 Sœur Claude-Françoise Roget, quatrième Religieuse de la Visitation, s'y consacra au Seigneur dès l'âge de seize ans ; peu après, elle s'envolait au ciel recevoir la récompense promise aux cœurs purs. Saint François de Sales fit son éloge en ces termes : « Madame de Chantai confia samedi à la terre (15 juin 1613) le corps de la chère petite Sœur Roget, fille trèsaimahle, très-vertueuse et très-aimée dans sa Congrégation, et l'esprit de laquelle, comme je crois, fut retiré au ciel le jour même, car c'était une âme toute pure. Je lui conférai les derniers sacrements, mais je n'eus pas la consolation de lavoir expirer. Et, certes, c'eut été avec suavité que j'eusse reçu les derniers soupirs de cette première de mes filles qui est allée voir au ciel ce que Dieu réserve et prépare aux autres. Je vous prie de prier pour elle, encore que je croie qu'elle prie pour nous. »

(Histoire inédite de la fondation du premier monastère d'Annecy)

pour votre sœur et servante. Mille saluts à ma grosse Sœur Nf. ; tenez-moi bien en ses bonnes grâces ; je salue aussi madame Guymer et dame Jeanne '.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

A SAINT FRANÇOIS DE SALES

Joie de savoir le Bienheureux Évêque occupé à la composition du Traité de l'Amour

de Dieu.

[Annecy, 1612.]

Monseigneur et unique Père,

Je supplie mon Dieu de remplir votre âme de tout soi-même et de ses très-chères bénédictions, surtout de celle de l'amour très-pur de Jésus. Mais, afin que l'on ne vous donne l'alarme, je vous dirai moi-même que ce matin je me suis trouvée fort mal. Après dîner, il m'a pris des tremblements, je suis demeurée comme morte; mais à présent je me trouve fort bien, Dieu merci ! N'en soyez point en peine, pour l'amour de ce grand Dieu que mon âme aime, adore, et désire servir avec un cœur uniquement unique et parfaitement pur. Mon Père , demain en tenant ce divin Sauveur, faites qu'il me donne sa grâce si abondamment qu'à jamais nous l'adorions, le servions et l'aimions parfaitement. Je sens une extrême consolation quand je sais que vous travaillez après ce divin ouvrage de Y Amour divin*, après lequel je soupire, mais d'une ardeur

1 Cette lettre fut écrite de Bourgogne, où sainte Jeanne-Françoise de Chantai s'était rendue à la fin d'août 1611, pour régler les affaires de ses enfants, après la mort du président Frémyot, son père.

2 Le Traité de V Amour de Dieu, commencé avant 1610, comme on peut s'en convaincre par une lettre écrite à madame de Chantai, le 5 février de cette même année,

véhémente. Hé, mon Dieu! quand sera-ce que nous nous en verrons tous abîmés?

J'ai vu la bonne tante; oh! que c'est une vénérable dame! Croyez que je me porte bien : vous savez que je ne voudrais mentir à mon escient. Vive Jésus et sa très-sainte Mère! Amen.

Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE VII (Inédite)

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